Une première patate douce canadienne


24 avril 2017 à 20h23

La première variété de patate douce du Canada devrait être commercialisée l’an prochain, et des travaux sont en cours afin de veiller à ce que les producteurs canadiens aient accès à des boutures produites ici même.

Pour contribuer à satisfaire la demande grandissante de patates douces au Canada, des chercheurs du centre de recherches Vineland, près de St. Catharines, sont en train de mettre au point de nouvelles variétés adaptées au climat frais et à la saison de croissance courte de notre pays.

Au Canada, environ 1 700 acres sont consacrés à la culture de ce tubercule aux effets bénéfiques sur la santé (principalement dans le comté de Norfolk, en Ontario), mais on utilise exclusivement des variétés à cycle long importées du Sud des États-Unis.

C’est aussi de cette région que proviennent les boutures de patate douce que les producteurs canadiens mettent en terre chaque printemps, mais il y a parfois des pénuries et la qualité peut être compromise.

Savoir-faire américain

«Les producteurs canadiens de patates douces utilisent des propagateurs et des programmes de sélection importés des États-Unis parce que nous ne disposons pas des infrastructures et des variétés adaptées de ce côté-ci de la frontière», explique Viliam Zvalo, chercheur scientifique de Vineland.

«De plus, la multiplication des boutures doit commencer en mars, période de l’année où le sol peut être encore gelé au Canada. Notre défi est de déterminer comment assurer nous-mêmes la production pour pouvoir fournir aux producteurs canadiens des boutures de qualité à prix abordable.»

Les producteurs paient actuellement entre 5¢ et 15¢ la bouture, selon la variété, l’offre du marché et le volume qu’ils achètent. La production de boutures au Canada devra être concurrentielle pour être fructueuse.

Serres chauffées

Aux États-Unis, les producteurs bouturent de petites patates dans des champs et des serres tunnels, puis ils font pousser les plants. Mais au Canada, en raison des températures plus fraîches, les producteurs devraient effectuer ce travail dans des serres chauffées, ce qui entraînerait des coûts accrus.

L’année dernière, M. Zvalo et son équipe ont entrepris des essais de multiplication des boutures dans la serre de Vineland, et ils mèneront des essais sur un tapis chauffé couvert à partir de ce printemps.

Les chercheurs produisent aussi des jeunes plants à partir de boutures de patate douce en phase végétative; les boutures prennent racine, puis elles sont taillées plusieurs fois pour produire un «plant mère» qui forme des racines, lesquelles deviennent elles-mêmes des boutures.

La troisième méthode fait l’objet d’essais à l’aide d’un système de bacs superposés à éclairage DEL à partir de petites patates ou de boutures.

«Je ne pense pas qu’il y ait un système unique pour le Canada; nous aurons probablement un système hybride selon l’espace en serre, le volume de production et le marché des boutures. Le système variera d’un endroit à l’autre», avance M. Zvalo.

Débouché prometteur

La multiplication des boutures représente un débouché prometteur. Les patates douces produites au Canada représentent moins du quart de la consommation nationale. En 2015, 51,8 millions de kilos de patates douces évalués à 52,7 millions $ ont été importés au Canada.

Selon M. Zvalo, 8 000 acres supplémentaires seront nécessaires pour remplacer ces importations, et comme il faut entre 12 000 et 15 000 boutures par acre, l’industrie aura besoin de 125 millions de boutures par année, ce qui représente un débouché possible d’environ 12,5 millions $ pour les multiplicateurs en supposant un prix moyen de dix cents la bouture.

«Nous espérons qu’une grande partie des 8 000 nouveaux acres à l’échelle nationale sera consacrée à des boutures et à des variétés canadiennes», dit-il. «Si nous arrivons à commercialiser une variété à cycle court à temps pour l’Action de grâces, période de l’année où la demande de patates douces est particulièrement élevée, ce sera un franc succès pour l’industrie canadienne de la patate douce.»

Les travaux de multiplication menés à Vineland sont financés par le partenariat entre le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario et l’Université de Guelph.

sweet-potato-plants-growing-at-vineland-1024x683

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Les langues officielles ont leur ministère

Mélanie Joly s'occupera aussi de la Francophonie et du Tourisme
En lire plus...

18 juillet 2018 à 17h37

Des portraits d’écrivains qui juxtaposent le réel et le surréaliste

Face à face
Face à face avec Mathieu Laca à la galerie Thompson Landry
En lire plus...

18 juillet 2018 à 12h00

Les araignées utilisent l’électricité de l’air pour voler

Ça intriguait déjà le jeune Darwin
En lire plus...

18 juillet 2018 à 7h00

CAH et le lobby des aînés: FARFO s’parler

Centres d'Accueil Héritage
Prêts pour le «tsunami gris»?
En lire plus...

17 juillet 2018 à 14h24

Une virée à Wasaga Beach

wasaga beach
Des plages qui respirent les vacances et la famille
En lire plus...

17 juillet 2018 à 12h00

Le seuil de l’hypertension est incertain

hypertension
Entre 120 et 140: le chiffre magique
En lire plus...

17 juillet 2018 à 7h00

Succès de la fête torontoise de la Bastille

Wychwood Barns
Un événement annuel redynamisé
En lire plus...

16 juillet 2018 à 12h00

Un capteur contre le dopage technologique

cyclisme
Un capteur détecterait le champ magnétique d’un moteur caché dans un vélo
En lire plus...

Raymond Brousseau nous fait découvrir l’art inuit

Raymond Brousseau
Important don du collectionneur et peintre au MNBAQ
En lire plus...

15 juillet 2018 à 11h00

Quand un écrivain n’est plus cru, il est cuit !

Le premier roman de Claude La Charité s’intitule Le meilleur dernier roman. Ça ne s’applique pas au livre qu’on lit mais plutôt à un...
En lire plus...

15 juillet 2018 à 9h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur