L’encre des mots pour éteindre un feu de forêt

Micheline Marchand, Fuir le feu
Micheline Marchand, Fuir le feu, roman, Ottawa, Éditions David, collection Pigeon voyageur, 2026, 150 pages, 19,95 $.
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Publié 29/04/2026 par Paul-François Sylvestre

En août 2018, Radio-Canada informe ses auditeurs d’un feu de forêt que des centaines de pompiers combattent au Sud du Grand Sudbury, dans la région de Rivière des Français. On parle notamment du feu Parry Sound 33.

Je soupçonne Micheline Marchand de s’être inspirée de cet incendie pour écrire Fuir le feu, pour raconter cet incendie monstre auquel une adolescente malvoyante devra faire face.

Pour les jeunes

Ce roman fait partie de la collection Pigeon voyageur des Éditions David, qui s’adresse à des jeunes de 9 à 13 ans.

La majorité de ces pré-ados dans le Sud de la province ne s’intéresse jamais à ce qui se passe au Nord de la 401. Or, Micheline Marchand leur sert une histoire à laquelle ils vont accrocher sans l’ombre d’un doute.

Cette collection offre trois niveaux de lecture: d’abord des textes courts pour les pigeons qui prennent leur vol; puis des textes ni trop courts, ni trop longs, pour des pigeons qui affinent leur technique de vol; enfin, des textes de longue haleine pour les pigeons prêts à partir en expédition.

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Fuir le feu entre dans ce troisième niveau de lecture.

Ado malvoyante

La protagoniste du roman est Katya Séguin, une jeune ado malvoyante qui habite à Noëlville, sur les rives de la rivière des Français en Ontario.

Au cours d’un été chaud et sec, deux événements marqueront sa vie et celle de sa famille: l’arrivée d’Onyx, un chien-guide, et un violent feu de forêt qui fait rage non loin de leur domicile. Katya et son nouveau compagnon devront surmonter des défis de taille pour rester hors de danger.

Pour info, Onyx est un chien saint-pierre développé par la Fondation Mira, à Sainte-Madeleine (Québec), pour aider les malvoyants comme Katya. On apprend qu’il s’agit d’un croisement du labrador et du bouvier bernois.

La rivière des Français

Micheline Marchand décrit comment Katya va devoir «se débrouiller toute seule avec son chien, sans eau potable, sans nourriture, sans téléphone, sans boussole».

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L’ado essayera de visualiser la rivière des Français, longue de 110 kilomètres, qui «part du lac Nipissing à l’Ouest et se divise en deux embranchements: le canal du Nord et le canal principal qui se déverse dans la baie Georgienne».

On sait que la romancière est originaire de la baie Georgienne.

Sauvetage

Étrangement, Katya ne semble plus être malvoyante durant certaines épreuves pour échapper à l’incendie, à bord d’un canot qui chavire.

Ce n’est qu’après le sauvetage qu’elle demande à son nouvel ami de lui décrire le vert des branches de conifères, le chapelet des îles rocheuses, les camps rustiques, les chalets somptueux, les yachts et les voiliers.

Le roman inclut une référence à l’émission Sonnez les matines du poste CBON de la Société Radio-Canada à Sudbury et une mention du pont William E. Smal qui enjambe la rivière des Français (et qui demeure l’un des plus grands ponts suspendus pour motoneiges au monde).

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Catastrophes

Chaque année, écrit Micheline Marchand en appendice, des gens sont confrontés à des catastrophes naturelles dévastatrices.

«Comment agir? Pour une écrivaine comme moi, c’est en jetant quelques feuilles trempées d’encre sur le feu dans l’espoir de contribuer à l’éteindre.»

Auteurs

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

  • l-express.ca

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