Amour sans foi ni loi

Julie Rivard, Les Torrents, roman, Montréal, Recto3Verso éditeur, 2016, 272 pages, 24,95 $.
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J’ai reçu un livre enveloppé d’un morceau de tissu à carreaux rouges et noires, comme ceux de la chemise d’un bûcheron sur la couverture du roman Les Torrents de Julie Rivard. L’action se déroule en partie dans un camp de bûcherons en 1940, en partie dans le clan de la famille Renaud, à Saint-Ferréol, petit village qui va vivre un torrent d’émotions.

Les enfants du clan Renaud sont Romain, Angéline, Adrien et Émile. Le père Renaud et l’aîné quittent le village pour aller bûcher. Ils y rencontrent un Ontarien protestant, Beau James, qui s’avèrent être le meilleur bûcheron du camp. Il devient aussi le meilleur ami de Romain.

Lorsque Beau James subit un accident, il est naturellement hébergé chez les Renaud. Or, voilà que le curé panique: il ne veut surtout pas qu’un protestant viennent «contribuer à annuler tant d’années de dictature ecclésiastique».

Le curé doit aussi affronter une autre menace, soit la présence d’une Métisse, fille de joie qui attire dans son lit plus d’un paroissien. Les charmes de la gent féminine auraient-ils le pouvoir de «dominer la rigueur ecclésiastique»?

Chose certaine, le protestant et la Métisse sont vus comme des étrangers «qui incitent au péché, qui alimentent les préjugés pis qui secouent la morale que le clergé veut inculquer».

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Le roman montre comment une femme peut faire couler à flots la concupiscence dans les veines du plus catholique des garçons du clan Renaud. Le curé a beau mépriser la promiscuité, tout comme le commun des mortels méprise la politique, «le chiar est à veille de pogner dans le village».

Julie Rivard puisse dans le folklore ou les «prédictions de bonnes femmes» pour écrire que l’épaisseur des pelures d’oignon indique si l’hiver sera long ou non. Comme certaines scènes du roman se déroulent dans un camp de bûcherons, l’auteure note la présence d’«une armée de jurons capables de faire trembler le Vatican».

Lorsque Beau James, originaire Timmins, parle de retourner dans son coin de pays, on a droit à la remarque suivante: «l’Ontario, c’est épeurant. Ça parle anglais là-bas, pis c’est grand en batêche!»

Il est beaucoup question d’amour dans Les Torrents, d’amour sans foi ni loi, voire d’amour incestueux. Un frère libidineux harcèle constamment sa sœur, au point de la rendre frigide durant sa lune de miel.

Parlant de mariage, je dois vous prévenir d’une chose: ce qui ébranle, ce qui fait peur, ne s’annonce jamais par faire-part. Quand la menace devient séduisante, nul ne peut prédire la réaction des plus fervents.

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