Un test a changé sa vie : dans les pas d’un enfant dyslexique

«J’étais content de savoir que je n’étais pas stupide»

La Liberté

René, Zacharie et Monique Giroux. (Photo: Manella Vila Nova, La Liberté)


21 juin 2018 à 10h00

Depuis son entrée en 1re année, Zacharie Giroux a des difficultés en lecture et en écriture. Aller à l’école était devenu une corvée. Tout a changé après avoir effectué un test de dépistage de la dyslexie.

«Je suis un élève dyslexique.» Zacharie Giroux, en 6e année à l’école Lacerte de Winnipeg, sait depuis maintenant un an comment nommer la source de ses soucis.

«J’avais beaucoup de difficultés à lire et à écrire. Le temps que j’écrive une demi-page, les autres en avaient écrit une entière. En lecture, je ne me souvenais pas des bons mots. Je confondais le B et le D, et le Q et le P. Les enseignants m’aidaient comme ils le pouvaient. Puis j’ai fait un test, et j’ai découvert ce que j’avais.»

Cette révélation a changé sa vie.

Pas stupide

«Jusque là, je n’aimais pas l’école, parce que je ne travaillais pas bien. Quand j’ai eu les résultats du test, j’étais content de savoir que je n’étais pas stupide. J’ai su pourquoi je n’y arrivais pas, et ça a fait une grosse différence. Maintenant, je peux avoir le nécessaire pour m’aider à étudier normalement, et c’est beaucoup plus facile.»

Ses parents ont tout de suite cherché des informations supplémentaires. «Ils se sont renseignés pour savoir comment m’aider à l’école et en dehors. Ma mère a trouvé une tutrice spécialisée en dyslexie, Marilyn Mazzone, qui lui avait été recommandée par une autre maman d’enfant dyslexique. Maintenant, je vais la voir deux fois par semaine sur les heures des récréations ou du dîner.»

En octobre dernier, sa mère, Monique Giroux, l’a accompagné au Symposium for Families, Advocacy for Children with Dyslexia, organisé à l’Université du Manitoba par Dyslexia Champions of Manitoba. «Ma mère veut trouver des solutions pour que je ne sois pas derrière à l’école et que je sois un meilleur élève. À ce forum, j’ai appris que beaucoup de personnes vraiment intelligentes, comme Bill Gates ou Albert Einstein, sont aussi dyslexiques.»

Un avenir à la NASA?

Cette découverte a permis à Zacharie Giroux de se voir autrement.

«J’ai réalisé que je pouvais être quelqu’un comme eux, et faire de vraiment bonnes choses avec ma dyslexie. Je sais que la NASA emploie des personnes dyslexiques, parce qu’on pense toujours above and beyond. On cherche toujours comment faire mieux et on a une bonne imagination. Par exemple, si quelqu’un me donne une petite fusée, je ne vais pas être satisfait. Je vais chercher à savoir comment en construire une géante.»

À l’école, des mesures ont vite été prises pour qu’il puisse suivre une scolarité adaptée. «Les enseignants m’aident plus individuellement. Je peux les contacter si j’ai des questions avec les devoirs. J’apporte aussi mon iPad tous les jours pour pouvoir rester en classe. Grâce à l’aide de ma tutrice, je suis meilleur à l’école et je me sens mieux. Je peux faire des choses comme les autres.»

Confiance en soi

Empli d’une nouvelle confiance en lui, Zacharie Giroux a décidé de préparer une présentation sur la dyslexie pour ses camarades. «Je voulais que les élèves comprennent ce qu’est la dyslexie. On ne doit pas en avoir honte. Moi, je trouve ça bien parce que dans ma tête, je vois des choses que les autres ne voient pas.»

«Je leur ai montré comment mon cerveau et le leur fonctionnaient pour qu’ils voient comment j’apprends. Maintenant qu’ils savent que j’apprends différemment, ils peuvent m’aider. Je n’ai pas vraiment utilisé de site, je me suis appuyé sur mon expérience. Et ma tutrice m’a aidé à préparer le PowerPoint.»

Depuis cette présentation, les élèves de sa classe le regardent autrement. «Ils ont changé leur opinion sur moi. Ils savent comment m’aider, et ils m’aident plus maintenant qu’ils comprennent pourquoi je n’y arrive pas toujours.»

Deux élèves par classe

Zacharie Giroux espère que son message pourra toucher d’autres enfants. «Dans chaque classe, il y a environ deux personnes dyslexiques, d’après les statistiques. Alors je veux que les autres enfants dyslexiques ne se sentent pas stupides non plus. C’est quelque chose qu’on devrait célébrer, et pas cacher. Je veux les encourager à trouver de l’aide pour qu’ils ne soient pas découragés par l’école.»

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Couple dépecé avec une précision presque chirurgicale

Les romans à quatre mains sont assez rares. Hans-Jürgen Greif et Guy Boivin ont récemment cosigné Le pélican et le labyrinthe, une aventure psychodramatique...
En lire plus...

22 juillet 2018 à 9h00

Quiz : Guy Mignault

 
En lire plus...

22 juillet 2018 à 7h00

Sur la route de la diaspora francophone nord-américaine

Musée de l'Amérique francophone
La petite mais riche exposition PARTIR au Musée de l'Amérique francophone à Québec
En lire plus...

20 juillet 2018 à 12h00

D’un océan à l’autre en Citroën 1923

Christian Darrosé
Parti de Vancouver, Christian Darrosé est en route pour Terre-Neuve
En lire plus...

20 juillet 2018 à 10h00

Une étoile avalée par un trou noir

trou noir avale étoile
À 150 millions d’années-lumière de la Terre
En lire plus...

Des animaux nuisibles, mais intelligents

écureuil
Rats, écureuils et corbeaux apprennent au contact des humains
En lire plus...

Effet placébo : ça marche même en dormant !

médecine
Moins de douleur, d’anxiété et de troubles du sommeil après l'application d'une fausse crème anti-douleur
En lire plus...

19 juillet 2018 à 12h30

Utilise-t-on trop de pesticides ?

environnement
Il importe de mieux contrôler les organismes nuisibles, mais il n’est peut-être pas nécessaire d’épandre à tous les coups
En lire plus...

19 juillet 2018 à 7h00

Les langues officielles ont leur ministère

Mélanie Joly s'occupera aussi de la Francophonie et du Tourisme
En lire plus...

18 juillet 2018 à 17h37

Défi démographique «alarmant» pour les Franco-Ontariens

Commissariar aux services en français de l'Ontario
François Boileau se projette dans l’avenir
En lire plus...

18 juillet 2018 à 15h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur