Une carrière avec les forces de l’air

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Publié 27/02/2006 par Marta Dolecki

Adolescent, Daniel Lachance se souvient que tous les jeunes de son âge souhaitaient faire un métier «cool», rêvant d’être astronaute ou encore pilote de course. Lui aussi partageait avec ses camarades un goût prononcé pour l’aventure, a-t-il raconté lors d’une conférence donnée jeudi dernier au Collège Glendon dans le cadre de Francoscope.

Une fois ses études terminées, Daniel Lachance a déposé sa candidature pour être pilote au sein des Forces armées canadiennes. Il a été affecté dans une unité de recherche et sauvetage d’abord à Comox en Colombie-Britannique, puis sur la base de Trenton, en Ontario où il a été en poste de 1997 à 2004.

Pendant toutes ces années, Daniel Lachance a servi de dernier espoir à des milliers d’accidentés. Il a bien souvent été l’ultime fil qui reliait encore à la vie des naufragés à bords de petits bateaux, des blessés perdus en pleine montagne, ou encore, des gens en attente de soins médicaux et qui devaient se faire transférer à l’hô-pital le plus proche.

La base de Trenton est l’une des bases militaires aériennes les plus importantes du Canada. Elle couvre un territoire allant de la ville de Québec à la Baie-James en passant par les territoires du Nord-Ouest, le Yukon, le Nuvavut, mais aussi des provinces comme l’Al-berta, la Saskatchewan ainsi que tout l’Ontario.

Des jambes cassées, des atterrissages forcés, des plaisanciers perdus sur l’eau; Daniel Lachance en aura vu de toutes les couleurs au cours de sa carrière. «Il n’y en avait pas une qui était pareil. Chaque fois, c’était différent», se souvient Da-niel Lachance à propos des différentes missions qui lui ont été confiées.

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Aujourd’hui encore, le lieutenant-colonel parle de son métier avec passion. Il se rappelle avec précision des escadrons auxquels il a été affecté – le 442 sur l’île de Vancouver et le 424 à Trenton – et n’échangerait pour rien au monde ces années passées comme pilote.

«Quand je suis rentré dans les Forces armées, je voulais un peu d’aventure et j’en ai eu, lance-t-il à la blague. C’est un métier passionnant. Il faut toujours se dé-pêcher. Le plus souvent, c’est une question de vie et de mort. On sait que quelque part, quelqu’un a besoin de nous. Nos décisions influencent toujours le résultat de la mission.»

Parfois, la satisfaction d’avoir sauvé plusieurs vies constitue la plus belle des récompenses et fait vite oublier tous les efforts investis. «Je me rappelle de cette mission où, deux gars, à bord de petits bateaux, s’étaient perdus sur le lac Ontario au mois d’avril. En raison des mauvaises conditions météo, nous n’avions pas pu décoller tout de suite», raconte le lieutenant-colonel Lachance.

«Quand on a enfin pu aller à leur secours, on s’est dit que tout cela ne présageait rien de bon. L’eau était très froide, même à cette période de l’année, et cela faisait environ 15h qu’ils manquaient», se souvient-il.

«On a fait des recherches pendant trois heures. Alors même qu’on pensait rentrer à la base pour faire le plein d’essence, on a aperçu nos deux copains à la dérive. À part les pieds et les mains gelés et le fait d’avoir passé 18h sur l’eau, ils étaient en bon état, même s’ils avaient très froid. On les a rentrés le plus vite possible.»

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Même si, au bout du compte, toutes les missions ne sont pas au-tomatiquement couronnées de succès, Daniel Lachance affirme qu’il faut savoir faire la part des choses, et apprendre à vivre avec cette conscience-là, en se disant qu’on a fait de son mieux.

Mais, dans le cas des deux plaisanciers perdus sur le lac Ontario, «oui, c’est vraiment un bon feeling de savoir qu’on on a pu faire une différence dans la vie d’au moins deux personnes», admet le lieutenant-colonel.

Daniel Lachance a présentement quitté ses fonctions de pilote et enseigne aujourd’hui au Collège militaire à Toronto.

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