Un poulailler autonome!

L'idée d'une entreprise franco-manitobaine pour ramener les jeunes à la ferme

poulailler
Katrina Jean-Laflamme et Daniel Badiou sont les cofondateurs de Ukkö Robotics. Ils ont développé un prototype de poulailler autonome, alimenté par des réservoirs de grains et d’eau, ayant une autonomie d’une semaine. (Photo: Amine Ellatify)
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Les deux fondateurs de l’entreprise manitobaine Ukkö Robotics, Daniel Badiou et Katrina Jean-Laflamme, s’emploient à mettre la technologie au service de la tradition. Fin novembre, la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface décernait à leur entreprise le prix Jeunesse dans la catégorie Innovation, notamment pour leur «poulailler autonome».

«C’est notre premier prix à ce jour», se réjouit Katrina, vice-présidente et directrice marketing. «On travaille fort. C’est gratifiant de voir que les efforts qu’on fait sont récompensés.»

Daniel, PDG et directeur d’ingénierie, pense que le jury a aimé leur vision à long terme. «D’ailleurs, on se sentait à part, car on était pratiquement les seuls à présenter une vision.»

Les entrepreneurs, tous deux âgés de 26 ans, se sont rencontrés sur les bancs de Polytechnique Montréal et cultivent en effet de grandes ambitions.

Animaux difficiles à gérer

«Pour notre première offre commerciale, on a conçu un poulailler autonome, alimenté par des réservoirs de grains et d’eau», explique Katrina.

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«Si on a commencé avec des poulets, c’est parce que ce sont les animaux les plus difficiles à gérer. Ils sont vraiment petits, plus faibles par exemple que les bœufs, les cochons. Ils ont besoin de plus de soins et sont très sensibles aux changements de température. Le défi, c’est d’assurer des paramètres corrects pour garder une température adaptée.»

Daniel complète: «Il faut que la machine de base soit capable d’élever ces animaux-là. Donc on s’est dit que si on commence par les poulets, pour les autres animaux qu’on proposera d’élever avec le même concept, ça va être beaucoup plus facile.»

Élevé sur une ferme

L’idée est de lui, qui est originaire de Notre-Dame-de-Lourdes, dans le Centre-du-Québec. Élevé sur la ferme familiale, c’est de sa propre expérience qu’a jailli l’idée du pâturage automatisé.

Contraint de rester à la ferme pour s’occuper des animaux, il n’a pas eu la chance de partir beaucoup en vacances comme plusieurs de ses amis.

«Si on veut élever des animaux sur pâturage, ça prend du temps, c’est laborieux. Je me suis dit qu’avec mes études en ingénierie, je pouvais faire mieux. On croit dans un élevage aussi naturel que possible, sans mettre les animaux en danger ni en les négligeant. On croit aussi que l’automatisation et la robotique sont la solution à ce problème.»

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Contrer l’exode des jeunes

Daniel s’est donné une autre mission: éviter l’exode des jeunes vers la ville, voire les ramener à la campagne dans les fermes.

«Tous les jeunes d’aujourd’hui ont tendance à aller vers la ville où la technologie se situe principalement. Les fermes commencent à disparaitre. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de corporations propriétaires de plusieurs étables. On perd un peu la notion de ferme familiale, ce que je trouve dommage. Car c’est là que se situent les racines du Canada, comme d’ailleurs du monde entier.»

Cinq clients canadiens

Le couple d’entrepreneurs est à la tête d’une équipe de trois personnes. L’objectif est de terminer le prototype cet été, pour proposer un produit final aux cinq clients canadiens qui ont préacheté leur technologie. Ensuite, ils envisagent de développer un système pour les cochons et les moutons.

Grâce à ses propres fonds et à des amis investisseurs, Ukkö Robotics poursuit donc sa progression. L’entreprise a déjà investi un demi-million de dollars dans le développement de ses produits. Dans un futur proche, le couple Jean-Laflamme-Badiou envisage d’approcher des firmes d’investissements pour manufacturer leurs machines.

 

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Pourquoi Ukkö Robotics?

Dans la mythologie finnoise, Ukkö était le dieu du ciel, des récoltes et des phénomènes météo.

Katrina Jean-Laflamme se souvient: «On était dans le sous-sol des parents de Daniel. Là, on s’est dit qu’il fallait trouver un nom vraiment cool. On cherchait partout, dans la mythologie, chez les dieux grecs, et on est finalement tombé sur les dieux finlandais.»

«Les gens peuvent facilement se souvenir de ce nom», ajoute Daniel Badiou. «Et puis, quand on va à des foires d’exposition, les gens pensent qu’on est une compagnie européenne. C’est peut-être un avantage aux yeux des investisseurs que ça sonne un peu européen.»

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