L’Ontario exige que les cérémonies de remise de diplômes soient «apolitiques»

remise de diplômes
Pas de commentaires politiques dans les cérémonies de remise des diplômes svp. Photo: iStock.com/Nosyrevy
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Publié 26/03/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Le ministre de l’Éducation de l’Ontario a envoyé une lettre aux enseignants et aux conseils scolaires de la province les menaçant d’imposer des mesures disciplinaires s’ils permettent l’expression de points de vue politiques lors des cérémonies de remise de diplômes.

Les cérémonies de remise de diplômes doivent être «strictement axées sur les élèves», et doivent être «apolitiques, inclusives et respectueuses», a prévenu le ministre de l’Éducation Paul Calandra dans une lettre envoyée aux enseignants et aux conseils scolaires de la province le 20 mars.

Questions controversées

Il y indique que les organisateurs de ces cérémonies ne doivent pas s’en servir «comme forum pour exprimer des points de vue politiques, faire la promotion de positions personnelles ou institutionnelles ou s’impliquer dans des questions controversées ou source de division, quelles qu’elles soient».

Paul Calandra, ministre de l'Éducation
Paul Calandra.

Paul Calandra écrit aussi qu’il n’hésitera pas «à considérer toutes les mesures» mises à sa disposition par la Loi sur l’éducation «pour veiller à ce que les élèves soient la priorité».

Dans sa missive, le ministre n’a pas précisé le contexte dans lequel il s’est senti obligé d’envoyer une lettre à tout le personnel enseignant de la province.

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Premières Nations et Trump

Questionné à ce sujet à Queen’s Park mercredi, Paul Calandra a indiqué qu’il a envoyé la lettre après avoir été informé qu’un conseil scolaire de la région de Hamilton prévoit faire en sorte que sa cérémonie de remise des diplômes soit centrée sur la reconnaissance des territoires ancestraux.

Dans sa lettre, Paul Calandra rappelle aussi aux enseignants et au personnel des conseils scolaires que «l’utilisation des médias sociaux pour promouvoir la violence est inacceptable».

«Pareillement, les commentaires racistes ou stéréotypés et l’utilisation d’un langage inapproprié ou dénigrant sont inacceptables», a-t-il écrit, à nouveau sans offrir d’explications quant au contexte de ce rappel à l’ordre.

Le ministre a indiqué mercredi que cet élément de la lettre faisait suite à une publication d’un employé administratif d’un conseil scolaire sur les réseaux sociaux où il aurait fait référence à l’assassinat du président américain Donald Trump.

Censure

L’expression ne devrait pas être censurée par les gouvernements seulement parce qu’elle est de nature politique ou qu’elle pourrait être perçue comme une source de division, selon la directrice des libertés fondamentales de l’Association canadienne des libertés civiles, Anaïs Bussières McNicoll.

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libertés
Anaïs Bussières McNicoll.

«La liberté d’expression politique joue un rôle essentiel dans notre société. Elle permet aux citoyens de participer au débat public, d’exprimer leur désaccord et de demander des comptes aux personnes au pouvoir. Ce sont précisément les compétences et les habitudes de pensée que nous attendons de notre système d’éducation», a-t-elle indiqué.

La Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario a elle aussi envoyé un message à ses membres: «Vous n’avez pas besoin de leçons sur le professionnalisme».

«Vous le démontrez chaque jour par l’attention, le temps et les efforts que vous consacrez à soutenir les étudiants et à donner du sens à des moments importants comme les cérémonies de remise de diplômes», a affirmé le syndicat.

Démocratie

À Queen’s Park, la cheffe de l’opposition officielle, Marit Stiles, affirme que le gouvernement Ford tente de «museler les élèves».

Marit Stiles
Marit Stiles.

«Le ministre ne peut pas contraindre les enseignants et les élèves à être d’accord avec lui. Ce n’est pas ainsi que fonctionne la démocratie», a-t-elle soutenu durant la période de question, mercredi.

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Le ministre de l’Éducation a placé huit conseils scolaires sous tutelle au cours des derniers mois, et il s’est doté de nouveaux pouvoirs par l’entremise de la controversée loi 33, à l’automne.

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