Un antibiotique dans notre nez

Un type de bactérie résistante à presque tous les antibiotiques. (Photo: Centers for Disease Control and Prevention)
Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 01/08/2016 par Matthieu Fannière

Nos narines sont un véritable champ de bataille. Face au peu de ressources disponibles, les bactéries défendent leur place à coup d’antibiotiques!

Des chercheurs viennent d’en découvrir un par hasard, capable de tuer un microbe responsable de milliers de décès chaque année.

«Nous avons trouvé un nouveau concept de découverte d’antibiotiques», s’exclame Andreas Peschel, coauteur de l’étude publiée dans Nature.

Le bactériologiste à l’université de Tübingen, en Allemagne, se demandait comment fait le staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) se retrouve dans le nez d’une personne sur trois.

Inoffensive la plupart du temps, cette bactérie peut provoquer de graves infections mortelles. Il existe même une forme résistante aux antibiotiques, appelée SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline), responsable de milliers de décès chaque année.

Publicité

2% de la population la porte en elle. En analysant le mucus de 187 patients, les chercheurs ont constaté que le nez n’est pas un endroit très accueillant pour les microbes, ce qui engendre une compétition féroce, notamment entre Staphylococcus aureus et son ennemi juré, Staphylocuccus lugdunensis, présent chez 9% de la population.

Or, les porteurs de cet autre microbe ont six fois moins de chance d’héberger le staphylocoque doré, car il produit naturellement un antibiotique qui empêche S. aureus de se développer.

Baptisé lugdunine, cet antibiotique, synthétisé par les chercheurs, a permis d’éradiquer une infection sur la peau d’une souris. Un outils supplémentaire dans la lutte contre le staphylocoque doré!

Auteur

  • Matthieu Fannière

    Journaliste à l'Agence Science-Presse, média indépendant à but non lucratif basé à Montréal. La seule agence de presse scientifique au Canada et la seule de toute la francophonie qui s'adresse aux grands médias plutôt qu'aux entreprises.

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur