Un voyage du ministre de l’Éducation qui fait sourciller des profs

École à charte et discipline

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Le ministre Paul Calandra à l'école Pape-François (Whitchurch-Stouffville) en mai 2025.
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Publié 30/01/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

Un récent voyage au Royaume-Uni du ministre de l’Éducation de l’Ontario, Paul Calandra, a fait sourciller les enseignants franco-ontariens.

Le ministre participait à une conférence mondiale sur l’éducation.

Durant ce voyage, il en a profité pour visiter la Michaela Community School, une école à charte largement réputée comme étant «l’école la plus stricte de Grande-Bretagne».

éducation
Gabrielle Lemieux.

Ce voyage du ministre Calandra a fait réagir la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Gabrielle Lemieux.

«Bien que nous reconnaissions l’importance de s’informer des meilleures pratiques à l’international, nous estimons essentiel que toute réflexion sur l’avenir du système d’éducation ontarien soit d’abord ancrée dans la réalité des élèves, du personnel scolaire et des communautés de la province», a-t-elle indiqué dans une déclaration.

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Gestion financière

Gabrielle Lemieux indique que l’AEFO est aussi préoccupée par les coûts associés à ce déplacement, «dans un contexte où chaque dollar public investi devrait prioritairement servir à soutenir directement les élèves et le personnel».

Le ministre de l’Éducation a placé sept conseils scolaires anglophones sous tutelle au cours de la dernière année, citant chaque fois la mauvaise gouvernance et une gestion financière irresponsable.

Paul Calandra a souvent rappelé des exemples flagrants de mauvaise gestion, comme un voyage en Italie pour acheter des œuvres d’art par un conseil ou une journée au stade des Blue Jays par un autre.

«L’AEFO demeure préoccupée par le sous-financement du système d’éducation financé par les fonds publics, et particulièrement en langue française, qui limite la capacité à répondre adéquatement aux besoins croissants des élèves», affirme Gabrielle Lemieux.

La visite du ministre Calandra à la Michaela Community School a aussi fait apparaître un lever de drapeau rouge aux yeux de l’AEFO.

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«Nous sommes également inquiets des risques de privatisation de l’éducation, qui pourraient découler de certaines orientations inspirées de modèles internationaux qui privilégient les entreprises et les mieux nantis, notamment à la suite de la visite du ministre d’une école à charte», soutient Gabrielle Lemieux.

Paul Calendra, ministre de l'Éducation
Le ministre ontarien Paul Calandra lors d’une activité du symposium BETT à Londres. Photo: Facebook

Le ministre se défend

Le bureau du ministre Paul Calandra n’y est pas allé de main morte en répondant aux préoccupations du syndicat d’enseignement franco-ontarien.

«Alors que l’AEFO s’efforce de maintenir le statu quo, le ministre Calandra se concentre sur la réussite scolaire des élèves et le soutien aux enseignants afin d’obtenir de meilleurs résultats», a écrit la porte-parole du ministre, Emma Testani, dans un courriel envoyé au Droit.

Dans une déclaration, le ministre de l’Éducation indique qu’il n’a «pas peur» de s’inspirer des réussites des autres modèles scolaires.

«À l’école Michaela, j’ai constaté une priorité accordée à la réussite scolaire, fondée sur le respect. Lorsque je discute avec des enseignants de l’Ontario, ils sont unanimes: nous devons rétablir la civilité et le respect dans nos écoles. L’AEFO devrait peut-être consacrer plus de temps à ses membres afin de mieux comprendre leurs besoins et leurs attentes», soutient Paul Calandra.

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Mais l’enjeu, ce n’est pas l’école Michaela, précise Gabrielle Lemieux.

«C’est plutôt le fait que le ministre continue de ne pas consulter les expertes et les experts sur le terrain, ici en Ontario», note-t-elle.

Paul Calendra, ministre de l'Éducation
Le ministre Paul Calendra visite une exposition de travaux d’élèves ontariens. Photo: Facebook

Consultations partout

Le bureau du ministre indique qu’il a rencontré des dirigeants «du monde entier» afin de «rapporter des solutions concrètes pour mieux soutenir les élèves de l’Ontario».

Paul Calandra se serait également entretenu avec des représentants de pays francophones au sujet de la possibilité d’une collaboration pour pallier la pénurie d’enseignants de français en Ontario.

Le ministère de l’Éducation assure ne pas avoir l’intention d’ouvrir des écoles à charte en Ontario.

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– avec Lise Denis, Le Droit

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