Un roman tout en nuances

Michèle Matteau : Entre ici et là-bas

Michèle Matteau, Entre ici et là-bas, roman, Ottawa, Éditions David, coll. 14/18, 2019, 166 pages, 14,95 $.
Partagez
Tweetez
Envoyez

«Ce n’est jamais facile d’être le bourgeon d’un arbre déraciné… il faut retrouver son équilibre, s’inventer de nouvelles racines.»

C’est sans doute le cas d’un grand nombre de nouveaux arrivants. C’est le sujet du tout dernier roman de Michèle Matteau, Entre ici et là-bas.

Le roman est écrit au Je, celui de Ganaëlle, dix-sept ans. Elle a un petit frère, Zacharie, et une petite sœur, Marie-Neige. Le nom de ses parents, Toussaint et Désirée, n’est mentionné que dans le dernier quart du roman.

À Ottawa

Ganaëlle termine son cours secondaire à Ottawa et a un coup de foudre pour le frère de sa meilleure amie. Ce Ludovic a 22 ans et entame son doctorat en droit international à l’Université d’Ottawa.

Ganaëlle se sent prisonnière de racines qui l’étouffent. Les habitudes de là-bas agissent encore sur sa vie d’ici; elle souffre de décisions prises sans elle, ailleurs, très loin d’ici. Elle ne veut pas vivre comme ses parents, «coupée en deux, le corps à un endroit de la planète et la tête à un autre».

Immigrants

Michèle Matteau nous décrit avec brio le cheminement d’«une famille de là-bas qui devient lentement une famille d’ici».

l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Elle illustre comment il faut apprendre vite quand on «débarque» et savoir s’organiser avec débrouillardise. «On brûle beaucoup d’énergie à rager, à angoisser, à chercher son chemin, à tout recommencer.»

L’auteure montre même comment la mère de Ganaëlle apprend l’anglais, pour obtenir plus facilement un emploi, certes, mais «on dirait que s’exprimer dans une autre langue l’aide à franchir ses résistances».

Style coloré

Le roman regorge de petites phrases lapidaires, comme «elle avait voulu nous protéger, mais ce qui protège un temps, emprisonne longtemps».

Ou encore: «est-ce possible de trouver quand on ignore ce qu’on cherche?» Le style est souvent coloré, dont voici un exemple: «la bouche béante comme une porte de garage».

Le tempo d’Entre ici et là-bas est assez lent, pas de gros soubresauts ou rebondissements. Tout est décrit en nuances et à pas feutrés. L’auteure donne priorité aux états d’âme de sa protagoniste, faisant preuve d’une excellente analyse psychologique et sociologique.

Partagez
Tweetez
Envoyez
l-express.ca remercie ses partenaires. En devenir.

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur