Voitures électriques: le marché canadien manque d’énergie

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Le réseau de recharge Ivy, en Ontario, doit compter plus de 160 bornes pour voitures électriques d’ici la fin de 2021. Photo : Devin Arthur
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Le marché canadien des voitures électriques a le potentiel de grandir rapidement, mais de gros défis se dressent devant lui.

La pandémie de la CoViD-19 a nui de façon importante à l’approvisionnement des concessionnaires du pays, et les ventes ne suivent pas les tendances perçues dans d’autres pays d’Europe ou d’Asie.

D’après un rapport de la firme Dunsky publié l’an dernier, les deux tiers des concessionnaires au Canada n’offraient pas de telles voitures. En conséquence, il est difficile de trouver un véhicule écologique à l’extérieur de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec.

La demande se cultive

Le président-directeur général de Mobilité électrique Canada (MEC), Daniel Breton, souligne que la demande ailleurs au Canada n’est pas au même niveau que dans ces provinces. Les fabricants choisissent d’envoyer des véhicules «verts» aux endroits où ils auront le plus de chance d’être vendus.

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Daniel Breton

Selon lui, il faut éduquer davantage les consommateurs pour leur montrer les économies qu’ils peuvent réaliser avec un tel achat.

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«Les gens ne calculent pas le coût total de propriété», explique M. Breton. «C’est-à-dire qu’ils vont dire « ça me coûte tel montant par mois, donc si je veux acheter un véhicule électrique équivalent ça me coûtera plus cher ».»

«Cependant, ils ignorent le fait que les coûts d’énergie sont moins chers, de même que ceux d’entretien et d’assurance. De plus, la valeur de revente est plus élevée. En calculant le coût total de propriété, souvent les voitures électriques sont égales ou moins chères que celles à essence.»

L’industrie dépend de l’innovation

Les gouvernements de l’Ontario et du Canada se sont engagés à appuyer un projet de Ford au coût de 295 millions $ chacun pour la construction d’une usine dédiée à la fabrication de voitures électriques à Oakville.

Pour sa part, General Motors a conclu une entente d’un milliard de dollars avec le syndicat Unifor pour refaire son usine à Ingersol, en Ontario, afin d’y produire des voitures électriques.

De tels projets donnent espoir à Daniel Breton. Il croît qu’ils pourraient assurer la pérennité de l’industrie automobile au Canada.

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Lente transition

«Il faut avoir une transition, affirme le PDG de MEC. Le Canada est passé du 4e au 12e rang mondial, de 2000 à 2020, pour la quantité de véhicules produits. Plus ça va, plus on perd des plumes. […] Ce sont des initiatives comme ça qui feront en sorte qu’il y aura encore un secteur dans 10, 15 ou 20 ans.»

Selon un rapport publié en décembre 2020, Mobilité électrique Canada prévoit qu’environ un demi-million d’emplois «propres» seront créés d’ici 2030, dont près de la moitié dans le secteur des transports moins polluants.

De plus, l’organisme avance que «les recettes attendues des ventes de voitures et de camions légers électriques, d’autobus urbains électriques, d’autobus scolaires électriques, de camions électriques, d’infrastructures de recharge et d’électricité pourraient s’élever à plus de 190 milliards $» si le Canada suit dans les pas de la Californie, de la Colombie-Britannique et du Québec.

Au Salon de l’auto de Toronto, en février 2020, Hyuandai présentait plusieurs modèles électriques, notamment la Ioniq, aussi disponible en hybride.

L’Ontario élimine les rabais

Dans certaines provinces du Canada, il faut avoir une infrastructure qui facilite l’utilisation pour convaincre le public.

L’élimination des rabais sur les véhicules électriques, décidée par le gouvernement de l’Ontario en 2018, a eu un effet sur l’accessibilité de ces voitures.

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En l’absence d’un incitatif pour encourager les consommateurs à choisir une option écologique, les ventes de nouveaux véhicules ont chuté. De 2018 à 2019, d’après Statistique Canada, celles des voitures électriques à batterie ont baissé de 33% et celle des hybrides rechargeables ont baissé de 64%.

Un premier premier véhicule électrique pour Porsche: une berline 4 portes.

Infrastructure de ravitaillement

La porte-parole du ministère ontarien des Transports, Natasha Tremblay, réitère toutefois que la province s’est engagée «à éliminer les obstacles réglementaires qui empêchent les investisseurs privés de déployer une infrastructure de ravitaillement qui contribuera à accroître l’adoption de véhicules électriques».

Hydro One, qui appartient partiellement à la province, et Ontario Power Generation, ont depuis lancé le projet Ivy Recharge Network, révélé en février 2020 lors du Salon de l’auto de Toronto. D’ici la fin de 2021, le réseau comptera plus de 160 bornes de recharge dans 73 communautés situées à des intervalles d’environ 100 kilomètres à travers l’Ontario.

La coprésidente du projet, Theresa Dekker, indique qu’il reste un peu plus de 130 sites à compléter. Elle ignore pour le moment à quel point les bornes ont été utilisées depuis leur installation.

Le gouvernement du Canada a également créé un programme d’incitatifs à l’achat de véhicules électriques qui doit s’étendre jusqu’en avril 2022.

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