Un outil pour promouvoir la littérature franco-ontarienne en classe

Lire en Ontario

Une élève approuve le programme lire en Ontario.
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Qui de mieux que les auteurs eux-mêmes pour cultiver le goût de la lecture chez les jeunes? C’est l’idée du projet Lire en Ontario lancé le 7 novembre dernier.

Soutien à la littérature franco-ontarienne et à l’enseignement, l’initiative donne lieu à un site vitrine offrant des fiches pédagogiques et des ateliers d’écriture animés par les écrivains. De quoi promouvoir, aussi, l’appropriation culturelle.

Le site lireenontario.ca rend la littérature franco-ontarienne palpable auprès des jeunes. Le projet est le résultat d’un partenariat entre le Regroupement des éditeurs franco-canadiens (RÉFC) et l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) qui souhaitaient renverser la vapeur dans les classes.

Littérature peu connue… chez elle

«On a fait le constat que la littérature franco-ontarienne était peu connue et peu utilisée dans les écoles franco-ontariennes. Et les enseignants sont débordés», observe Hugo Thivierge, agent de développement pour le RÉFC.

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Grâce au soutien d’Ontario Créatif, un organisme relavant du ministère ontarien du Tourisme, de la Culture et du Sport, qui contribue à hauteur de 35 000 $ via son Fonds pour les livres canadiens pour les écoles de l’Ontario, le site ainsi développé se veut un point de chute pour les enseignants.

Lire en Ontario
Auteurs et élèves se côtoient dans les salles de classe.

«C’est un carrefour littéraire-scolaire», résume Hugo Thivierge. Le site met aussi à disposition des enseignants des fiches pédagogiques, couvrant la maternelle jusqu’à la 12e année, permettant de développer la littératie et l’esprit critique chez les jeunes lecteurs.

Les auteurs dans la salle de classe

Mais l’originalité du projet consiste dans l’intervention des auteurs eux-mêmes. Éric Charlebois, poète, fait partie des premiers écrivains à avoir embarqué dans l’aventure. «On est là pour partager l’amour de la lecture, l’amour du mot, de l’image en poésie, de l’intrigue en narration…»

Lire en Ontario
Des élèves expérimentent ce programme.

Avec une trentaine d’auteurs répertoriés pour le moment, les enseignants peuvent donc faire vivre les œuvres lues en classe. «Ce projet donne l’opportunité aux élèves d’avoir un modèle devant eux, rapporte Jonathan Desrosiers, enseignant à l’école secondaire publique De La Salle à Ottawa. Ça leur donne le goût et ça suscite un désir d’apprendre.»

Transmettre la passion

Avec des séances d’écriture concrètes et pratiques, les jeunes cultivent leur appétit littéraire de façon interactive. «Il faut les étonner, les rassurer. Exercer, c’est commencer», avance Éric Charlebois qui a l’habitude d’animer des ateliers de création littéraire.

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Et les enseignants comme Jonathan Desrosiers applaudissent: «Ils ont un talent fou pour transmettre leur passion. Pour les élèves, il y a quelque chose de concret, c’est pas des lettres mortes, c’est vivant. Ils se sentent beaucoup plus à l’aise de créer par la suite, ça vient détruire le mythe de l’auteur qui est dans un autre monde.»

«C’est fantastique de se reconnaître»

Avec Lire en Ontario, l’éducation joue un rôle de premier plan pour la vitalité culturelle de l’Ontario français. «Les livres sont des référents culturels», relève Hugo Thivierge.

«Pour un jeune, c’est fantastique de lire une histoire qui se passe dans un village de l’Ontario, de se reconnaître dans les œuvres littéraires. Ça permet de s’approprier la langue, d’apporter de la sécurité linguistique en montrant les façons de parler dans les différentes régions. Une appartenance culturelle se crée, un écho est donné.»

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Des élèves en plein travail d’écriture.

En plaçant des livres franco-ontariens dans les mains des écoliers, et en en rencontrant les auteurs, la construction identitaire serait en route.

«En contexte minoritaire, c’est important de véhiculer l’identité franco-ontarienne dans la salle de classe, de faire un effort pour véhiculer ce bagage littéraire. La littérature franco-ontarienne, c’est la voix d’ici, c’est l’univers le plus proche des élèves», complète Jonathan Desrosiers.

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Développer l’esprit critique et inclusif

D’autant plus que la salle de classe ontarienne est de plus en plus multiculturelle et multilingue.

«On veut que l’élève puisse prendre position et réfléchir, développer son esprit critique, le tout de façon inclusive», explique le professeur. «On aborde tellement de thématiques différentes : récit historique, poésie, quête initiatique… C’est important d’avoir une variété d’œuvres dans lesquelles les élèves peuvent se retrouver.»

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La lecture est aussi mise en avant.

Comme beaucoup de ses pairs, Éric Charlebois est très engagé dans la défense de la littérature franco-ontarienne. Aussi trouve-t-il avec Lire en Ontario un moyen de transmettre l’amour du genre et de passer le flambeau.

«Même sans publier, tant que les jeunes écrivent, qu’ils réussissent à créer un imaginaire qui est le leur par l’entremise de mots, la relève est assurée!»

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