Une bibliothèque autochtone prend racine à Hamilton

Livres, tambours et enseignements au bord de l’eau

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Dans le hall d'entrée de la nouvelle bibliothèque autochtone de Hamilton. Photos: Nathalie Dufour Séguin, l-express.ca
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Publié 17/08/2026 par Nathalie Dufour Séguin

À Hamilton, la bibliothèque ne se contente plus de prêter des livres. Elle devient un lieu où l’on peut apprendre, écouter et découvrir des histoires et des cultures encore trop peu connues du grand public.

C’est tout le sens qui se dégage de la nouvelle succursale West Harbour de la Bibliothèque publique de Hamilton, installée dans l’ancien Canadian Marine Discovery Centre, au 77 Harbourside Way. Ouverte depuis le 29 juillet, elle offre des services de bibliothèque, mais aussi une collection consacrée aux cultures et aux savoirs autochtones.

Le samedi 15 août, membres des Premières Nations voisines, représentants de la communauté autochtone de Hamilton et résidents se sont réunis pour une cérémonie d’ouverture ponctuée de chants, de danses, de tambours et d’enseignements.

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La facade de la nouvelle bibliothèque, au 77 Harbourside Way.
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Paul Takala, directeur général de la Bibliothèque publique de Hamilton, avec Dean Hill, conseiller des Six Nations de la rivière Grand.

Reprendre sa place dans le récit

Pour Dean Hill, conseiller des Six Nations de la rivière Grand, l’importance de cet espace va bien au-delà des livres

«Ça aide à partager les connaissances, ça aide tout le monde à comprendre», explique-t-il, en insistant sur l’importance de raconter une histoire qui ne commence pas au moment où les villes et leurs frontières ont été dessinées.

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Hill dit apprécier que les connaissances soient conservées et accessibles, tout en soulignant la volonté des personnes présentes de venir apprendre. Pour lui, cette ouverture constitue aussi une invitation au dialogue.

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Dee nombreux citoyens de Hamilton ont participé à l’ouverture officielle.

L’eau comme fil conducteur

À quelques mètres du lac Ontario, le choix du lieu n’est pas anodin.

Pour le conseiller municipal du quartier 2, Cameron Kroetsch, la proximité de l’eau donne à cet espace une dimension particulière pour les communautés autochtones, qui entretiennent avec elle une relation spirituelle et culturelle profonde.

Kroetsch rappelle notamment la tradition des marches de l’eau, qui peuvent s’étendre sur plusieurs jours en restant au plus près de la rive. Dans son analyse, créer un espace autochtone sur ce front d’eau constitue donc une manière concrète de reconnaître cette relation et de renforcer les liens avec les communautés.

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Le conseiller municipal Cameron Kroetsch.
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L’entrée de la nouvelle bibliothèque.

De la parole à l’action

Pour la mairesse Andrea Horwath, la présence de cette bibliothèque s’inscrit dans les engagements pris par Hamilton en matière de réconciliation. La Ville compte notamment une équipe consacrée aux relations autochtones afin de développer ses liens avec les communautés.

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«L’une des choses que cet espace fait, c’est honorer cet engagement et donner vie à ce parcours par des actions réelles plutôt que par de simples mots», a-t-elle expliqué.

La participation du public était également significative à ses yeux. «C’est vraiment formidable de voir non seulement des représentants des communautés des Premières Nations ici, mais aussi autant de personnes de l’ensemble de la communauté venues participer», a souligné la mairesse.

Selon elle, cette présence témoigne de l’engagement des Hamiltoniens à prendre part au parcours vers la réconciliation.

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La mairesse de Hamilton, Andrea Horwath.
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Le danseur Mark Sault et le Ninjichaag Drum Group, des Mississaugas de la Première Nation du Credit, dans le parc de la bibliothèque.

Une bibliothèque pour apprendre autrement

Cette volonté de transmission ne passe pas uniquement par les livres. Lors de la cérémonie, les participants réunis au bord de l’eau ont découvert des chants, des enseignements, des danses et des traditions portées par des membres des Premières Nations voisines et de la communauté autochtone de Hamilton.

Parmi les participants figuraient notamment Shakokwenios Joe Martin, le Ninjichaag Drum Group de Mark Sault, les Grand River Smoke Dancers, Luke Johns, qui a offert des enseignements liés au feu sacré, ainsi que le Spirit Vision Drum Group and Dancers.

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Le temps d’un après-midi, le lieu est ainsi devenu un espace vivant de transmission, où les traditions occupaient autant de place que les livres.

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Le danseur Mark Sault et le Ninjichaag Drum Group, des Mississaugas de la Première Nation du Credit.
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Une danseuse lors de l’ouverture officielle de la bibliothèque.

Une première étape vers plus grand

La succursale actuelle demeure temporaire, mais la réflexion sur l’avenir du site est déjà amorcée. La Ville et la bibliothèque travaillent avec Lord Cultural Resources à une étude qui doit guider le développement à long terme du lieu.

La vision comprend notamment une future bibliothèque, un espace de rassemblement autochtone, un café et des services destinés aux visiteurs. Les recommandations de l’étude devraient être présentées au conseil municipal en 2027.

Le projet pourrait également créer des liens entre différentes communautés. Paul Takala, directeur général de la Hamilton Public Library, rappelle que Hamilton possède une communauté francophone établie de longue date et affirme voir une possibilité de collaboration autour du projet.

«Je pense que c’est une occasion pour nous d’apprendre les uns des autres», explique-t-il, en évoquant les communautés autochtones, francophones et anglophones.

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Comme dans tout le système de la Bibliothèque publique de Hamilton, la nouvelle succursale contient une petite section de livres en français, «appelée à s’agrandir avec l’achalandage».

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À l’ouverture officielle: Shakokwenios Joe Martin (au centre en mauve), des Six Nations de la rivière Grand, et Sarah Gauthier (au micro), de la Bibliothèque publique de Hamilton.

Une bibliothèque qui ouvre le dialogue

Mais sa portée pourrait être plus grande. Au bord de l’eau, les livres côtoient désormais les voix, les tambours et les enseignements.

Pour les responsables présents à l’ouverture, c’est peut-être là que commence le véritable travail: apprendre, créer des liens et faire une place plus importante aux histoires et aux perspectives autochtones.

Pour la mairesse Horwath, le geste est déjà concret: «C’est la réconciliation en action.»

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