Une fin de semaine pour se rapprocher entre jeunes francophones du pays

En amont du sommet de juin

Une partie des jeunes Québécois et Franco-Canadiens présents à Québec les 28 et 29 février.
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En amont du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes qui aura lieu les 16 et 17 juin 2020, une rencontre entre une cinquantaine de jeunes Québécois et Franco-Canadiens s’est déroulée en fin de semaine à Québec. Une façon pour le gouvernement du Québec d’écouter sa jeunesse et celle de ses voisins provinciaux.

À l’initiative du Centre de la francophonie des Amériques et de la Fédération jeunesse canadienne-française (FJCF), avec le soutien du Secrétariat aux affaires canadiennes et LOJIQ (Les Offices jeunesse internationaux du Québec), la rencontre servait à permettre à des jeunes de la FJCF de rencontrer des homologues du Québec choisis par le Centre.

Ils étaient en quelque sorte des «sherpas» en vue de la rencontre de juin, qui réunira à Québec 300 leaders issus des francophonies canadiennes et québécoise.

La directrice du Centre, Johanne Whittom devant la table d’honneur: Sue Duguay, Michel Robitaille, Mathieu Lévesque, Benoît Pelletier.

Pour l’avenir

«C’est vous qui allez décider si on continue de parler français», leur a dit le président du conseil d’administration du Centre, Michel Robitaille. «Vous êtes une force présente et vous êtes aussi l’avenir.»

Les jeunes francophones ont aussi eu l’occasion d’entendre Mathieu Lévesque, député et adjoint parlementaire de Sonia Lebel, la ministre québécoise responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.

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Pour sa part, le conférencier Benoît Pelletier, professeur à l’Université d’Ottawa et fondateur du Centre, n’a pas manqué de mentionner aux jeunes certaines paroles de Louis-Hippolyte Lafontaine, politicien québécois qui siégea au sein du parlement de la province du Canada uni dans lequel on interdisait le français.

Le 13 septembre 1842, à l’occasion de son premier discours, au moment où on lui demande de parler en anglais, Lafontaine rétorque qu’il n’en fera rien: «Je le dois à mes compatriotes. Je le dois à moi-même.»

Compréhension de la francophonie

Ceux qui portent «le flambeau de la francophonie au Canada», selon Mathieu Lévesque, ont donc pris la parole toute la journée de samedi. En petits comités, ils ont tout d’abord échangé sur leurs réalités.

Certains thèmes, comme la valeur ajoutée du français ou encore certaines actions menées par les différents conseils jeunesse au Canada, ont été à la fois débattus, mais surtout partagés.

La présidente de la FJFC, l’Acadienne Sue Duguay, s’est dite «éblouie» par ce qu’elle a entendu au cours du weekend. Selon elle, en partageant sur leur vécu, les participants ont eu «une meilleure compréhension de ce qu’est la francophonie». Elle a apprécié la curiosité des gens.

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Sue Duguay

L’union fait la force

De son côté, Taylor Morrison, présidente de l’Association jeunesse fransaskoise, faisait le parallèle entre la francophonie canadienne et un casse-tête.

«Une seule province ou un seul territoire, ça ne peut pas être suffisant; il faut que toutes les pièces soient là.» Elle a souligné chez les jeunes participants présents le besoin d’être uni et «de changer la manière de penser» quand on parle de francophonie entre le Québec et le Canada.

Ouverture

«Je m’attendais à ce qu’il y ait plus de tension. Mais très rapidement, on a pris conscience qu’on avait besoin d’ouverture, d’entraide.»

«On a appris à se connaitre», confirme Noah Rondeau, le président du Conseil jeunesse de la Colombie-Britannique. En spécifiant que la francophonie est encore toute jeune «et très diversifiée» dans sa province, il souhaitait mettre de l’avant «notre expertise en matière de construction identitaire».

L’étudiant en ingénierie électrique à l’Université de Victoria estime que le défi «est d’offrir à tout le monde, francophones et ceux en immersion, des activités qui vont rassembler».

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Spécificités de chacun

Tous les gens réunis dans la capitale du Québec sont déjà tous engagés ou ont à cœur la francophonie. Difficile de trouver quelqu’un qui va parler d’assimilation, même du côté québécois.

Charles-Henri Lagacé est étudiant en éducation à l’Université de Sherbrooke. Cet ancien du parlement jeunesse de la FJCF croit qu’il faut «reconnaitre les spécificités de chacun afin d’être inclusifs».

Québécois privilégiés

Selon lui, la rencontre de Québec aura permis, notamment aux Québécois «de prendre conscience qu’on est privilégiés». Que tous les francophones au Canada n’ont pas nécessairement le loisir de faire leur épicerie en français.

Cela étant, comme l’a rappelé Sue Duguay, «peut-être qu’il existe un fossé entre les francophones au Québec et hors Québec, mais à partir du moment qu’on réalise qu’il y a un fossé, c’est déjà un plus!»

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