Mettre la musique francophone sur la carte: le pari réussi de MUSIQC

MUSIQC
La plateforme MUSIQC a été lancée il y a un an. Elle propose des listes de lecture qui reflètent la francophonie d’un océan à l’autre, et au-delà. Photo: capture d’écran musiqc.ca
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Publié 12/02/2026 par Camille Langlade

Lancée en février 2025, MUSIQC s’impose déjà dans le paysage musical francophone canadien. Listes de lecture, portraits d’artistes et collaborations avec la francophonie hors Québec: la plateforme fait rayonner les talents d’un bout à l’autre du pays, et au-delà.

En un an, la plateforme a franchi plusieurs caps. MUSIQC a atteint 225 000 utilisateurs et 540 000 visites, est passée de 28 à 150 programmateurs et programmatrices, et de 2500 à 6000 artistes.

«On a aussi triplé nos listes de lecture», ajoute la directrice générale de la Société professionnelle des auteurs, des compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE), Ariane Charbonneau.

«On a vraiment fait énormément de chemin. On est une toute petite équipe, on est une petite association. On a travaillé d’arrache-pied.»

Un robot conversationnel (chatbot) a également été intégré au site Internet pour aiguiller les auditeurs et auditrices indécis.

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MUSIQC
Ariane Charbonneau. Photo: Marie-Michèle Bouchard

Une plateforme multiple

MUSIQC propose un vaste répertoire de listes de lecture conçues par des artisans du milieu musical, regroupées par thèmes. Ces listes peuvent ensuite être écoutées sur les principales plateformes d’écoute en ligne.

Le site Internet regroupe aussi une multitude de fiches d’artistes francophones, accompagnées de leurs titres et de liens vers leurs réseaux sociaux. On y trouve aussi des portraits des programmateurs et programmatrices.

Partenariats avec la francophonie hors Québec

«Au niveau de tout ce qui est francophonie hors Québec, c’est un work in progress. C’est tout le temps remettre à jour les listes de lecture, les bonifier, travailler avec de nouveaux partenaires», explique Ariane Charbonneau.

L’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM) et l’Association des professionnel.le.s de la chanson et de la musique (APCM) sont déjà dans la boucle.

«On a vraiment apprécié qu’ils ouvrent justement un dialogue avec la francophonie canadienne hors Québec», partage David Robquin, chargé d’accompagnement et de la mise en marché numérique à l’APCM.

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Les représentants de MUSIQC se sont d’ailleurs rendus au gala des prix Trille Or, en mai 2025 à Ottawa, et la plateforme a ensuite proposé une liste de lecture avec les artistes nommés.

«On a vraiment senti un impact sur les streams. À la suite des Trille, on voyait comme une hausse de lecture, qui provenait de la liste de lecture qu’ils ont créée. Ce ne sont pas des chiffres incroyables, mais c’est un début et c’est toujours ça de pris», note le responsable.

Pour lui, cette première année de collaboration est très encourageante et l’APCM compte bien continuer sur cette lancée.

«Je sais qu’ils ont cette sensibilité-là d’inclure aussi des artistes de la francophonie canadienne dans d’autres listes de lecture, parce que le but, ce n’est pas juste de nous enfermer dans une case, c’est aussi que ça transpire sur les autres listes.»

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David Robquin. Photo: courtoisie

Un levier de découvrabilité et d’exportation

Aux yeux de David Robquin, MUSIQC constitue un levier important pour les stratégies de mise en marché de l’APCM et pour les artistes, en multipliant les occasions de découvrabilité.

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«On a déjà vu un grand impact des playlists sur l’écoute de nos artistes», témoigne de son côté Julie Fradette, gestionnaire de projets à l’ANIM.

Les grandes plateformes d’écoute ne vont pas nécessairement distinguer les différentes francophonies. MUSIQC permet selon elle de les mettre en lumière et de faire circuler les œuvres de la francophonie minoritaire, «non seulement à travers le Canada, mais également à travers le monde».

«Souvent, les playlists franco, ça va être genre “Café montréalais” ou “Québec halte”; des choses qui sont peu actualisées et qui font en sorte que nos contenus se noient un peu à travers ça.»

Au lieu de mettre sous un même parapluie tous les contenus francophones, MUSIQC a fait le pari d’illustrer «la diversité des expressions musicales en francophonie, en proposant vraiment des niches musicales qui sont vraiment ciblées», souligne-t-elle.

Au-delà de la découvrabilité, les listes de lecture permettent de «redécouvrir» des œuvres jusque-là cantonnées à un public particulier.

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L’humain avant les algorithmes

Dans un paysage numérique dominé par les algorithmes et l’intelligence artificielle, MUSIQC fait le pari de replacer l’humain au centre du processus de curation. Les listes de lecture de la plateforme sont concoctées par des programmateurs et des programmatrices issus de l’industrie musicale francophone.

«C’est ça, la vraie découverte. C’est un être humain qui va aller prendre le temps d’écouter la musique d’un artiste. Un algorithme va se baser sur des chiffres, donc c’est de plus en plus difficile pour les artistes émergents de se faire connaître ou de se faire découvrir grâce à l’algorithme, parce qu’ils partent déjà avec un handicap s’ils n’ont pas déjà des chiffres», remarque David Robquin.

«C’est fait par des gens qui sont directement sur le terrain, qui n’ont pas nécessairement les mêmes cibles aussi», abonde dans le même sens Julie Fradette.

S’ouvrir à la francophonie mondiale

MUSIQC espère bien continuer de s’exporter à l’étranger, après avoir lancé à l’automne dernier une plateforme en France.

«On a aussi la volonté de tisser des liens avec d’autres pays de la francophonie, annonce Ariane Charbonneau. On est déjà en train de parler avec des représentants de la Belgique, de l’Afrique et de la Suisse.»

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Évidemment, rien ne se fait sans argent. Ariane Charbonneau rappelle que «pour continuer à vivre», les organismes culturels doivent être soutenus par les gouvernements, tant au niveau fédéral que provincial.

Julie Fradette à l’ANIM plaide également pour un financement pérenne de l’industrie musicale francophone.

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