Aurores boréales : chasser l’insaisissable

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Jonathan Da Silva Duarte capturant une aurore à SpringBank Rd SW, Calgary, en janvier 2016.
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Selon Tourisme Alberta, le ciel albertain serait parmi les meilleurs emplacements sur Terre pour observer des aurores boréales.

Ce phénomène naturel lumineux dans le ciel offre un spectacle époustouflant à chacune de ses apparitions imprévisibles. Véritables chasseurs ou pour le plaisir des yeux, quatre chasseurs d’aurores boréales partagent leurs expériences.

Livreur de journaux

C’est en livrant des journaux du côté de Springbank, entre minuit et 4h du matin que Jonathan Da Silva Duarte tombe sur ces merveilles.

«Je suis en train d’halluciner», se dit le jeune homme en voyant ces petites lumières faibles, se multipliant au fil des minutes. La voiture devant lui s’arrête. Il fit de même. Il éteint ses feux. Cela dure toute la nuit. Et toutes les nuits suivantes sur une semaine.

Il décide alors de prendre sa caméra pour capturer le phénomène. Comme son itinéraire de livraison formait une boucle, il installe et attache son appareil autour d’un poteau et le laisse tourner. «Sur le retour du circuit de livraison, je récupère mon matériel».

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Une aurore boréale vue de SpringBank Rd SW, Calgary, en janvier 2016. Photo: Jonathan Da Silva Duarte

«Ça peut devenir une addiction»

Karim Hamaili est fasciné par les aurores boréales pour la beauté du spectacle. Il participe à des groupes de discussion, télécharge des applications et est toujours prêt à repérer l’endroit insolite pour s’y rendre avec son épouse.

«On appelle ces personnes les chasseurs d’aurores boréales», explique Karim. Mais il faut contrôler sa chasse pour ne pas tomber dans l’obsession, prévient-il.

Pourvu au maximum, il se donne toutes les chances pour rencontrer ce ballet cosmique. «J’utilise trois applications. L’une permet de voir l’activité électromagnétique solaire, la deuxième me renseigne sur le vent qui agit sur les nuages et la dernière m’indique le taux de pollution», détaille-t-il.

L’indice Kp

Les chasseurs surveillent le Kp, unité de mesure des aurores boréales allant de 0 à 9, le maximum étant le «storme, un orage électromagnétique, mais c’est rare», précise le chasseur. Les aficionados surveillent sans cesse cet indice et publient dans les réseaux pour alerter leurs homologues.

Il faut se rendre à au moins 45 minutes de la ville de Calgary pour bien observer le phénomène.

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«Nous sommes allés avec ma femme en direction de Drumheller et à mi-chemin nous nous sommes arrêtés en pleine campagne, dans l’obscurité totale. À 1h du matin, toujours pas d’aurores, les chances étant de 10 à 15% autour de Calgary.»

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Karim Hamaili à Ribbon Lake, Canmore en juillet 2020.

Une passion

C’est ainsi que se résument les aurores boréales pour Naima Guell, du service clientèle de la station de Panorama Mountain Resort en Colombie-Britannique.

«Cela a toujours été dans ma bucket list, et c’est devenu une passion. Je suis dans les groupes sociaux et une fana des applications», révèle-t-elle.

Les vents solaires, l’intensité magnétique, le Kp ne sont plus un secret pour elle.

Avec son compagnon, ils ont planifié un voyage d’une semaine à Edmonton et Fort Saskatchewan. Les dates ont été sélectionnées en fonction des quatre jours où l’activité serait forte. C’était fin janvier 2021 «et l’hiver est la meilleure saison pour en voir» recommande-t-elle.

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Naima Guell au sommet de Panorama Mountain Resort en décembre 2020.

Quand le miracle se produit

Naima a toujours été passionnée par les phénomènes naturels, l’observation des étoiles ou de la lune. Plus on va vers le nord de la province comme Fort McMurray et plus on a de chance de croiser cette symphonie multicolore.

«On a passé quatre nuits à zoner avec la voiture à Fort Saskatchewan et Elk Island, dans la cambrousse sans rien voir.»

La veille de leur départ, après une dernière consultation des applications, le miracle se produit. Sur la route, ils voient une masse verte dans le ciel et se mettent à crier «comme des fous dans la voiture. Il faisait -15 °C et beaucoup de vent. C’était furtif» se souvient-elle. Les aurores sont plus visibles sur la photo prise qu’à l’œil nu en général.

Pants on et pants off

C’est presque une cadence militaire que le chasseur d’aurore mène. Comme dit Yann Dumont d’Edmonton, «il faut être prêt à enfiler son pantalon dès qu’une alerte est donnée, d’où l’expression pants on et pants off».

Plus on va vers le nord moins il y a de pollution lumineuse.

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En sept 2017, il y a eu une explosion, un festival d’aurores boréales visible depuis son patio, à Edmonton. Ce jour-là «mes parents venaient de descendre d’avion, nous rendant visite. On ne peut oublier un tel comité d’accueil».

Yann se souviendra toujours de la première fois où il a vu des aurores: «J’ai été hypnotisé. C’était en attendant une réunion de travail à cinq heures du matin, par -10 °C».

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Aurores boréales depuis le domicile de Yann Dumont, à Edmonton.

Une danse des âmes dans le ciel

Les aurores boréales ont également leur part de mystère et de légendes. Si pour certains elles représentent des esprits ou des âmes de défunts dansant, pour les chasseurs cela reste un magnifique spectacle lumineux dans le ciel avant tout.

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