Valoriser l’esprit critique chez nos jeunes

Une mission du Salon du livre de Toronto

Natasha Pilotte, artiste illustratrice, raconte une histoire à l'aide de marionnettes qu'elle a elle-même confectionnées au Salon du livre de Toronto, qui a débuté mercredi et se termine samedi au 2e étage de la Bibliothèque de réference.


1 décembre 2017 à 17h46

De plus en plus de jeunes adhèrent à des théories du complot, trouvées sur Internet, selon Valery Vlad, président du Salon du livre de Toronto, qui a lieu jusqu’à samedi à la grande Bibliothèque de référence, sur Yonge au nord de Bloor.

«Quand on regarde le monde aujourd’hui, on se rend compte que l’ignorance et l’intolérance gagnent du terrain», explique-t-il d’un ton grave. «Si l’on ne fait rien, on rencontrera bientôt chez nous les mêmes problèmes que nos voisins américains.»

Développer l’esprit critique des jeunes, c’est un défi qu’on a lancé urbi et orbi au Salon jeudi dernier, lors d’une activité spéciale dédiée aux bibliothécaires scolaires.

Valéry Vlad, président du Salon du Livre, et Paul Savoie, directeur
Valéry Vlad, président du Salon du livre, et Paul Savoie, directeur général.

Points de vue et opinions

D’après le directeur du Salon du livre, Paul Savoie, un auteur qui est aussi enseignant, les élèves sont de plus en plus gênés quand on leur demande de donner leur point de vue sur, par exemple, leurs interprétations propres des œuvres qu’ils lisent dans leurs cours.

Ils ne comprennent parfois pas l’intérêt d’une telle question.

On propose donc de créer des groupes composés de psychologues, d’enseignants et de bibliothécaires, dont la mission serait d’aller dans les écoles présenter aux élèves une sélection de livres qui, selon eux, peuvent aider à développer l’esprit critique et le libre-arbitre des jeunes.

Plus de questions que de réponses

«Comment le livre peut venir en aide aux jeunes? Comment peut-il être plus efficace?», demande Valéry Vlad. Selon lui, «lire ne suffit plus, il faut que le livre apporte quelque chose aux jeunes.»

Ce projet qu’ils ont en têtes depuis deux ans se concrétise doucement.

À des enfants de quel âge s’adresse ce projet? Comment seront organisées ces présentations? Quelle sélection de livres? Ces questions restent en suspend, mais le projet du Salon du livre est en voie de concrétisation, puisqu’ils ont déjà trouvé des partenaires comme le Centre de la Francophonie des Amériques, qui accepte de mettre à leur disposition 500 000 titres numériques en français libres de droits.

TFO, Radio Canada et le Conseil scolaire public Viamonde seraient également parties prenantes du projet, qui a reçu un accueil chaleureux des bibliothécaires et enseignants présents.

Recto verso

Par ailleurs, les professionnels de l’éducation et des bibliothèques ont pu assister à ce 25e Salon du livre de Toronto à des présentations des sorties littéraires automnales du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (RECF) et de Bayard Canada.

Bayard Canada a un projet pour les jeunes élèves en école d’immersion: la collection Oser Lire, pas encore sur le marché.

Le but est de proposer aux anglophones de 12 ans et plus, en apprentissage du français, des romans adaptés à leur niveau de langue: phrases simplifiées, typographie augmentée, mise en page non justifiée pour loger une phrase par ligne…

Mais surtout, la particularité des livres de la collection Oser Lire est qu’ils contiennent deux parties, recto et verso. La première, Oser, est la version courte et simplifiée du roman. La seconde, Lire, la version complète, dans laquelle se plongera le jeune qui aura «osé» lire la première partie.

Enfin, le directeur général du REFC a présenté la nouvelle peau de son organisme: un nouveau nom plus inclusif (autrefois le Regrouprement des éditeurs canadiens-français, RECF), et un nouveau slogan: «Lire sous la couette, d’un océan à l’autre».

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