Un roman qui sort des sentiers battus

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Premier roman de Carla Gunn, Amphibian est paru en 2009 et a été choisi par le Globe and Mail parmi les cinq meilleures premières fictions de l’année. Il a été en lice pour le Commonwealth Writers’ Prize et la revue Quill and Quire l’a qualifié «d’une des créations littéraires les plus originales de l’année». La Franco-Ontarienne Myriam Legault a traduit ce roman et les Éditions Prise de parole ont récemment publié Amphibien.

Le livre a aussi été traduit en allemand, en italien et en espagnol. La compagnie de théâtre Downstage, de Calgary, a adapté le texte et une production théâtrale est prévue pour le printemps 2014. Pourquoi tout cet engouement autour d’Amphibien?

Peut-être parce que c’est un enfant qui nous raconte une histoire, qui fait preuve d’une logique défiant l’ordre établi et qui avance des arguments déroutants ou exaspérants pour les adultes qui l’entourent.

Phineas William Walsh, 9 ans, est un habitué de Green Channel et de Discovery Channel. Comme il a une connaissance encyclopédique du règne animal et de la nature, le sort de la planète le préoccupe au plus haut point. Quand Phin pense au réchauffement de la planète, il en a des frissons.

À travers une histoire merveilleusement racontée – dont l’action se déroule souvent dans la classe de quatrième année de Mme Wardman –, le lecteur apprend plein de choses sur les animaux et sur les humains.

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Par exemple, «80% de la population mondiale mange différents types d’insectes» ou «les dauphins se parlent… font même circuler des commérages… et tiennent aussi des réunions».

Phin connaît beaucoup de faits sur le règne animal, ses raisonnements sont à point et sa logique demeure raffinée. Pourtant, il ne comprend pas pourquoi son grand-père est mort et il ignore pourquoi ses parents ont décidé de vivre séparément.

Phin se demande pourquoi ses parents n’agissent pas comme les chimpanzés? Après une bataille entre deux chimpanzés, le gagnant va voir le perdant, «lui donne la main et lui fait un câlin et lui donne un baiser et le soigne. Les primatologues appellent ça la réconciliation.»

Fin observateur du comportement animal, Phin en tire des leçons qu’il applique à sa survie parmi ses congénères.

Il se dit qu’il n’est pas surprenant que «les humains mentent, parce que les animaux le font eux aussi». De là, il en conclut que, «dans un monde rempli de menteurs, celui qui ne ment pas est nettement désavantagé».

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Au sujet du mensonge, je vous signale que le roman regorge de petites réflexions aussi savoureuses qu’astucieuses.

Ainsi, Phin ne demeure pas surpris que l’être humain soit l’espèce la plus susceptible de mentir. «Je pense que c’est parce que les êtres humains parlent le plus.»

En regardant Green Channel et Discovery Channel, Phin apprend comment les scientifiques font toutes sortes d’expériences sur les animaux pour mieux comprendre les humains. Mais il ne comprend pas pourquoi nombre de scientifiques «croient que ce qu’on sait des humains ne s’applique pas aux autres animaux».

Sa logique le pousse naturellement à conclure qu’une telle démarche consiste à affirmer: «C’est comme se frapper la tête très fort contre la tête de quelqu’un d’autre, et se dire que, même si ça nous fait mal, on ne croit pas que l’autre personne a mal aussi.»

Comme vous pouvez sans doute le constater, à la lumière de ces quelques exemples de réflexions d’un garçon de 9 ans, Amphibien est un roman qui sort des sentiers battus. Le style de l’auteure est finement ciselé et la spontanéité du protagoniste est éblouissante.

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