Vacances: l’échange de maison de plus en plus populaire


29 juillet 2014 à 10h07

En expansion constante depuis leur création, les échanges de maisons sont devenus en quelques années un phénomène de société pour les vacanciers soucieux de leur budget, et désireux de tenter une expérience différente des traditionnels hôtels. Vous n’avez pas encore planifié votre mois d’août? Il n’est pas trop tard pour découvrir cette formule atypique et conviviale et ses nombreux avantages.

Avec 54 000 membres actifs, répartis dans plus de 150 pays à travers la planète, HomExchange – ou son pendant francophone TrocMaison.com – représente le leader international des échanges de maisons en ligne.

Le principe est simple comme nous l’a expliqué William Heinzer, responsable du site TrocMaison.com: «Je suis chez vous pendant que vous êtes chez moi. C’est un peu comme un site de rencontre, mais pour maisons!»

Sur le site, il vous suffit de rentrer la destination de votre choix pour accéder à une liste de particuliers vous proposant d’échanger leur maison avec la vôtre pour la durée de votre choix. Naviguer sur TrocMaison.com vous permet d’avoir accès à l’offre disponible sur Homexchange ou encore Boligbytte.com, la version norvégienne.

L’abonnement au site s’élève à 124$, «le prix d’une nuit d’hôtel pour deux» plaisante William Heinzer, et vous permet de faire autant d’échange que vous voulez, pour la durée que vous voulez, pendant un an. Par la suite, aucune transaction financière supplémentaire ne vient s’ajouter. «Cela permet aussi aux locataires de s’inscrire sur TrocMaison.com, car ça ne peut en aucun cas être assimilé à de la sous-location.»

Mais qui échange sa maison donc? Si selon l’étude menée par l’Université de Bergame sur le site HomeExchange.com permet de repérer un profil type – entre 45 et 54 ans, ayant fait des études supérieures et avec des enfants – la variété des usagers est surprenante. «Tout le monde s’y retrouve dans ce site», déclare William Heinzer, «les échanges vont du studio au château, du weekend à l’année!»

Les pionniers: les profs

L’idée d’échanger sa maison pour les vacances ne date pas d’hier. Le concept trouve son origine dans les années 50, dans les milieux universitaires. Disposant de longues vacances, mais d’un budget relativement réduit, les professeurs d’université lancèrent des sortes de bottins leur permettant d’entrer en relation les uns avec les autres et d’échanger leurs habitations. Avec le temps, le réseau s’étends au professeur des écoles, puis au reste de la population.

Dans les années 90, Ed Kushin, le créateur d’HomeExchange.com, prends conscience du nombre considérable d’avantages qu’offre l’échange de maison et décide de lancer en 1992 «Trading Home International», un annuaire papier qui deviendra ensuite le site internet qu’on connaît aujourd’hui. En 2005, la version francophone sur site fait son apparition, puis tout s’enchaîne et, aujourd’hui, on retrouve le site en une quinzaine de langues différente.

En 2012, Ed Kushin lance HomeExchangeGold.com, premier site (anglophone) dédié à l’échange de résidences de luxe.

Chaque année, le réseau connaît une expansion d’en moyenne 20%. Pour William Heinzer, c’est le marqueur d’un changement de société plus global, avec l’explosion de la consommation collaborative grâce aux nouveaux moyens de communications comme internet. «On a fait ce qu’on appelle aujourd’hui de l’économie de partage depuis le début sans même le savoir. Aujourd’hui, on se trouve au cœur de cette vague.»

Une autre façon de voyager

Car si la motivation principale pour l’échange de maison est l’aspect financier, le concept va bien au-delà. C’est une immersion totale dans la culture d’un pays, dans l’atmosphère d’un endroit, qui est proposé.

Le système, bien huilé et amélioré au fil des années, permet à présent de trouver des maisons «par affinité», ainsi, «les golfeurs trouvent des maisons sur des parcours de golf, les surfeurs des spots inédits et les gourmands des cuisines bien équipées.»

Pour William Heinzer, c’est un système de convivialité qui n’existe pas dans d’autres formules. «Vous vivez à Toronto, on imagine alors que vous allez partager le plaisir que vous avez à vivre dans cette ville, les bons plans que vous avez accumulés au fil des années, le petit restaurant qui ne paye pas de mine ou encore la plage bien cachée loin des touristes. Et on imagine que la personne avec qui vous échangez votre maison fera de même en retour.»

Aux yeux du responsable de TrocMaison.com, «c’est une expérience plus authentique de l’endroit où vous passez vos vacances.»

Les inconnus

Bien sur, prêter sa maison à un «inconnu» peut sembler un peu osé. «Brutalement, ça peut faire très peur», se souvient William Heinzer. «J’ai mis trois mois à convaincre ma femme de faire notre premier échange! Néanmoins, il faut se souvenir que ‘l’inconnu’ qui va venir dans votre maison n’en est pas vraiment un, et que vous serez vous même dans sa maison au même moment.»

En effet, chaque échange de maison est précédé par plusieurs échanges de courriels, de photos, d’informations sur les interlocuteurs. La plupart des usagers choisissent également de se rencontrer juste avant d’échanger la maison, à l’aéroport ou ailleurs, le temps d’échanger quelques recommandations et de mettre un visage sur la personne qui vivra chez vous pendant les vacances. «En 20 ans d’existence, nous n’avons jamais eu de vols, pas même un seul», précise William Heinzer, «et pour ce qui est des dégradations – très rares – les 2 parties signent un contrat au préalable où elles s’engagent à rembourser les dégradations qui pourraient arriver pendant le séjour.»

La formule paraît donc idyllique, à condition de vouloir passer la durée entière de ses vacances au même endroit. Si l’aventure vous tente, «il n’est pas trop tard pour cet été!», et le Canada se place comme 5e destination la plus demandée.

Avec plus de 11 000 francophones sur le réseau, il est facile de faire un échange en français.

«Les cottages au bord d’un lac marchent très bien», déclare William Heinzer, «l’avantage d’une résidence secondaire, c’est qu’on peut faire des échanges n’importe quand.» Pas besoin de partir à l’étranger non plus si vous ne le désirez pas. «En France 70% des premiers échanges se font à l’intérieur du pays», explique William Heinzer.

Pour des vacances qui changent: www.trocmaison.com/fr/

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