20 ans plus tard, FrancoQueer voit grand

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Le nouveau conseil d'administration de FrancoQueer: Steve Lapierre (premier mandat), Michel Tremblay (troisième mandat), Achraf El Guedgad (premier mandat), Benjamin Sourisseau (en cours de mandat), Arnaud Baudry (le directeur général). Absents de la photo: Ollie-Frank Ndayisunze (en cours de mandat), Andrew Ranger (en cours de mandat), Laurent Sorrentino (premier mandat). Photos: Nathalie Dufour Séguin, l-express.ca
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Publié 21/09/2026 par Nathalie Dufour Séguin

En 20 ans, FrancoQueer est passé d’une petite initiative communautaire locale à un organisme qui compte aujourd’hui 25 employés et rayonne partout en Ontario. C’est cette transformation qui était au cœur de l’assemblée annuelle des membres, tenue ce samedi 19 septembre au Holiday Inn de la rue Carlton, à Toronto, en personne et en ligne.

Les chiffres donnent une bonne mesure de cette transformation. Entre 2019 et 2025, l’équipe est passée d’une seule personne à 25 aujourd’hui. FrancoQueer a également développé un réseau de 120 bénévoles et obtenu 6,4 millions $ en subventions et contributions au cours de cette période.

Pour Benjamin Sourisseau, membre du conseil d’administration et trésorier sortant, le contraste est frappant. À ses débuts au sein de l’organisme, celui-ci disposait de moins de 60 000 $ de financement et d’un seul employé.

Il se réjouit aujourd’hui de voir FrancoQueer devenir un «organisme incontournable dans le paysage francophone», notamment à Toronto et ailleurs en Ontario.

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Quelques-unes des personnes présentes et en ligne à l’assemblée générale annuelle de FrancoQueer.

Des services qui prennent de l’ampleur

Cette croissance se traduit aussi sur le terrain. En 2025-2026, FrancoQueer a réalisé 659 évaluations des besoins et effectué 3 381 aiguillages vers des ressources adaptées. L’organisme a également organisé 173 activités de connexion communautaire et de réseautage.

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La demande est particulièrement forte du côté des nouveaux arrivants. L’an dernier, 248 personnes ont utilisé les services d’établissement, contre 184 l’année précédente. Le nombre d’interventions individuelles a pour sa part plus que doublé, passant de 567 à 1 160.

Le financement, un enjeu central

Cette croissance apporte toutefois son lot de défis. Pour le directeur général Arnaud Baudry, les services offerts par les organismes communautaires sont des «services d’utilité publique». Il souligne néanmoins un décalage entre l’importance de ces services et la manière dont ils sont financés.

Selon lui, l’organisme doit composer avec des incertitudes à différents paliers de gouvernement, des programmes restructurés et des financements qui demeurent souvent liés à des projets de courte durée.

«Des financements stables, pluriannuels, qui nous permettent de nous focaliser sur la mission de l’organisation», réclame-t-il, plutôt que de devoir constamment chercher de nouveaux microfinancements.

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La secrétaire de l’AGA, le directeur genéral Arnaud Baudry, le président sortant Michel Tremblay et le trésorier sortant Benjamin Sourisseau.

Un trou pour les demandeurs d’asile

La situation est particulièrement visible dans les services aux personnes nouvellement arrivées. FrancoQueer a commencé à structurer ses services d’établissement en 2015, après une étude sur les besoins des personnes francophones LGBTQ nouvellement arrivées.

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Depuis 2020, l’organisme travaille notamment avec le ministère fédéral de l’Immigration pour offrir des services d’établissement aux personnes admissibles.

Mais les critères de financement ne couvrent pas les demandeurs d’asile, laissant selon Arnaud Baudry «un trou de service» — ou plutôt un «trou de moyens» — alors que les besoins peuvent être particulièrement importants.

Vieillir sans retourner dans le placard

Un autre enjeu soulevé durant l’assemblée concerne les personnes LGBTQ vieillissantes. Michel Tremblay, le président sortant qui a aussi été directeur général de la FARFO, la Fédération des aînés, s’interroge sur l’accueil qui leur est réservé dans les milieux de soins de longue durée et les résidences pour personnes âgées.

«Est-ce que nous sommes obligés de laisser l’homosexualité à la porte?», demande-t-il, rappelant que des personnes ayant vécu une partie de leur vie dans le placard ne devraient pas avoir à y retourner en vieillissant.

Il souhaite notamment voir les établissements afficher plus clairement leur ouverture envers les personnes arc-en-ciel.

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Samedi 19 septembre à l’hôtel Holiday Inn de la rue Carlton.

Un nouveau cap jusqu’en 2031

Après avoir fait le bilan de sa croissance, FrancoQueer a présenté son nouveau plan stratégique, intitulé Unir nos forces, élargir nos horizons. Élaboré à la suite d’un processus de consultation, le plan doit accompagner l’organisation dans sa prochaine phase de développement.

Trois grandes orientations structurent cette nouvelle feuille de route: un leadership durable et une culture inclusive; un meilleur enracinement communautaire, avec des services de qualité et un plus grand rayonnement; ainsi que la justice sociale et la transformation collective.

D’ici 2031, FrancoQueer veut consolider son leadership et élargir son rayonnement partout en Ontario.

Grandir sans perdre le lien

Pour Arnaud Baudry, la prochaine étape ne consiste donc pas uniquement à faire grossir l’organisation. Il s’agit aussi de renforcer les services existants, de développer de nouveaux partenariats et d’aider d’autres institutions francophones à mieux répondre aux réalités des personnes LGBTQ.

FrancoQueer a grandi. Son prochain défi sera de continuer à grandir sans jamais perdre de vue ce qui l’a fait naître: la communauté.

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