1,9 million $ du fédéral pour le «Carrefour» de l’Université

Mais la responsabilité ultime incombe à la province

Université de l'Ontario français
Mélanie Joly
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À la veille de l’arrêt du financement provincial du projet d’Université de l’Ontario français (UOF), la ministre fédérale des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a annoncé dimanche soir un investissement de 1,9 million $ pour le développement du «Carrefour» qui devait accompagner le campus.

Dyane Adam, la présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF, accueille chaleureusement cette nouvelle.

Le financement obtenu permettra à l’équipe de mise en oeuvre de l’Université de rester en place. Sans cette bouée de sauvetage lancée par le gouvernement Trudeau, les huit employés se seraient retrouvés sans emploi dès mardi.

Il y a des précédents

Avec cet argent couvrant une année, on mènera une étude de faisabilité et on développera un plan d’affaires en vue de la mise sur pied du Carrefour visant à rassembler diverses institutions francophones sur le futur campus.

«Toronto rêve d’avoir un centre francophone où on peut réunir des acteurs clés de la communauté, où on accueille tous ceux qui veulent vivre et faire vivre le fait français.», affirme Dyane Adam en entrevue à L’Express.

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Université de l'Ontario français
Dyane Adam

Si cette phase d’élaboration du projet était plutôt prévue pour la cinquième année d’existence de l’Université, la source du financement offert la ramène à l’avant-plan. Alors que le financement de l’Université se doit d’être de compétence provinciale, le carrefour, lui, n’a pas forcément à l’être.

«Le fédéral a déjà financé des projets de carrefour similaire dans d’autres communautés francophones minoritaires», rappelle Mme Adam.

On ne perd pas de vue l’Université

Même si le projet de carrefour pouvait voir le jour sans université, selon Dyane Adam, «son moteur, c’est l’université»!

«On ne l’abandonne pas», dit-elle. Avec le financement, son équipe pourra travailler à influencer le gouvernement Ford afin de faire avancer le projet d’université, parallèlement au développement du plan d’affaires du carrefour.

Laissé dans le flou par le gouvernement de l’Ontario, le conseil d’administration de l’UOF envisage aussi de se tourner vers le secteur privé. «On a beaucoup de travail à faire dans l’année à venir, et on va s’activer dans les prochains mois à lancer des campagnes de levée de fond», promet-elle.

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Sous-financement

Sur Twitter, la ministre fédérale insiste sur le rôle essentiel du gouvernement provincial, dans une lettre adressée directement à Caroline Mulroney, la ministre des Affaires francophones de l’Ontario. «Soyons clairs, la responsabilité revient au gouvernement de l’Ontario de mener à bien ce projet», peut-on y lire.

Ontario
Caroline Mulroney

De son côté, le gouvernement Ford n’a pas tardé à réagir. Derrière cette annonce fédérale, Caroline Mulroney voit plutôt un aveu d’Ottawa qu’il «sous-finance» les francophones de l’Ontario.

«Mme Mulroney n’a pas complètement tort», a affirmé Carol Jolin, le président de l’Assemblé de la francophonie de l’Ontario (AFO), en entrevue à L’Express. «C’est 53% des francophones hors Québec qui sont en Ontario, alors que la province ne reçoit que 23% du financement», explique-t-il.

Carol Jolin souligne tout de même l’effort du gouvernement Trudeau, qui a récemment mis en place une importante majoration du Plan d’action sur les langues officielles qui augmente de 20% le montant reçu par les organismes déjà bénéficiaires du programme de Patrimoine canadien.

Au nom de l’AFO, il a aussi qualifié l’annonce de Mme Joly, «d’excellente nouvelle».

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Conversations privées

Dyane Adam avait rencontré lundi matin des membres du personnel du bureau de la ministre des Affaires francophones, ainsi que Marilissa Gosselin, la nouvelle conseillère du premier ministre Ford.

La présidente de l’UOF n’a pas voulu répondre au commentaire de Mme Mulroney, se disant plus intéressée par les discussions sur la concrétisation de l’université.

Marilissa Gosselin

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