Théâtre multimédia anti-multimédia avec Babel-o-drome

Les 29, 30 juin et le 1e juillet à Wychwood Barns

Babel-o-drome
Babel-o-drome déplore un monde vide de sens (Photo: Marc Lemyre)
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La mondialisation et l’ère du numérique ont vidé l’homme de son essence. C’est du moins ce que le Collectif BUS 1.2.3 pointe du doigt dans son nouveau spectacle Babel-o-drome.

Ce groupe né à Montréal en 1991 navigue aujourd’hui entre la métropole ontarienne et la métropole québécoise. Leur constat d’un monde qui ne trouve plus son sens est mis en scène depuis 20 ans.

Individualisation de l’être, narcissisme, emprise médiatique… Autant de tares de l’espèce humaine qui déclenchent des envies de dénonciation.

Après Babelle et Barbarie en 2015, Collectif BUS 1.2.3 revient avec de nouveaux tableaux et en nouvelle compagnie. Les chanteurs d’Element Choir accompagnent la marche multimédia.

Aujourd’hui, ils fuient leurs planches de théâtre pour proposer au public une expérience plus inclusive: un spectacle en plein air. «Cela permet de faire du théâtre moins ritualisé», nous explique Catalina Pop, une des artistes sur scène. «Le fait de bouger donne plus de légèreté», ajoute-t-elle.

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Suivez les comédiens dans leur promenade immersive les 29, 30 juin et 1er juillet au Wychwood Barns.

Critique de la société

Pour les artistes, on se perçoit à travers la lentille des médias, ce qui provoquerait une distorsion de notre être. Ce thème de l’identité est central pour Kim Nelson, l’une des actrices.

«Nos méthodes imparfaites de communication nous font perdre notre identité», selon elle. On corrompt nos vraies valeurs au profit de technologies aliénantes.

Notre aveuglement face aux techniques de communication est notamment critiqué dans la scène du morse. Les sons répétés inlassablement devraient être clairs, mais deviennent cacophoniques.

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Mais comment améliorer notre condition? On ne peut pas ignorer les avancées technologiques et s’en affranchir totalement. Selon Kim, la clé est de retrouver l’exercice de notre esprit critique.

«L’information nous donne tant de possibilités, il faut juste bien l’utiliser», explique-t-elle. La pièce en plein air dénonce ce manque de jugement et encourage une lecture plus réflexive de l’information.

Babel-o-drome
Le théâtre facilite la critique (Photo: Marc Lemyre)

Numérique aliénant

Le collectif, qui se revendique multimédia, va user de matériel numérique pour les besoins de la pièce. Robots, perches à selfie, objets interactifs et projections au mur vont venir ponctuer les propos des comédiens.

«Dans un tableau, on devient le Narcisse qui se filme», nous dit Catalina. Le numérique investit le jeu d’acteurs pour être la cible des critiques.

Il faut avoir de la technologie dans notre vie, mais selon Catalina, le numérique a pris trop d’importance au quotidien. Pour dénoncer cela, un tableau met en scène un robot à l’aspect humain. Porté par les acteurs dans le spectacle, il attire plus les regards que ses porteurs humains.

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Cette présence numérique se retrouve contrebalancée par la tournure musicale que prend la pièce. Les spectateurs pourront retrouver des parties chantées. Dominica Merola, la chanteuse de la troupe, en est la principale instigatrice.

Et finalement, comment s’affranchir de cette emprise du numérique, comment cerner l’important dans le trop-plein médiatique?

Autour d’une projection sur un mur accompagné d’un morceau au piano, Babel-o-drome veut donner une réponse. Les moments en famille et entre amis doivent primer, retourner aux choses simples et essentielles comme réponse aux tumultes des technologies.

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Se reconnecter à l’essentiel comme réponse (photo: Marc Lemyre)

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