Alzheimer: prévenir, soutenir et agir plus tôt

2e de 2 article: une maladie qui touche toute la famille

Alzheimer, démence
Consulter tôt permet d’éviter une grande partie de l’épuisement chez les proches. Photo: iStock.com/Daniel de la Hoz
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Publié 25/01/2026 par Nathalie Dufour Séguin

La démence ne concerne jamais une seule personne. Elle affecte les proches aidants, souvent pendant de nombreuses années. Pourtant, plusieurs familles attendent trop longtemps avant de demander de l’aide.

À la Société Alzheimer du Canada, ce constat revient souvent. «Les gens nous disent: si seulement j’avais su que ces services existaient plus tôt», explique Cole Edick. Responsable clinique à la Société d’Alzheimer de Toronto. «Consulter tôt permet d’éviter une grande partie de l’épuisement.»

Une réalité en croissance

Le nombre de personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence est en constante augmentation. Dans les foyers de soins de longue durée, près de 70% des résidents vivent avec un diagnostic de démence.

Alzheimer
Cole Edick.

Cette réalité transforme profondément le quotidien du personnel et des familles. Reconnaître les symptômes, comprendre les comportements et savoir communiquer adéquatement deviennent des compétences essentielles.

Miser sur la formation

Face à ce constat, le ministère des Soins de longue durée de l’Ontario a conclu une entente avec La Société Alzheimer du Canada (Ontario) afin d’offrir de la formation spécialisée au personnel des établissements.

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Pour la ministre Natalia Kusendova-Bashta, renforcer la formation est indispensable pour améliorer la qualité des soins et soutenir autant les personnes atteintes que leurs familles. «Comprendre que les comportements sont souvent une forme de communication permet de prévenir des situations de détresse et de frustration.»

Former la relève, dès maintenant

Cette logique de préparation se reflète aussi dans le milieu de l’éducation. Dès septembre prochain, le Collège La Cité intégrera un cours obligatoire pour reconnaître les troubles neurocognitifs et de santé mentale dans son programme de Préposé aux services de soutien personnel.

Selon Hélène Grégoire, la directrice du campus de Toronto, cet ajout vise à mieux outiller les futurs intervenants pour reconnaître les différentes formes de démence, intervenir adéquatement et adapter leur communication auprès des aînés et de leurs familles.

Une réponse directe aux besoins observés sur le terrain.

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Natalia Kusendova-Bashta et Hélène Grégoire. Photo: Club canadien de Toronto

Soutenir les proches aidants

Au-delà du diagnostic, la Société d’Alzheimer de Toronto offre de l’information, de l’éducation et du soutien psychosocial. La maladie d’Alzheimer est souvent décrite comme un parcours marqué par l’épuisement, la culpabilité et l’isolement.

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«Beaucoup de personnes viennent nous voir lorsqu’elles sont déjà à bout de souffle», confie Cole Edick. Accéder au soutien dès les premières étapes permet de prévenir l’épuisement et d’éviter que la situation devienne ingérable.

Ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau

Même si la maladie ne peut pas toujours être évitée, certaines habitudes peuvent en réduire les risques ou en retarder l’apparition. Activité physique, alimentation équilibrée et stimulation cognitive sont essentielles.

«De façon générale, ce qui est bon pour le cœur est bon pour le cerveau», rappelle Cole Edick. «À cela s’ajoute la stimulation cognitive, apprendre, résoudre des problèmes, socialiser, sortir de sa routine. Il ne s’agit pas de performance, mais de garder le cerveau actif.»

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Anthony Levinson.

Le Dr Anthony Levinson, Professeur de psychiatrie et de neurosciences comportementales,  directeur de la division de l’innovation en matière d’apprentissage en ligne à l’université McMaster de Hamilton, souligne aussi l’effet protecteur du bilinguisme.

«Parler plus d’une langue semble augmenter la réserve cognitive et peut retarder l’apparition des symptômes de quelques années. Ce n’est pas une garantie, mais c’est un avantage réel.»

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En ce Mois de la sensibilisation à la maladie d’Alzheimer, le message est simple: ne pas attendre. S’informer tôt, demander de l’aide et connaître les ressources disponibles peut transformer l’expérience de la maladie, autant pour la personne atteinte que pour ses proches.

Où s’adresser dans le GTA

La société d’Alzheimer à Toronto fait partie d’un réseau de chapitres régionaux. Chaque organisme dessert une zone géographique précise et offre du soutien direct.

Pour obtenir de l’aide, il est recommandé de contacter le chapitre local correspondant à son code postal. Des ressources existent en français, notamment au niveau de l’information et, à Toronto, grâce à un service de soutien francophone.

L’institut de recherche sur le vieillissement de l’université McMaster offre également de l’information et des formations en français sur son site.

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