Une affaire de mœurs sexuelles devient une bombe morale

Zoe Whittall, Des gens irréprochables, roman traduit de l’anglais par Marie-José Thériault, Montréal, Éditions de l’Homme, 2019, 416 pages, 26,95 $.
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The Best Kind of People, de Zoe Whittall, a été sélectionné pour le prix Giller et est resté 26 semaines sur la liste des meilleures ventes du Globe and Mail. L’auteure est originaire de Montréal et son roman a été traduit sous le titre Des gens irréprochables.

Inconduite sexuelle

Comment réagiriez-vous si la personne que vous aimez et admirez le plus était accusée de l’impensable? Dans la petite ville d’Avalon Hills, au Massachusetts, un scandale vient ébranler le quotidien d’une communauté jusqu’alors paisible, voire sans histoire.

George Woodbury, membre du conseil municipal et un des responsables de l’Église Unie, enseignant affable et respecté, père et époux bien-aimé, est accusé d’inconduite sexuelle envers trois étudiantes de 13 à 17 ans et de tentative de viol d’une quatrième jeune fille. Une bombe morale, un tremblement de terre psychologique!

De sa cellule, George clame que tout est un malentendu, un coup monté, un tissu de mensonges. Culpabilité, indignation, perplexité, stoïcisme, tous les états d’âme sont au rendez-vous. Est-ce que la relation la plus enrichissante d’une vie peut voler en éclats du jour au lendemain?

Colère, déni et bouleversements

L’épouse Joan oscille entre colère et déni. Elle ignore ce qui a bien pu se passer. «Ne rien savoir était pire que de savoir quelque chose, même quelque chose d’épouvantable.»

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Le fils Andrew est gai, en couple et avocat. Sa fille Sadie termine le secondaire et a peur d’avoir le cœur brisé. Ils sont bouleversés par les médias, les opportunistes et même un écrivain rapace qui s’emparent de cette histoire à des fins peu respectables.

Le Globe and Mail a écrit que Zoe Whittall est «l’auteure la plus arrogante, la plus effrontée, la plus drôle, la plus dure, la plus vivante, la plus élégante, la plus négligée et la plus irréprochable à émerger de Montréal depuis Mordecai Richler». Je n’irais pas aussi loin, mais je reconnais que ce roman est finement ciselé.

Traduction trop québécoise

L’histoire se passe au Massachusetts et le texte a été traduit par la Québécoise Marie-José Thériault. On y trouve des «tabarnouche, torvis, calvaire!» Je crois qu’il aurait été préférable de garder les expressions anglaises, ici, par souci de réalisme, de contexte américain. La traduction du roman implacable n’en demeure pas moins excellente.

Le roman de 43 chapitres est divisé en quatre parties. La première couvre la semaine qui suit l’annonce de l’accusation. La deuxième partie décrit les quatre mois suivants et la troisième s’attarde à la semaine avant le procès. La quatrième partie, très courte, porte sur le procès.

Loin de moi l’idée de vous révéler l’issue du procès. Attendez-vous cependant à un rebondissement…

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