Un budget tous azimuts

Priorité à l'égalité des sexes, honneur aux Autochtones et une mention pour les langues officielles dans l'énoncé de 330 milliards $

Budget fédéral 2018
Le visuel et les thèmes du budget fédéral 2018.
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Le budget du gouvernement fédéral, déposé ce 27 février par le ministre des Finances Bill Morneau, est intitulé Égalité + Croissance parce qu’il traite autant de finances publiques et de perspectives économiques que d’égalité des sexes et de réconciliation avec les Autochtones.

D’aucuns ont même opiné que ce «budget» – qui ne sera pas équilibré pendant ce mandat libéral, contrairement à ce qu’avait promis Justin Trudeau en campagne électorale – traite de tout sauf de finances publiques et de perspectives économiques… peut-être parce qu’on ne sait pas ce que produira la renégociation de l’accord nord-américain de libre-échange.

Budget fédéral 2018
Le ministre Bill Morneau

Résultats sur l’égalité hommes-femmes

On parle d’égalité parce que la prospérité économique du pays «dépend de ce que les Canadiennes et Canadiens aient de vraies chances égales de réussir», affirme le gouvernement, dont l’approche serait «axée sur les personnes», notamment «orientée par un nouveau Cadre des résultats relatifs aux sexes» dans tous les domaines touchés par les finances publiques.

Si vous croyez avoir déjà entendu ça quelque part, vous ne vous trompez pas: depuis plusieurs années, toutes les politiques fédérales sont censées tenir compte de leur impact sur les minorités de langues officielles… avec les résultats médiocres que l’on sait, et que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et le commissaire aux langues officielles dénoncent régulièrement.

Ottawa compte jouer «un rôle de chef de file pour réduire l’écart salarial entre les sexes, en appuyant des rôles parentaux égalitaires, en luttant contre la violence fondée sur le sexe ainsi que le harcèlement sexuel, et en présentant une nouvelle stratégie pour l’entrepreneuriat chez les femmes».

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On ne peut que souhaiter de meilleures chances de succès à l’égalité des sexes qu’à l’égalité des langues officielles.

Francophonie

400 millions $ de plus au Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 (qui remplace la Feuille de route, total 1,5 milliard $, détails à venir), au lieu des 575 millions $ réclamés par la FCFA, et 50 millions $ sur 5 ans pour soutenir «le journalisme local dans les communautés mal desservies», voilà ce qu’on peut extraire du discours de Bill Morneau pour la francophonie hors Québec.

Les fonds du Plan d’action, souvent jumelés à des programmes provinciaux, sont destinés en partie au mouvement associatif, aux activités culturelles, aux médias communautaires, aux écoles et à la petite enfance. Il est prévu qu’ils aillent aussi au développement d’une application pour l’apprentissage de la langue seconde et le recrutement d’enseignants de langue seconde.

«C’est encourageant que le budget parle spécifiquement de nos communautés, ça fait des années que ça ne s’est pas produit», de commenter Jean Johnson, le président de la FCFA. «Mais il reste à voir quelle part ira spécifiquement aux organismes et aux institutions francophones sur le terrain.»

Budget fédéral 2018
C’est un budget, donc on inclut des graphiques en forme de tarte…

Avancement

Les Premières Nations, l’environnement et le climat font également l’objet d’attentions particulières dans ce budget. On y renouvelle «l’engagement du gouvernement à forger avec les peuples autochtones une nouvelle relation fondée sur la reconnaissance des droits, le respect, la collaboration et le partenariat».

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La «réconciliation» passe par la sécurité des enfants des Premières Nations et leur soutien dans leur communauté, et par des progrès liés à l’eau potable salubre, au logement et à l’emploi.

Et sous la rubrique «avancement», le gouvernement libéral propose des investissements «qui protègent l’environnement, qui soutiennent une économie durable et à faibles émissions de carbone, et qui favorisent une égalité et une prospérité accrues pour ceux qui en ont le plus besoin, au pays comme à l’étranger».

Car le Canada promet de bonifier son aide extérieure, avec un oeil sur les objectifs de développement durable des Nations Unis.

Santé

Un grand nombre de ces initiatives exigent la collaboration des provinces, quand elles n’envahissent pas directement leurs champs de compétences.

On propose notamment dans le budget de lutter aux côtés des provinces contre la crise des opioïdes, ainsi que d’examiner la possibilité d’instaurer un système national d’assurance-médicaments (l’ex-ministre ontarien de la Santé, Eric Hoskins, vient de quitter la politique pour se charger de ce dossier).

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«Notre plan consiste à investir dans la classe moyenne et dans tous ceux qui travaillent fort pour en faire partie», résume Bill Morneau.

Déficits

Revenant sur sa promesse d’équilibrer le budget fédéral avant la fin de son mandat, le gouvernement libéral fait plutôt valoir «un ratio de la dette au produit intérieur brut (PIB) en baisse constante».

Ottawa dépense désormais plus de 330 milliards $ par année, dont près de 30 milliards $ en frais d’intérêt sur sa dette de 670 milliards $ en 2018-19.

L’écart entre les revenus et les dépenses est de moins de 20 milliards $ et, s’il faut en croire le ministre Morneau, continuera de diminuer légèrement en chiffres absolus au cours des cinq prochaines années, tandis que les dépenses continueront évidemment d’augmenter, jusqu’à au moins 380 milliards $.

C’est une situation financière enviable: au sein du G7, le Canada conserve la plus faible dette publique (gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux confondus) par rapport à son PIB… même si elle continue d’augmenter.

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