Au Congrès libéral, la frustration sur le français éclipse le bilinguisme

Congrès libéral
Un panel sur la protection de la culture et de la langue française avait lieu vendredi avec notamment Jean-Yves Duclos, ex-ministre sous Justin Trudeau, et Marc Miller, actuel ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, ministre responsable des Langues officielles, lors du congrès national du Parti libéral du Canada à Montréal. Photo: Inès Lombardo, Francopresse
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Publié 12/04/2026 par Inès Lombardo

En marge d’une table ronde sur la protection du français au congrès national du Parti libéral du Canada (PLC), à Montréal, le 10 avril, des frustrations liées au fonctionnement du parti en matière de langues officielles ont fait de l’ombre au bilinguisme dont le parti fait la promotion.

Anne Adams est membre du PLC et résidente du quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal. En marge d’un panel sur la protection de la culture et de la langue française, elle a affirmé être mécontente, car à la table du Conseil national d’administration, «on parle toujours anglais».

«Le président est anglophone [Sachit Mehra], dans le moment. Ça se pourrait que quelqu’un de bilingue devienne président», a-t-elle expliqué, en entrevue avec Francopresse, après le panel.

«Sauf que quand on est bilingue, on tombe dans le panneau de parler en anglais, parce qu’il y a plus de monde qui comprend l’anglais», enchaîne celle qui a passé plusieurs années à la coprésidence francophone de la Commission des aînés du parti dans le passé.

«C’est un problème systémique. Si, dans le système, on ne s’assure pas que la pensée, la façon de penser de l’autre langue est intégrée, ça ne changera jamais rien.»

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Parti libéral, Mark Carney
Le premier ministre Mark Carney au congrès du Parti libéral du Canada ce samedi 11 avril. Photo: capture d’écran CPAC

Plus de services dans les deux langues

Anne Adams affirme aussi qu’il faut mettre fin à la pratique des quotas minimaux de francophones ou d’anglophones pour que les rapports de circonscriptions du parti soient accessibles dans les deux langues officielles du Canada.

Au niveau de sa circonscription, les rapports trimestriels sont dans les deux langues, rapporte la Montréalaise. Mais ce n’est pas le cas partout et elle ne trouve «pas ça correct».

Cette dernière a demandé des comptes à l’un des panélistes, le député de Québec–Centre, Jean-Yves Duclos.

«M. Duclos vient de m’expliquer que le sien est seulement en français parce qu’il n’y a pas assez d’anglophones dans son comté», rapporte-t-elle. «Il faut arrêter ça partout au Canada.»

Anne Adams ne tire pas grand-chose de son échange avec l’ex-ministre. «Ça ne me convient pas. C’est une explication, bien sûr. Mais qu’est-ce qu’on va faire pour changer ça?»

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Parti libéral, Mark Carney
Mark Carney au congrès du Parti libéral du Canada ce samedi 11 avril.

Communications des députés

Dans les faits, le PLC n’est pas assujetti à la Loi sur les langues officielles et rien dans le règlement du parti n’oblige les associations de circonscription à publier des documents systématiquement dans les deux langues.

En revanche, sa constitution établit que ses deux langues officielles sont l’anglais et le français. Ainsi, on se serait attendus à ce que les associations de circonscriptions présentent leurs documents dans les deux langues officielles, de même que les rapports.

De plus, Anne Adams affirme avoir proposé de traduire un document public de son député fédéral de l’anglais vers le français quand elle demeurait à Vancouver-Ouest, mais cela lui a été refusé.

«Est-ce que notre Loi sur les langues officielles va insister sur le fait que tous nos députés, à travers le Canada, qu’ils soient francophones en Colombie-Britannique ou en Alberta, ou anglophones au Québec, envoient leurs [documents] à leurs commettants dans les deux langues?», a-t-elle demandé aux députés, dans le cadre du panel sur la protection de la langue française.

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Questions sans réponse

Les questions d’Anne Adams sont restées sans réponse, l’organisation du parti n’ayant pas prévu assez de temps pour les réponses.

Une autre membre du parti a partagé sa frustration, au moment de la période de questions, sur le fait que les anglophones du Québec «n’ont pas les mêmes services» que les francophones. «Nous sommes fatigués!», a-t-elle critiqué, demandant l’égalité des services fournis.

Un autre a demandé pourquoi les dirigeants canadiens ne montraient pas toujours l’exemple pour parler les deux langues.

Plusieurs de ces questions ont soulevé un intérêt sur les minorités linguistiques, mais celui-ci est vite retombé.

Les députés ont toutefois tenté de répondre aux questions dans les corridors.

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