À la découverte de George Desvallières

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Poursuivant son cycle dédié à la redécouverte des maîtres du tournant des XIXe et XXe siècles, le Petit Palais de Paris présente la première rétrospective consacrée au peintre George Desvallières (1861-1950), réunissant 90 œuvres (peintures, dessins, vitraux, tapisserie…) provenant de musées français et de collections privées.

Cette rétrospective, intitulée George Desvallières. La peinture corps et âme, est en cours jusqu’au 17 juillet 2016. Et c’est, pour tous les amateurs d’art et d’histoire présents à Paris à cette époque, l’occasion d’une découverte, celle de cet artiste pratiquement inconnu dans les musées qui nous entourent.

Celles et ceux qui souhaitent connaître George Desvallières tout en restant ici peuvent aussi le faire grâce au catalogue de cette exposition.

«George Desvallières est l’un de ces maillons qui ont sauté dans la chaîne de l’histoire de l’art. Cette rétrospective est comme une porte qui s’ouvre sur une pièce restée longtemps fermée dans une maison», se réjouit Isabelle Collet, conservatrice en chef au Petit Palais et commissaire de l’exposition.

Peintre oublié

Qui est donc George Desvallières, ce peintre oublié dans l’histoire de l’art? Olivier Gabriel Victor Georges Lefèbvre-Desvallières, dit George Desvallières, est né à Paris le 14 mai 1861. Son père est administrateur des Messageries maritimes. Sa mère est une femme énergique et pieuse.

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Préoccupé par l’avenir de ce deuxième fils peu enclin aux études, le père confie son éducation à son beau-père, Ernest Legouvé, écrivain, dramaturge, poète, qui lui donne une formation artistique: grandes tragiques grecques, rencontres de grands noms de la littérature, musique, beaux-arts.

En 1877, Ernest Legouvé présente George à son ami le peintre Jules-Élie Delaunay (1828-1891), formé par Ingres, Flandrin et Delacroix. Il est alors connu pour son opposition à l’académisme. Il va apprendre à son élève l’art du dessin, de la composition, des couleurs originales.

En 1878, Delaunay présente George, inscrit à l’Académie Julian, à Gustave Moreau (1826-1898), peintre, graveur, dessinateur et sculpteur, un des principaux représentants en peinture du courant symboliste, imprégné de mysticisme.

«Cette rencontre marquera George durablement, qui, sous cette influence, transforme sa manière de penser l’œuvre d’art: du peintre mondain à la mode qu’il aurait pu être, il devient un artiste.» ( www.georgedesvallieres.com/vie_oeuvres.html)

Un mécène

Le Petit Palais nous invite donc à découvrir un artiste hors du commun dont le «style puissant s’incarne dans les figures d’une antiquité héroïque puis dans l’expression profonde d’une foi attisée par l’épreuve de la guerre 1914-1918. Homme d’engagements et de combats, George Desvallières est une personnalité hors norme qui nous replonge dans l’univers créatif de l’entre-deux-guerres».

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Comme son maître Moreau, George Desvallières est fasciné par le monde gréco-romain, mais aussi par sa représentation si caractéristique du corps humain, dont son œuvre va être émaillée.

En plus des influences de Delaunay (portrait et corps en mouvement), et de Moreau (le corps réfléchit les élans de l’âme), Desvallières va bénéficier d’un fort soutien artistique et financier d’un mécène, Jacques Rouché, qui achètera plusieurs de ses œuvres, des ouvrages décoratifs et des panneaux pour orner son hôtel.

En 1903, Desvallières qui se détache finalement de l’influence de Moreau, disparu en 1898, se rend à Londres. Il découvre «la vie citadine»: vie nocturne, femmes portant des vêtements somptueux, cafés, spectacles qu’elles fréquentent, filles de joie. Il porte un regard critique sur ce qu’il voit, mais son art pictural en sera influencé. Londres est, après Moreau, une autre source d’influence.

De retour à Paris, survient ce que l’on appelle la conversion de Desvallières. Huysmans et Léon Bloy, deux écrivains et romanciers convertis récemment au catholicisme, l’encouragent dans une recherche spirituelle en marge du courant de laïcisation qui touche la société civile. En 1904, à la suite d’une visite en l’église Notre-Dame-des-Victoires, il retrouve les valeurs chrétiennes de sa mère et il va peindre de plus en plus de sujets religieux.

On peut de la sorte distinguer dans l’œuvre artistique de George Desvallières trois grandes étapes qui marquent ses réalisations: l’influence de Moreau et l’esthétique du corps, les aspects de la vie londonienne et les réflexions qu’elle suscite sur sa peinture, les valeurs chrétiennes qui, pour lui, couronnent son art.

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Livre d’art

Le livre édité par le Petit Palais à l’occasion de cette exposition permet de retrouver, avec plus de détails, les grandes étapes de la vie de Desvallières et de ses réalisations picturales.

Comme le livre ne compte que 190 pages, il est d’une lecture d’autant plus facile qu’il contient de nombreuses reproductions qui illustrent l’art de Desvallières au fur et à mesure du déroulement de son parcours, y compris sa participation à la guerre de 1914-1918, jusqu’à sa mort à Paris le 5 octobre 1950.

On y trouve les divisions suivantes: Les combats d’un peintre, Le choix des maîtres, Éloge du corps, Choses vues, La conversion, Sacrifice, deuil, renouveau. Des portraits intimes aux décors monumentaux, cet ouvrage rend une juste place à un artiste qui a compté dans la première moitié du XXe siècle, et qui intéressera tous ses lecteurs.

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