Écoterroristes et assassinat numérique

Jean-Jacques Pelletier

Jean-Jacques Pelletier, Deux balles, un sourire, roman, Montréal, Éditions Hurtubise, 2017, 448 pages, 24,95 $.


4 mars 2018 à 9h00

Dans Deux balles, un sourire, de Jean-Jacques Pelletier, trois dirigeants de compagnies minières, le vice-président aux paradis fiscaux d’une grande banque canadienne et un ex-ministre des Ressources naturelles, devenu lobbyiste pour l’industrie minière, trouvent la mort selon un plan savamment orchestré avec des indices dignes d’un Arthur Conan Doyle.

Le Sherlock Holmes, ici, est Henri Dufaux, inspecteur-chef et directeur d’une unité spéciale au Service de Police de la Ville de Montréal. Il est le narrateur du polar et demeure toujours accompagné de Sarah la blonde, Sarah la rousse et Sarah la noire.

Comme dans son précédent roman, Bain de sang, Pelletier remet en scène la directrice du Service canadien du renseignement de sécurité… dans un autre bain de sang. Puisque ce polar inclut une liste et une description des personnages, on sait qu’il y en a 43 et qu’au moins cinq d’entre eux seront assassinés.

Pour pimenter son intrigue, l’auteur imagine des écoterroristes d’un groupe appelé Vert Demain, ce qui n’est pas sans rappeler les Bérets blancs de Gilberte Côté-Mercier et le journal Vers demain (1939) du Crédit social, et des meurtres signés d’une pièce de cinquante dollars en or laissée dans la bouche.

Les thrillers de Jean-Jacques Pelletier abordent toujours des thèmes comme l’embrigadement idéologique, la manipulation des individus et des foules, ainsi que les différentes formes d’exploitation de l’homme par l’homme. Selon lui, tout le monde a quelque chose à cacher à la police, même les innocents. Tous donnent «du faux» lors des interrogatoires menés par l’inspecteur Dufaux.

Il se boit beaucoup d’alcool dans ce roman. Dufaux penche vers la bière Mad & Noisy, tandis qu’une des Sarah déguste le vin saint-estèphe. Les goûts ne se discutent pas, bien entendu. Ce qui peut varier aussi, c’est la priorité que la police accorde au droit du public… de savoir vs d’être protégé.

Le personnage Henri Dufaux jouit d’un traitement assez particulier dans ce polar où des victimes sourient après avoir reçu deux balles dans la tête. L’inspecteur-chef fait l’objet d’un «assassinat numérique». À un moment de l’intrigue, son identité disparaît complètement: carte de santé, permis de conduire, comptes bancaires, cartes de crédit… Il a même droit à un certificat de décès!

Jean-Jacques Pelletier sait doser son récit d’ingrédients aussi variés que la rivalité/hostilité de collègues policiers, les magouilles de la haute direction et le harcèlement informatique, voire l’intervention d’une équipe SWAT (Special Weapons And Tactics) contre l’inspecteur-chef. La description des faits est souvent épicée, mais l’arôme de l’intrigue demeure toujours enivrant. On ne s’ennuie jamais avec cet as du triller québécois.

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