À surveiller pendant les années 20

Tendances, progrès, questions...

Prédire les événements de l’année à venir – a fortiori se projeter 10 ans dans le futur – est toujours un jeu difficile... mais irrésistible.
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Publié 07/01/2020 par Agence Science-Presse

Prédire les événements de l’année à venir – a fortiori se projeter 10 ans dans le futur – est toujours un jeu difficile… mais irrésistible.

Environnement et climat

C’est peut-être dès 2020 qu’on sentira si la récente mobilisation internationale pour la protection de l’environnement et la mitigation des changements climatiques se poursuivra pendant toute la décennie.

Ces mouvements sont souvent imbriqués dans des actions plus vastes contre les inégalités sociales ou la corruption politique, comme on en a vu en 2019 de la France jusqu’au Chili en passant par le Liban et l’Iran.

La suite dépendra de la réponse des gouvernements, mais aussi de la diffusion de l’information la plus complète et la plus véridique possible.

Des milliers de manifestants «pour le climat» devant l’Assemblée législative de l’Ontario le 27 septembre 2019.

Cellules souches

Des cellules souches seront vraisemblablement utilisées en 2020 pour traiter à plus grande échelle des maladies de l’oeil, du diabète et du Parkinson, si les expériences actuellement en cours continuent de s’avérer prometteuses.

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En revanche, ce qui sera assuré de générer des débats épineux, ce sont les travaux jonglant avec des embryons, même quand ils ne sont pas viables.

Une équipe de l’Université de Tokyo espère par exemple faire croître en 2020, dans des embryons de souris et de rats, des tissus faits de cellules humaines. Ces embryons «hybrides» seraient ensuite implantés dans l’utérus des femelles.

L’objectif, pour l’instant lointain: faire croître des organes de remplacement dans de tels embryons. Des expériences similaires sont envisagées avec des porcs.

Un brin d’ADN. Photo: Pixabay

Épidémies

La polio ne sera pas éradiquée en 2020. Mais alors qu’elle n’est plus présente que dans deux pays, un nouveau vaccin est attendu pour cet été.

Quant à Ebola, le premier vaccin à avoir été approuvé continue de faire ses preuves sur le terrain, et pourrait normalement commencer à être produit à grande échelle en 2020.

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Enfin, l’Organisation mondiale de la santé espère éliminer bientôt de la catégorie «problème de santé publique» la maladie du sommeil, transmise par la mouche tsé-tsé.

Nos origines

Les études sur les gènes de nos ancêtres préhistoriques vont continuer de lever le voile sur l’Homo sapiens.

Non seulement entendra-t-on encore parler des liens qui nous unissent à nos cousins d’il y a quelques dizaines de milliers d’années, néandertaliens et dénisoviens, mais l’horloge recule plus loin.

On vient de récolter des protéines d’émail dans des dents vieilles de 2 millions d’années. Et de l’ADN vieux de 400 000 ans a été récolté dans un ancêtre du Néandertalien.

caverne
Une caverne de Sibérie où ont été découverts des ossements de Dénisoviens. (Photo: Rosino, Wikipedia Commons)

Mars

Alors que la fenêtre favorable à un lancement vers Mars est cette année en juillet (la suivante sera en 2022), ce sont peut-être quatre sondes qui partiront d’autant de pays différents.

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– Le véhicule européen ExoMars, chargé d’y chercher des traces de vie présente ou passée.

– Le véhicule américain Mars 2020, dont une des missions sera de ramasser des cailloux qui seront ramenés sur Terre par une mission ultérieure.

– La première sonde chinoise, Huoxing-1 qui transportera un petit véhicule.

– Et la première sonde d’un pays arabe, Hope, des Émirats arabes unis, qui se mettra en orbite.

Le véhicule américain Mars 2020. Photo: NASA

La Lune

Les pressions de la Maison-Blanche pour envoyer deux astronautes sur la Lune dès 2024, plutôt que 2028, vont bousculer les budgets à long terme de la NASA. Nul n’est en mesure de dire pour l’instant si les projets martiens ou plus lointains (Jupiter, comètes, etc.) devront être retardés.

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Sans compter le sort incertain de la station Lunar Gateway, censée servir de marchepied aux missions lunaires.

Plus près de nous, les lancements d’astronautes sous l’égide de compagnies privées seront peut-être devenus routiniers en 2030 (les premiers doivent avoir lieu cette année).

Mais entre-temps, une décision devra être prise sur le maintien en vie jusqu’à la fin de la décennie de la station spatiale internationale. Quant aux Chinois, c’est peut-être dès 2020 qu’ils mettront en orbite leur propre station spatiale.

La nouvelle route de la soie

L’offensive de «nouvelle route de la soie» par laquelle la Chine fait depuis 2013 des investissements gigantesques en infrastructures, de l’Afrique et du bassin méditerranéen jusqu’à l’Asie du Sud-Est et à l’océan Indien (des investissements dans 126 pays en 2019), est en train de transformer aussi la recherche scientifique.

Tandis que les médias parlent plus souvent d’investissements pour des routes et des trains à grande vitesse, des ports et des aéroports, des mines et de l’agriculture, il existe aussi des partenariats avec des centaines d’universités et de compagnies privées, de l’intelligence artificielle à l’eau potable en passant par les transports électriques.

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La carte des zones d’influence ne serait plus la même en 2030.

La nouvelle route de la soie.

Surveillance et vie privée

Attendez-vous à entendre parler de nouvelles percées en matière de reconnaissance faciale et de leur usage par la police.

C’est déjà commencé, par exemple en Grande-Bretagne, et on apprenait l’an dernier que la Chine avait vendu à au moins 18 pays aux tendances autoritaires les outils mis au point pour son programme massif de surveillance par caméras et de reconnaissance des visages.

Par ailleurs, attendez-vous à être inquiets du système de crédit social chinois qui entrera en vigueur en 2020: capable de suivre à la trace les citoyens et leur allouant des notes pour leur bon «comportement social».

Plus de gens que jamais réalisent l’ampleur de ce qu’on peut apprendre sur eux, rien qu’à partir de leurs «métadonnées». Mais l’absence de réglementation est demeurée le gros problème, comme l’a rappelé en 2018 le scandale Cambridge Analytica. Les années 2020 seraient inévitablement celles de la réglementation.

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