Après la tempête, le beau temps?

neige toronto streetcar

21 mars 2017 à 0h20

Après la neige qui nous est tombée dessus pendant la semaine de relâche, je pensais qu’il serait à propos de parler de quelques expressions qui ponctuent nos hivers canadiens légendaires.

Le paragraphe qui suit est parsemé d’expressions relatives à l’hiver. Certains sont tout à fait acceptables, mais on aurait intérêt à remplacer d’autres par des termes plus appropriés. Pouvez-vous les trouver? Attention! Le paragraphe est miné de pièges. Il y a 16 termes en tout.

La semaine dernière, Environnement Canada a annoncé un blizzard aux proportions épiques pour tout l’est du pays. En effet, une avalanche de neige nous est tombée dessus atteignant plus d’un mètre par endroits chez nos voisins du Sud. C’était fret ; jusqu’à 25 degrés centigrades en bas de zéro dans certaines régions avec le facteur vent. C’était comme un frigidaire! Cette averse de neige a provoqué même quelques blacks-outs pour le plus grand malheur de certains de nos concitoyens.

Heureusement, les chasse-neige étaient à pied d’œuvre sur les routes ; les bancs de neige devant l’entrée des maisons en faisaient foi. Alors, on a sorti les pelles et les grattes pour déterrer notre voiture que, naturellement, nous avions hivernisée des mois plus tôt.

D’autres, par contre, ont préféré sortir le toboggan ou leurs pôles de ski pour profiter au maximum de la neige et de la semaine de relâche. Ils savent qu’un jour, l’hiver cédera la place au printemps et l’herbe verte finira par remplacer la slush.

Voici les réponses :

«Blizzard» est un mot anglais, mais accepté en français standard. Certains pourraient être tentés de remplacer le mot par «poudrerie», mais les deux termes ne sont pas exactement synonymes, le blizzard étant plus intense que la poudrerie. Pour les définitions météorologiques précises, vous pouvez consulter le site de météomédia.

«Avalanche de neige» est un pléonasme puisqu’une avalanche est par définition une amasse de neige qui dévale une montagne. S’il s’agit de boue, de pierres, d’insultes ou d’autre chose, on précisera à quel genre d’avalanche on fait allusion.

Il vaut mieux dire «Il faisait froid». La plupart des expressions météorologiques utilisent «il» (il fait chaud, il fait du soleil, etc.). Le mot «fret» vient des expressions «froit» et «freit» en ancien français.

Les degrés centigrades ont été remplacés par l’échelle Celsius en 1948. Il existe une légère différence entre les deux. Les curieux peuvent se renseigner en cliquant sur omnilogie.fr.

«En bas de zéro», «sous zéro» et même «en dessous de zéro» pourraient être remplacés avantageusement par «au-dessous de zéro», «inférieur à zéro» ou, mieux, par «moins … degrés». Si la température excède zéro, on dira «25 degrés au-dessus de zéro» ou tout simplement «25 degrés».

Si on parle très correctement de «facteur vent» au Canada, les Français préfèrent parler de «l’effet du vent».

Le mot «Frigidaire» est une marque de commerce à l’égal de «Pepsi» ou de «Kleenex». Pourtant, comme il a l’avantage d’avoir moins de syllabes que le terme «réfrigérateur», il est de plus en plus accepté dans la francophonie. Le mot «frigo», du langage familier, est également très fréquent.

Une «averse» est une pluie soudaine qui tombe en abondance. Le français standard privilégie le terme «chute de neige».

Chose curieuse, le mot «black-out» est accepté dans la langue française depuis 1941. Pourtant, en français standard, il n’a pas de pluriel et il désigne une obscurité imposée, surtout en temps de guerre, ou une interdiction de diffuser. Il ne s’agit pas d’une panne d’électricité qui est un événement le plus souvent accidentel.

Le «chasse-neige» est le bon terme pour les véhicules qui déblaient la neige l’hiver. Il peut s’agir de grattes ou de charrues qui sont toutes deux fournies d’une ou de deux lames qui poussent la neige de côté. En France, le terme «chasse-neige» est synonyme de poudrerie. Au pluriel: des chasse-neige(s).

Nos «bancs de neige» canadiens, un québécisme tout à fait acceptable, s’appellent «congères» dans le reste de la francophonie. Il s’agit d’un amoncellement naturel ou artificiel de neige.

La «gratte» est un chasse-neige. Pour enlever la neige du pare-brise d’une voiture, il vaut mieux avoir recours à un grattoir. La raclette est utilisée pour laver les vitres et les vitrines sales.

Au Canada, on dit correctement «hiverniser» au sens de se préparer pour l’hiver, qu’il s’agisse d’une voiture ou d’une maison.

Le «toboggan» canadien est un traîneau plat, long et étroit. Sans patins, il est fait d’une planche de bois mince recourbée à l’avant. En français standard, le toboggan est un traîneau bas à longs patins métalliques.

Au lieu de dire «pôles de ski», il faut parler de «bâtons de ski». Il y a un Pôle Nord et un Pôle Sud, des pôles d’attraction et des pôles de croissance, mais pas de pôles de ski.

Le mot «slush», ou «sloche», est tout à fait accepté au Canada. On peut dire aussi «névasse», terme plus savant, là où le français standard préfère les expressions «neige fondante», «neige pourrie» ou «soupe», terme familier. Si la neige est mêlée de boue, on parlera de «gadoue», de «bouillasse», terme familier, ou de «gadouille», terme populaire.

Vous vous demandez peut-être pourquoi le terme «semaine de relâche» ne figure pas sur la liste? En effet, c’est un terme accepté au Canada qui veut dire «les vacances ou le congé de mars». Alors, donnez-vous un point boni pour finir ce petit test en bonne et due forme.


Sources :

Geoff Coulson, météorologue, Environnement Canada

AccuWeather

1300 pièges du français parlé et écrit au Québec et au Canada de Camil Choinard

Dictionnaire québécois-français pour mieux se comprendre entre francophones de Lionel Meney

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