Les enseignants retourneront à l’école sans contrat

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Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Paul Calandra.
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Publié 20/08/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Alors que la rentrée scolaire est déjà faite pour certains, et imminente pour d’autres, les enseignants de l’Ontario devront rejoindre leurs élèves en classe sans convention collective.

Les principaux syndicats d’enseignement de l’Ontario avaient déposé un avis de convocation à la table de négociation auprès du gouvernement pour le renouvellement des conventions collectives, en juin.

Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra, avait dit qu’il espérait pouvoir trouver une entente avec les syndicats avant la rentrée scolaire, en septembre, se disant «assez optimiste».

Les pourparlers n’ont pas commencé

N’empêche, les pourparlers n’ont même pas encore commencé, puisque les parties n’arrivent pas à s’entendre sur le cadre de la négociation.

Cette première étape consiste à déterminer les questions qui seront négociées à la table centrale et celles qui seront traitées auprès des unités locales et des conseils scolaires.

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éducation
Gabrielle Lemieux.

«Il faut s’entendre sur le champ de la négociation, et on ne s’entend vraiment pas avec le gouvernement et avec l’association des conseils scolaires», affirme la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Gabrielle Lemieux.

Déterminer quelle table de négociation serait responsable de quelles questions n’a pas représenté un enjeu dans les pourparlers récents, remarque-t-elle.

«De voir à quel point c’est un enjeu cette fois-ci, ça nous laisse spéculer sur la vision du gouvernement.»

Hostilité

Le ministre de l’Éducation, Paul Calandra s’est montré hostile envers les leaders syndicaux au cours de la dernière année.

L’opposition l’a accusé de vouloir «devenir l’empereur de l’éducation», en raison de sa réforme du système scolaire qui prévoit une augmentation des pouvoirs du ministre de l’Éducation et une réduction de ceux des conseils scolaires anglophones, adoptée au printemps dernier.

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«Il est clair cette fois qu’ils ont pour objectif de changer la dynamique ou la nature des négociations, et qu’ils veulent centraliser le pouvoir, centraliser le contrôle et centraliser la prise de décision», avance le président du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario, Joe Tigani.

Certains dirigeants syndicaux accusent le gouvernement Ford d’avoir adopté un style de gestion du système d’éducation s’apparentant à celui observé aux États-Unis.

«Ils font beaucoup de théâtre politique, ils privatisent l’éducation et poursuivent un modèle d’éducation américain, un modèle qui a échoué, alors que nous devrions discuter de ce à quoi nous, Ontariens, nous attendons pour nos enfants, soit une éducation de calibre mondial», affirme le président de l’Ontario English Catholic Teachers’ Association, René Jansen in de Wal.

Tribunal indépendant

Cinq syndicats d’enseignement, y compris l’AEFO, ont décidé de se tourner vers la Commission des relations de travail de l’Ontario. Ce tribunal décisionnel indépendant sera responsable de trancher sur les questions qui seront traitées aux tables centrale et locales.

Or, les présidents des syndicats ayant pris cette décision ont indiqué au Droit que ce processus pourrait prendre plusieurs semaines, voire des mois.

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Pour l’AEFO, «la particularité, c’est que ça doit se faire en français, donc on espère que ce ne sera pas une embûche de plus dans le processus», note la présidente.

AEFO enseignants
En juin, les présidences des syndicats en éducation de l’Ontario, dont, à droite: Gabrielle Lemieux, de l’AEFO. Photro: Facebook

Délais

Et ces délais sont frustrants, remarque Gabrielle Lemieux, d’autant plus que les principaux syndicats d’enseignement de la province s’étaient réunis au mois de mars pour demander au gouvernement de Doug Ford d’entamer des négociations.

«Le système d’éducation est en crise, il manque de financement, et on se disait que si on pouvait commencer plus tôt, on pourrait offrir plus de stabilité aux élèves à la rentrée», mentionne-t-elle.

Mais le gouvernement a refusé cette demande, note le président de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO), David Mastin.

«Le gouvernement affirmait avoir le temps nécessaire. Selon lui, 90 jours pendant l’été allaient amplement suffire pour conclure un accord», affirme-t-il.

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David Mastin affirme que ses membres sont «extrêmement frustrés», et que le gouvernement «n’avait aucune intention de négocier ni d’accélérer les choses».

Le ministre Paul Calandra affirme qu’il respecte la décision de certains syndicats d’avoir porté la question devant la Commission des relations de travail de l’Ontario.

«Nous respectons leur décision et sommes prêts à poursuivre les discussions sur la portée des enjeux centraux et locaux avant de passer à la prochaine étape des négociations», a-t-il indiqué, dans une déclaration.

Les conventions collectives de tous les syndicats d’enseignants et de travailleurs de l’éducation de l’Ontario expirent le 31 août.

La rentrée scolaire aura lieu le 8 septembre pour la majorité des élèves de la province.

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