Un langage pictural et métallique

Deux Québécoises à la galerie 1313

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L’exposition qui s’est ouverte le 4 septembre, à la galerie 1313, à Queen West, rassemble trois artistes peintres, dont Darcia Labrosse, de Montréal, et Kathleen Verret, de Québec. Leur art se veut évocateur plus que descriptif.

La galerie 1313 connaît en ce moment deux baptêmes artistiques. Avec Process Galley: Metal Language, Darcia Labrosse présente ses œuvres au public pour la toute première fois.

«J’ai mis beaucoup de temps avant d’assumer mon travail. Je ne voulais pas le montrer, c’était trop intime».
Il y a quelques mois, elle a décidé de se lancer, grâce au soutien indéfectible de son mari.

Quant à Kathleen Verret, Arable Lands est sa première exposition solo à Toronto.

Derrière cet art abstrait se cache une réelle démarche artistique pleine de sens.

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Les deux peintres revendiquent une même conception physique de la peinture. «J’aime les œuvres qui nous confrontent physiquement», s’exclame Kathleen, «d’où la grande taille de mes toiles. Le visiteur doit s’approcher pour voir les détails, puis s’en éloigner pour retrouver une vue d’ensemble. Avec ce va-et-vient permanent, il n’y a pas de contemplation passive, ce n’est pas du décoratif.»

Peinture électrique

La technique employée par Darcia est aussi physique, presque sportive. Loin des illustrations joyeuses qu’elle dessinait pour des livres d’enfant, ses toiles sont réalisées à la peinture électrostatique, utilisée à l’origine pour les revêtements architecturaux.

Darcia en a fait «son medium», son matériau favori. Elle travaille sur des planches de métal électrifiées, avec un pistolet à air comprimé et un autre qui propulse des pigments colorés sous forme de poudre. «Le tout en combinaison, dans une usine, où, l’été, la température peut monter jusqu’à 55 degrés», explique-t-elle.

Pour tenir, la poudre doit être ensuite cuite dans un four spécial. «En travaillant dans ces conditions, je fuis le confort d’un atelier classique pour retrouver l’artiste qui est en moi. Il y a un sentiment d’urgence incroyable.»
Le motif sombre d’un corps déformé se retrouve dans la plupart de ses toiles.

«Cette figure revient toujours, c’est ce qui ressort de mon travail. Mais attention, précise-t-elle, je veux évoquer ce corps, pas le décrire. Je m’applique à ce qu’il n’y est aucun élément descriptif: pas de perspectives, ni de ligne d’horizon qui pourraient raconter une histoire. Je mêle le fond et la forme».

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L’épuration pour trouver le sens

Kathleen cherche, elle aussi, à épurer ses œuvres. Ces «Terres Arables», ce sont ses toiles, fertiles de sens et libres d’interprétation.

«Il n’y a rien de rationnel dans mes créations, et pourtant, il faut arriver à structurer tout ça». Contrairement à Darcia, elle utilise aussi des couleurs claires.

«C’est tellement sensuel! Et ça me permet de multiplier les couches.» Pour elle, le peintre français Henri Matisse est le plus grand coloriste.

Darcia, elle, a beaucoup été influencée par l’artiste britannique Francis Bacon.

La galerie 1313 a déjà accueilli des artistes francophones par le passé. Cette fois, Phil Anderson, son directeur, a repéré une profonde connexion entre les œuvres «puissantes et colorées» des deux artistes. «Elles utilisent deux chemins différents, mais qui convergent vers un même but».

Renseignements:

L’exposition se tient à la Galerie 1313, 1313 Queen West Street, jusqu’au 15 septembre.
Les deux artistes exposent au côté de Jerome McNicholl, qui présente Self-Evidence, une série de portraits.
La galerie est ouverte du mercredi au dimanche, de 13h à 18h.
Téléphone: 416-536-6778.
www.g1313.org

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