À Ottawa, plus d’un nouvel arrivant sur deux est francophone

Ottawa
L'édifice du Parlement canadien. Sur l'autre rive de la rivière des Outaouais: la ville québécoise de Gatineau. Photos: https://ottawatourism.ca
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 02/03/2026 par Sébastien Pierroz

Les francophones ont représenté l’essentiel des immigrants ayant choisi de s’établir à Ottawa en 2025, d’après les données relevées par Le Droit.

Selon la méthode de calcul d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), la capitale a accueilli l’an passé 12 115 «résidents permanents d’expression française» sur 23 845 nouveaux résidents permanents au total, soit 50,81%.

En 2024, cette proportion s’établissait à 46,83%, contre 31,91% en 2023.

Gros changement

La semaine dernière, IRCC a mis à jour l’ensemble de ses statistiques sur l’immigration au Canada pour l’année 2025. Les nouvelles données ont permis de confirmer l’augmentation nette de l’immigration francophone en Ontario, dépassant désormais la barre des 10%.

immigration, culture, intégration
Luisa Veronis. Photo: courtoisie

«Il y a un changement énorme. C’est du jamais vu», souligne Luisa Veronis, professeure à l’Université d’Ottawa et chercheuse en immigration.

Publicité

«J’ai plusieurs hypothèses à travers mes recherches et des conversations avec les immigrants. D’une part, la capitale d’un pays est un lieu important, un centre politique. Pour beaucoup de candidats francophones à l’immigration, Ottawa représente un pôle d’attraction pour l’emploi. Par ailleurs, la proximité du Québec et le bilinguisme fonctionnent, avec, là encore, la perception qu’Ottawa est plus francophone que Toronto.»

Pour la chercheuse, «la qualité de vie et la taille de la ville d’Ottawa ne sont pas à exclure».

«On peut aussi changer de côté et passer à Gatineau, avec des logements et des garderies moins chers. Cela fait une combinaison où le poids d’Ottawa ressort dans la perspective d’une immigration.»

Les 50 points d’Entrée express

«Si on est un travailleur francophone, c’est Ottawa qui offre le plus de capacité en français à l’ordre du Québec», résume pour sa part Jacob Legault-Leclair, sociologue spécialiste de l’immigration à l’Université de Waterloo.

«Les candidats francophones bénéficient d’un avantage dans le système d’Entrée express. Grâce aux points supplémentaires accordés pour les compétences linguistiques en français, ils ont de meilleures chances d’être invités à présenter une demande de résidence permanente, même avec un score global inférieur à celui d’autres candidats.»

Publicité

Entrée express repose sur trois programmes fédéraux: les travailleurs qualifiés, les travailleurs de métiers spécialisés et la catégorie de l’expérience canadienne, qui sélectionnent les candidats selon l’âge, l’éducation, l’expérience et la langue.

Dans le système d’Entrée express, le score maximal est de 1200 points, et les candidats ayant de solides compétences en français peuvent obtenir jusqu’à 50 points supplémentaires — un bonus linguistique qui peut faire la différence lors des rondes d’invitations.

Ottawa
Patinage sur le canal Rideau.

Défis d’intégration

«Mais attention, il faut intégrer les immigrants économiquement et socialement», prévient le spécialiste en immigration.

«On ne doit pas négliger les autres facteurs, comme l’âge, l’éducation ou l’expérience, au risque de nuire à leur intégration.»

Luisa Veronis va même plus loin. «Avant, le défi était d’attirer les immigrants francophones. Les stratégies ont fonctionné. Mais le travail, c’est la rétention maintenant. S’ils sont qualifiés, ils doivent absolument trouver quelque chose et s’intégrer dans le marché du travail.»

Publicité
Ottawa
Le Marché By au centre-ville d’Ottawa.

Des obstacles

D’autres obstacles, plus inattendus, pourraient se dresser, selon Mme Veronis, dans le parcours d’intégration des francophones.

«En ce moment, la conjoncture n’est pas idéale pour les immigrants, que ce soit le coût de la vie, le prix du logement, ou le temps pour trouver un emploi à la hauteur des compétences. Aussi, les possibilités de trouver un emploi en français ne s’agrandissent pas autant que celles de trouver un emploi en anglais.»

Francophonie, AFO
Fabien Hébert. Photo: courtoisie

Jointe par Le Droit pour commenter les résultats, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est aussi réjouie.

«Les gens prennent des décisions éclairées. Oui, il y a des services francophones très présents à Ottawa», a partagé le président Fabien Hébert. «Mais ce n’est malheureusement pas le cas partout en Ontario.»

«Dans le Sud-Ouest, les services sont plus difficiles à trouver à London, Sarnia, Windsor, voire quasiment inexistants par ailleurs. On aimerait voir de bons services partout pour accueillir les immigrants.»

Publicité

Auteurs

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur