Vermeer, génie dans l’ombre mis en lumière

VERMEER et les maîtres de la peinture de genre, Coédition musée du Louvre/Somogy éditions d'Art, 2017, relié, 30 x 24 cm, 175 illustrations dont plusieurs en pleine page, 448 p. La couverture reproduit La Laitière, huile sur toile, 45,5 × 41 cm, 1854, Rijksmuseum d'Amsterdam ou p. 355 du livre.
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On a pendant longtemps vu le peintre Vermeer dans l’ombre des autres maîtres du XVIIe siècle et comme un énigmatique peintre solitaire. Et le surnom qui lui a été attribué au XIXe siècle, «le sphinx de Delft», sa ville natale, n’a pu que conforter cette vue étroite et étriquée d’un génie universel.

L’exposition, qualifiée d’événement, qui se tient au musée parisien du Louvre jusqu’au 22 mai, sous le titre Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, et le merveilleux livre d’art des éditions Somogy qui l’accompagne, démontrent le contraire en mettant Vermeer en lumière dans un réseau d’artistes de son époque.

L’époque des Provinces-Unies des Pays-Bas

Johannes ou Jan Van der Meer, dit Vermeer, a été baptisé à Delft le 31 octobre 1632.

Delft, une ville des Pays-Bas, faisait alors partie de la République des sept Provinces-Unies des Pays-Bas ou Provinces-Unies devenues autonomes en s’affranchissant de la tutelle espagnole en 1581, par l’Acte de La Haye. Et Vermeer sera inhumé dans cette ville le 15 décembre 1675.

Le père de Johannes avait appris le métier de tisserand à Amsterdam, où il s’était marié en 1615, avant de venir s’installer à Delft. Le couple a eu deux enfants: une fille, née en 1620, et Johannes, né en 1632. À partir de 1625, le père devient également aubergiste.

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Mais les activités du père de Johannes ne se limitent pas là. Il devient aussi marchand d’art, ce qui devait probablement s’associer facilement avec ses activités d’aubergiste.

Il se trouve en relation avec des artistes et amateurs d’art, comme d’ailleurs certains documents en font état. L’enfance de Johannes se déroule donc sous les influences de ces multiples activités paternelles.

Formation artistique

On ne connait la formation artistique de Johannes que par déduction, et plusieurs hypothèses ont été émises.

On suppose que le jeune Johannes a entamé celle-ci vers la fin des années 1640, puisqu’il est admis comme maître à la Guilde de Delft le 29 décembre 1653, et qu’il était pour cela requis d’avoir suivi une formation de quatre à six ans chez un maître reconnu.

Les relations paternelles avec des artistes ont certainement eu également une influence sur Johannes, tout comme le métier de son père, maître tisserand de caffa, une riche étoffe de soie mêlée de laine et de coton. On trouve dans les tableaux du fils des souvenirs de ce qu’il a pu voir: tapis, nappes, rideaux.

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37 toiles

Membre de la Guilde de Saint-Luc, une organisation coopérative de peintres, de graveurs, de sculpteurs et d’imprimeurs de la Renaissance, Vermeer se considère désormais comme un peintre et s’adonne à son art.

Il travaille lentement, ne réalisant guère plus de trois tableaux par an, et on ne connait de lui que 37 toiles.

Vermeer commence sa carrière en peignant des sujets religieux ou mythologiques comme Diane et ses compagnes, Le Christ dans la maison de Marthe et Marie, des grands formats relevant de la peinture d’histoire. Il peint quelques allégories, paysages, la ville de Delft.

Mais l’essentiel de ses œuvres consiste en petits formats illustrant des scènes de genre, donc des scènes familières ou anecdotiques: amour, vin, bijoux, musique, lettre, sans oublier d’autres thèmes: La Dentellière, La Laitière, L’Astronome, Le Géographe et quelques portraits.

L’ouvrage d’art

Oublié dans l’histoire de l’art ou n’y occupant qu’une place secondaire au profit d’autres maîtres, Vermeer est maintenant dans la lumière de l’exposition du Louvre, qui connait un grand succès en présentant 12 de ses chefs-d’œuvre, et de l’ouvrage des Éditions d’art Somogy.

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Ce livre d’art remarquable nous fait découvrir Vermeer et son génie, avec une mise au point sur les préjugés qui avaient prévalu à son sujet. Cet ouvrage original permet de se rendre compte que «ce génie universel s’inscrivait dans un riche réseau d’influences, très loin du splendide isolement avec lequel il fut longtemps associé».

L’ouvrage s’ouvre en effet par un texte illustré de 24 pages, Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, suivi d’autres essais qui situent Vermeer en son temps et dans ses relations avec d’autres peintres. «Ces peintres, actifs à Leyde, Deventer, Amsterdam ou Delft, ont eu connaissance du travail des uns et des autres.»

Après ces textes explicatifs. se trouve la partie magistrale de l’ouvrage, les œuvres de Vermeer ou de ses contemporains. Elles sont classées par catégorie et reproduites en plaine page avec une notice explicative. On ne peut qu’être émerveillé par ces tableaux, mais aussi par le travail d’édition qui nous met sous les yeux tant de chefs d’œuvre.

Publié à l’occasion de l’exposition que lui consacre le Louvre, cet ouvrage d’art nous dévoile enfin le plus mystérieux et célèbre désormais des maîtres de la peinture de genre du Siècle d’or néerlandais (1584-1702), don les toiles les plus célèbres suscitent à travers le monde une ferveur inégalée. C’est bien un livre inoubliable!

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