Un poulailler autonome!

L'idée d'une entreprise franco-manitobaine pour ramener les jeunes à la ferme

poulailler

Katrina Jean-Laflamme et Daniel Badiou sont les cofondateurs de Ukkö Robotics. Ils ont développé un prototype de poulailler autonome, alimenté par des réservoirs de grains et d’eau, ayant une autonomie d’une semaine. (Photo: Amine Ellatify)


26 janvier 2019 à 9h00

Les deux fondateurs de l’entreprise manitobaine Ukkö Robotics, Daniel Badiou et Katrina Jean-Laflamme, s’emploient à mettre la technologie au service de la tradition. Fin novembre, la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface décernait à leur entreprise le prix Jeunesse dans la catégorie Innovation, notamment pour leur «poulailler autonome».

«C’est notre premier prix à ce jour», se réjouit Katrina, vice-présidente et directrice marketing. «On travaille fort. C’est gratifiant de voir que les efforts qu’on fait sont récompensés.»

Daniel, PDG et directeur d’ingénierie, pense que le jury a aimé leur vision à long terme. «D’ailleurs, on se sentait à part, car on était pratiquement les seuls à présenter une vision.»

Les entrepreneurs, tous deux âgés de 26 ans, se sont rencontrés sur les bancs de Polytechnique Montréal et cultivent en effet de grandes ambitions.

Animaux difficiles à gérer

«Pour notre première offre commerciale, on a conçu un poulailler autonome, alimenté par des réservoirs de grains et d’eau», explique Katrina.

«Si on a commencé avec des poulets, c’est parce que ce sont les animaux les plus difficiles à gérer. Ils sont vraiment petits, plus faibles par exemple que les bœufs, les cochons. Ils ont besoin de plus de soins et sont très sensibles aux changements de température. Le défi, c’est d’assurer des paramètres corrects pour garder une température adaptée.»

Daniel complète: «Il faut que la machine de base soit capable d’élever ces animaux-là. Donc on s’est dit que si on commence par les poulets, pour les autres animaux qu’on proposera d’élever avec le même concept, ça va être beaucoup plus facile.»

Élevé sur une ferme

L’idée est de lui, qui est originaire de Notre-Dame-de-Lourdes, dans le Centre-du-Québec. Élevé sur la ferme familiale, c’est de sa propre expérience qu’a jailli l’idée du pâturage automatisé.

Contraint de rester à la ferme pour s’occuper des animaux, il n’a pas eu la chance de partir beaucoup en vacances comme plusieurs de ses amis.

«Si on veut élever des animaux sur pâturage, ça prend du temps, c’est laborieux. Je me suis dit qu’avec mes études en ingénierie, je pouvais faire mieux. On croit dans un élevage aussi naturel que possible, sans mettre les animaux en danger ni en les négligeant. On croit aussi que l’automatisation et la robotique sont la solution à ce problème.»

Contrer l’exode des jeunes

Daniel s’est donné une autre mission: éviter l’exode des jeunes vers la ville, voire les ramener à la campagne dans les fermes.

«Tous les jeunes d’aujourd’hui ont tendance à aller vers la ville où la technologie se situe principalement. Les fermes commencent à disparaitre. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de corporations propriétaires de plusieurs étables. On perd un peu la notion de ferme familiale, ce que je trouve dommage. Car c’est là que se situent les racines du Canada, comme d’ailleurs du monde entier.»

Cinq clients canadiens

Le couple d’entrepreneurs est à la tête d’une équipe de trois personnes. L’objectif est de terminer le prototype cet été, pour proposer un produit final aux cinq clients canadiens qui ont préacheté leur technologie. Ensuite, ils envisagent de développer un système pour les cochons et les moutons.

Grâce à ses propres fonds et à des amis investisseurs, Ukkö Robotics poursuit donc sa progression. L’entreprise a déjà investi un demi-million de dollars dans le développement de ses produits. Dans un futur proche, le couple Jean-Laflamme-Badiou envisage d’approcher des firmes d’investissements pour manufacturer leurs machines.

 

Pourquoi Ukkö Robotics?

Dans la mythologie finnoise, Ukkö était le dieu du ciel, des récoltes et des phénomènes météo.

Katrina Jean-Laflamme se souvient: «On était dans le sous-sol des parents de Daniel. Là, on s’est dit qu’il fallait trouver un nom vraiment cool. On cherchait partout, dans la mythologie, chez les dieux grecs, et on est finalement tombé sur les dieux finlandais.»

«Les gens peuvent facilement se souvenir de ce nom», ajoute Daniel Badiou. «Et puis, quand on va à des foires d’exposition, les gens pensent qu’on est une compagnie européenne. C’est peut-être un avantage aux yeux des investisseurs que ça sonne un peu européen.»

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Cinq flûtes des cinq continents

North Wind Concerts
Alison Melville est à la tête du projet de concert Encircling the World: Flutes qui sera présenté le dimanche 2 mars à 19h30 au...
En lire plus...

22 février 2019 à 7h00

Troisième revers consécutif pour les Maple Leafs

Les Maple Leafs de Toronto étaient de retour à domicile après un long voyage de 6 parties à l'étranger. Pour l'occasion ils recevaient la...
En lire plus...

21 février 2019 à 22h30

17 255 écrivains canadiens se partagent 12 282 712 $

écrivains
Depuis 30 ans, le programme du Droit de prêt public (DPP) verse aux écrivains canadiens une somme d’argent en reconnaissance de l’utilisation de leurs...
En lire plus...

21 février 2019 à 17h00

La station Kipling: circulez, y a rien à voir

Cette semaine, nous poursuivons les Visites Express consacrées aux extrémités du métro torontois. Après Finch et McCowan, nous nous sommes rendus à l'ouest de...
En lire plus...

21 février 2019 à 13h00

Common law en français: Calgary devance Toronto

Ian Holloway, doyen, Faculté de droit, Université de Calgary; Nickie Nikolaou, vice-doyenne (Calgary); Adam Dodek, doyen, Faculté de droit, Université d’Ottawa; Caroline Magnan, directrice du Programme de certification de common law en français; Alexandra Heine, étudiante de 3e année en droit (Calgary).
Un nouveau partenariat sur l'enseignement de la common law, conclu entre les facultés de droit de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Calgary, va...
En lire plus...

21 février 2019 à 11h00

Incertitude environnementale et arrogance humaine

roman
Le premier roman de Christiane Vadnais, Faunes, est un récit dystopique qui s’insère dans un courant de fiction climatique.
En lire plus...

21 février 2019 à 9h00

Ils ont apporté la rougeole à l’école

Encore un. Un père de famille qui se retrouve au centre d’une poussée de cas de rougeole, en Colombie-Britannique, reconnaît ne pas avoir fait...
En lire plus...

21 février 2019 à 7h00

Une assemblée citoyenne de l’AFO sur Facebook

Résistance
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario organise sa première assemblée citoyenne en direct sur Facebook le mardi 26 février à 17 h.
En lire plus...

20 février 2019 à 17h10

McMichael accueille l’art pluriel de Françoise Sullivan

McMichael
Les femmes à l’honneur! Depuis le 16 février, le Musée d'art canadien McMichael ouvre ses portes à deux expositions itinérantes sur deux grandes artistes:...
En lire plus...

20 février 2019 à 13h00

Facebook, sauveur des journaux?

journaux, presse, médias
Responsable majeur de leur détresse, Facebook vient aujourd’hui au secours des journaux désemparés en promettant 300 millions $ pour divers projets de journalisme local....
En lire plus...

20 février 2019 à 11h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur