Un pipeline de 3300 km entre l’Alberta et l’Ontario

pipeline Alberta Ontario
Danielle Smith et Doug Ford. Photo: Doug Ford sur X
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 08/07/2026 par Émilie Gougeon-Pelletier

L’Alberta et l’Ontario ont dévoilé le tracé proposé pour un projet de pipeline reliant les deux provinces, qui compterait 3300 kilomètres et qui permettrait le transport de l’équivalent de 500 000 barils de pétrole brut par jour.

Le «Bouclier pour le Nord» relierait Hardisty, une petite ville albertaine considérée comme le principal centre de distribution de pétrole du Canada, à Sarnia, en Ontario, qui dispose d’une capacité de raffinage et qui est directement reliée aux infrastructures énergétiques et maritimes existantes.

Les premiers ministres de l’Ontario, Doug Ford, et de l’Alberta, Danielle Smith, étaient à Calgary, le 6 juillet, pour en faire l’annonce.

«L’Alberta s’engage à collaborer avec ses partenaires provinciaux et fédéraux pour concrétiser cette opportunité. Un nouveau pipeline ouest-est reliera l’énergie canadienne aux consommateurs canadiens tout en jetant les bases d’une croissance future», a affirmé Danielle Smith, dont la province tiendra un référendum en octobre sur l’indépendance de l’Alberta.

Celle-ci estime que le projet sera bénéfique à l’unité nationale.

Publicité
pipeline Alberta Ontario
Le tracé proposé pour le pipeline Hardisty-Sarnia. Il pourrait aussi être prolongé vers la baie d’Hudson.

Financement des pipelines

Danielle Smith n’en est pas à son premier rodéo de dévoilement de projets de pipeline, elle qui a présenté au Bureau fédéral de grands projets, la semaine dernière, le tracé proposé d’un nouvel oléoduc qui relierait sa province à la côte Sud de la Colombie-Britannique.

Ce pipeline, subventionné par les contribuables, relierait Bruderheim, au Nord-Est d’Edmonton, à un terminal à Delta, sur la côte Sud de la Colombie-Britannique, acheminant plus d’un million de barils par jour vers des pétroliers, puis vers les marchés asiatiques.

Or, le nouveau projet dévoilé le 6 juillet est toujours au stade embryonnaire. Il fait actuellement l’objet d’une étude de faisabilité menée par Infrastructure Ontario, et le modèle de financement n’a donc pas encore été identifié, a précisé le premier ministre Ford.

«Nous allons solliciter le secteur privé, mais nous n’hésiterons pas à faire ce que font le gouvernement du Canada et de l’Alberta», a-t-il noté.

Les premiers ministres conservateurs Ford et Smith ont tous les deux souligné qu’ils préfèrent faire appel au secteur privé, mais qu’il s’agit toujours d’un «bon investissement» quand le gouvernement fédéral choisit de financer un projet d’oléoduc.

Publicité

«Nous allons continuer à travailler à bâtir une économie canadienne plus sûre, unie et résiliente, afin de maintenir les travailleurs canadiens en emploi, de rendre la vie plus abordable pour les familles canadiennes et de faciliter l’accès de l’énergie canadienne à de nouveaux marchés partout au pays et dans le monde», a indiqué le premier ministre ontarien Doug Ford.

pipeline Alberta Ontario
Les premiers ministres Tony Wakeham (Terre-Neuve-et-Labrador), Scott Moe (Saskatchewan), Doug Ford (Ontario) et Danielle Smith (Alberta) au Stampede de Calgary. Photo: Doug Ford sur X

Protocoles d’entente

Les premiers ministres de l’Ontario et de l’Alberta avaient signé des protocoles d’entente, l’été dernier, s’engageant à faire mousser les marchés des minéraux critiques de l’Ontario et le pétrole et le gaz de l’Ouest canadien.

Les ententes prévoyaient la construction de nouveaux pipelines, de nouvelles lignes ferroviaires et un nouveau port en eau profonde dans le Nord de l’Ontario.

L’emplacement des pipelines et des stations de pompage pourrait être conçu pour transporter l’équivalent de 500 000 barils de pétrole brut par jour, et cette capacité pourrait être étendue jusqu’à 800 000 barils par jour, affirme l’Ontario dans un pamphlet présenté lundi.

Le plan permettrait de connecter le pays aux infrastructures énergétiques essentielles et d’aider le pétrole canadien à atteindre de nouveaux marchés, de réduire la dépendance du Canada envers les marchés étrangers et d’accroître la capacité et la redondance des pipelines existants et de renforcer la sécurité nationale et les chaînes d’approvisionnement nationales.

Publicité

Le projet vise aussi à créer de nouvelles possibilités d’emploi pour les travailleurs canadiens grâce à l’utilisation d’acier canadien et d’autres produits lors de la construction.

pipeline Alberta Ontario
Le port de Churchill, au Manitoba, sur la baie d’Hudson. Photo: portofchurchill.ca

Sarnia et Churchill

L’Ontario étudie aussi la possibilité de prolonger l’oléoduc vers de nouveaux ports et d’en créer de nouveaux, ce qui permettrait d’acheminer le pétrole canadien vers de nouvelles zones maritimes afin d’atteindre de nouveaux marchés à l’étranger.

Le tracé proposé actuellement passerait principalement au Sud de la Saskatchewan et du Manitoba, par Regina et Winnipeg, avant de traverser le Sud-Ouest de l’Ontario. Il poursuivrait sa route vers l’Est de l’Ontario, avant de descendre au Sud, passant tout juste à l’Ouest du Grand Toronto, pour finalement se rendre jusqu’à Sarnia, ville frontalière reliant l’Ontario et le Michigan.

Or, l’Ontario ouvre la porte à une étude de faisabilité d’un prolongement de l’oléoduc jusqu’au port de Churchill, au Nord du Manitoba, qui pourrait être menée par le gouvernement du Manitoba et la Société Manitoba-Couronne-Autochtones.

Auteurs

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur