Université de l’Ontario français: le mouvement associatif n’abandonne pas la provincialisation

Quel rôle jouera l'Université d'Ottawa dans le «réseau» de l'Université de l'Ontario français à Toronto?


7 septembre 2017 à 13h55

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) accordent un appui conditionnel au rapport du Conseil de planification pour une université de langue française (présidé par Dyane Adam), diffusé la semaine dernière, auquel le gouvernement libéral a promis de donner suite.

La condition en question: une gouvernance, «par et pour» les Franco-Ontariens, de tous les programmes universitaires de langue française offerts aujourd’hui et demain à travers la province, ont expliqué Carol Jolin (AFO), Josée Joliat (RÉFO) et Pablo Mhanna-Sandoval (FESFO) au cours d’une conférence de presse électronique mercredi.

Carol Jolin, Josée Joliat, Pablo Mhanna-Sandoval
Carol Jolin, Josée Joliat, Pablo Mhanna-Sandoval

Les trois porteurs du projet d’université franco-ontarienne ces dernières années ont aussi écrit aux ministres Marie-France Lalonde (Affaires francophones) et Deborah Matthews (Enseignement supérieur) pour les féliciter de leur diligence et partager avec elles quelques «inquiétudes».

Le gouvernement libéral a promis de déposer très bientôt un projet de loi qui créera formellement la nouvelle université, dont l’établissement coûterait autour de 80 millions $ et dont le fonctionnement reviendrait à 40 millions $ par année.

Carrefour

Son campus, bâti dans le secteur riverain Est du centre-ville de Toronto, permettrait aussi d’accueillir, à partir de 2020, l’antenne torontoise du Collège Boréal, TFO, le Théâtre français de Toronto et d’autres partenaires qui en feraient un important «Carrefour francophone» tant pour les étudiants que pour le grand public.

Dyane Adam avait le mandat de recommander une université pour Toronto et le Centre-Sud-Ouest, où très peu de jeunes francophones poursuivent des études supérieures en français comparativement au Nord et à l’Est de la province. Mais elle a proposé que la nouvelle institution soit au centre d’un réseau d’universités «mentors» et «affiliés», des notions qui restent «floues» selon l’AFO, le RÉFO et la FESFO.

Les trois présidents continuent de trouver «problématiques» les institutions bilingues dans le Nord (Universités de Sudbury, Laurentienne) et l’Est (Université d’Ottawa). Ils demandent au gouvernement «d’inclure dans son plan les démarches menant vers une gouvernance ‘par et pour’ à l’ensemble de la province»…

«Rappelons que les écoles secondaires francophones n’ont pas vu le jour sans toucher aux écoles secondaires bilingues. Nul n’aurait considéré de créer un conseil scolaire francophone, tout en préservant les conseils bilingues. La Cité et Boréal n’auraient pu réussir si les collèges Algonquin et Cambrian avaient continué d’enseigner en français et avaient maintenu l’exclusivité de leurs programmes»…

Indépendance

À Toronto, ils proposent de «réserver l’exclusivité de l’offre de programmes en français à l’Université de l’Ontario français». Donald Ipperciel, le principal de Glendon, le campus bilingue de l’Université York, veut lui aussi éviter les dédoublements de programmes entre sa faculté de 2700 étudiants et la nouvelle institution, qui attirerait également entre 2000 et 3000 étudiants d’ici une quinzaine d’années.

Dyane Adam
Dyane Adam

«La réflexion du Conseil de planification sur le Conseil de gouvernance et le Sénat de l’Université de l’Ontario français, ainsi que sur son indépendance, mérite une appréciation sincère», complimentent par ailleurs les trois présidents. Bravo aussi pour l’idée du «Carrefour francophone des savoirs et de l’innovation: les francophones et francophiles auront leur quartier où se rassembler et exceller dans la métropole économique du pays».

L’AFO, le RÉFO et la FESFO demandent que le comité de mise en œuvre de l’UOF comprenne des membres jeunesses et communautaires nommés par eux, ainsi que «des universitaires franco-ontariens maîtrisant le dossier de l’université» et d’autres experts qui valideraient la pédagogie «décloisonnée» et «transdisciplinaire» proposée par Dyane Adam.

Ils veulent aussi que l’on veille à la représentativité de toute la province dans le comité.

«La communauté franco-ontarienne veut s’assurer de la réussite de ce projet qui lui tient à coeur», résument Carol Jolin, Josée Joliat et Pablo Mhanna-Sandoval.

Le secteur riverain de l'Est du centre-ville de Toronto est privilégié par le comité de planification de l'université franco-ontarienne. (Illustration: un des projets de Waterfront Toronto)
Le secteur riverain de l’Est du centre-ville de Toronto est privilégié par le comité de planification de l’université franco-ontarienne. (Illustration: un des projets de Waterfront Toronto)

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