Tuer avec la virtuosité d’un Mozart et le talent d’un de Vinci

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La maison de fer, quatrième roman de John Hart, est un thriller haletant qui prend aux tripes. Cruauté, vengeance et meurtres sont au menu pendant 500 pages. J’en aurais fait sauter plusieurs, pas des meurtres, des pages. Malgré les longueurs, le style n’en demeure pas moins incisif et captivant.

La Maison de fer du titre est un orphelinat où les frères Michael et Julian sont placés en très bas âge. Michael cherche à protéger son petit frère qui est le souffre-douleur de brutes.

Lorsque l’aîné s’enfuit, le cadet est adopté par un couple archi-riche qui découvre à quel point leur enfant est «un être blessé, un condensé friable de tout ce qu’il a subi étant enfant.» Il est doué pour «couper les ponts, larguer les amarres, partir à la dérive».

Michael, de son côté, apprend vite son métier pour pouvoir manger, trouver un abri et, surtout, ne pas finir dans une mare de sang. Voler, blesser et manigancer meublent son quotidien. Tuer aussi. Mais Michael n’est pas un tueur comme les autres. «Il tue avec la virtuosité d’un Mozart. Il exécute avec le talent d’un Léonard de Vinci. Il est passé maître dans son art et son génie…»

Avec un jeu fébrile de flashbacks, John Hart décortique l’enfance de Michael et Julian. Nous ne tardons pas à apprendre que la Maison de fer n’était pas juste un lieu comme un autre. «C’était l’horrible bouche d’un monde de cauchemar qui les avait vomis.»

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L’auteur illustre clairement que le scandale a une vie propre, qu’il rebondit de lui-même, si on lui en donne l’occasion. Et les occasions ne manquent pas dans ce roman. Elles démontrent souvent que «le monde est cruel [et que] les enfants peuvent être plus forts qu’ils ne le croient».

Les cadavres et les secrets abondent dans ce roman. Vous aurez le plaisir de jouer au détective, mais je vous préviens: exhumer la vérité s’avère parfois d’aucun secours.

La pensionnaire du bourreau

Les cadavres ont aussi abondé sous la guillotine de la Révolution française. Ce qui est moins connu de cette période fondatrice de l’histoire française, c’est le point de vue féminin, ce à quoi Olivier Dutaillis se consacré dans le roman La pensionnaire du bourreau.

La narratrice est une Vendéenne qui épouse un jeune député et qui travaille dans un restaurant du Palais-Royal. Manon a un sens aigu de sa dignité; elle est résolue de ne jamais se laisser bafouer ou avilir.

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Le roman couvre toutes les étapes de la Révolution française, parfois avec un brin d’humour. Ainsi, lorsque la monarchie est en perte de vitesse, les restaurants changent leurs menus. Une bouchée de la reine devient une timbale du citoyen et les patates dauphine s’appellent désormais les patates du sans-culotte.

Comme le bourreau de Paris fréquente la mort, il a bien dû apprendre quelques secrets de la vie. Mais décapite-t-il avec la virtuosité d’un Mozart?

Chose certaine, «une meute d’hommes et de femmes armés de piques, de haches, de gourdins, de marteaux de maréchal-ferrant et autres crocs de boucher se presse pour regarder le virtuose dans ses œuvres».

La pensionnaire du bourreau peint le portrait de plusieurs figures marquantes de la Révolution française, dont Maximilien Robespierre, Camille Desmoulins, le marquis de La Fayette, le comte de Mirabeau et Georges Danton. Robespierre est décrit comme un célibataire «sensible au ballet incessant de tous ces gars joyeux, aux muscles saillants, le torse nu».

De la prise de la Bastille à l’abolition de l’esclavage, du droit au divorce à la guerre civile, une vaste fresque originale et ambitieuse est ici portée par la plume à la fois mordante et poétique d’Olivier Dutaillis. Ce dernier est l’auteur de cinq romans et de cinq pièces de théâtre.

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