Andréanne Germain: le cinéma direct

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Calme, posée, Andréanne Germain respire la sérénité. Du haut de ses 22 ans, la jeune cinéaste sait ce qu’elle veut et sait aussi le faire sentir. Récemment sortie parmi les lauréates d’un appel à candidatures de l’Office national du film (ONF), elle vient de terminer le tournage de son troisième court-métrage documentaire Et pis nous autres dans tout ça (15 min) et s’apprête à entrer dans la phase de montage. Un agenda chargé, d’autant plus qu’elle suit parallèlement un cursus universitaire en Production audiovisuel à l’Université Ryerson.

Occupée est le premier qualificatif qui serait à apposer à la jeune cinéaste franco-ontarienne. Talentueuse pourrait également s’appliquer sans trop de soucis. Après deux courts métrages réalisés dans le cadre de son cursus scolaire, Andréanne a déjà réussi à se faire remarquer au sein du paysage audiovisuel ontarien, au point que l’ONF lui accorde tout récemment le financement de son dernier projet.

Et pis nous autres dans tout ça, tourné ces derniers mois, frappe de plein fouet le dilemme de la francophonie minoritaire en Ontario et sa reconnaissance au Québec. Tourné à la manière d’un voyage identitaire, Et pis nous autres dans tout ça propose au spectateur de suivre le cheminement d’Andréanne (également personnage principal de l’histoire) d’Ottawa à Québec, alors que se préparent les festivités de la Saint-Jean.

Une période où le ressenti identitaire de tout le Québec est au zénith, et où le reste du Canada français célèbre dans l’ombre son appartenance à la francophonie nord-américaine. Partant du concept selon lequel les seuls drapeaux tolérés lors de la Saint Jean à Québec sont le drapeau québécois, le drapeau noir anarchiste et le drapeau des patriotes, Andréanne a investigué sur le sujet, drapeau franco-ontarien à la main, pour essayer de décrypter l’indifférence générale à l’égard de la francophonie canadienne hors Québec.

Dans la plus pure tradition du cinéma direct, concept émergé durant les années 60 sous l’impulsion de Michel Brault et de quelques autres cinéastes québécois, Andréanne ne rechigne pas à montrer à la caméra non seulement le propos du film en lui même mais également le processus de tournage. Un genre qui fut longtemps marginal sur le Vieux Continent, mais qui avait su conquérir un large public en Amérique du Nord.

En résulte une dynamique toute particulière qui implique d’autant plus le spectateur qu’il suit le cheminement au fur et à mesure que le cinéaste feint de le découvrir.

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Mais cette passion que possède Andréanne pour le cinéma ne date pas de ces derniers mois, comme elle le confie: «Depuis toute petite, je suis attirée par deux domaines: la politique et le cinéma. J’ai mis énormément de temps à intégrer ces intérêts à mon projet personnel, mais le documentaire s’est révélé être la meilleure des possibilités. Et j’apprécie vraiment ça.»

À tel point qu’alors qu’elle entame tout juste son ultime année de formation, elle est déjà à la tête de sa propre entreprise: Culture Media. Un projet développé à Noël dernier, mais qui a véritablement pris de l’ampleur ces derniers mois, avec les soutiens successifs du ministère des Petites Entreprises et de l’Entrepreunariat puis de l’ONF: «Culture Media est un peu mon bébé. J’ai monté le projet toute seule, et je le fais vivre aujourd’hui. Nous ne proposons pas uniquement que des documentaires, mais également tout autre travail ayant trait à l’audiovisuel, comme des clips vidéos pour des artistes par exemple.»

Une autre facette du travail d’Andréanne qui a déjà accouché de quelques productions, notamment pour l’organisme The smear campaign.

Pour autant, la jeune cinéaste franco-ontarienne n’envisage pas de délaisser le documentaire, et s’est lancé il y a peu dans l’écriture d’un nouveau film. Il y sera question de la société secrète L’Ordre de Jacques Cartier, et de son influence au sein de la francophonie ontarienne.

Un nouveau projet particulièrement original et qui ne manquera pas de susciter un certain intérêt au sein de la communauté franco-ontarienne.

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