Trump élu par la Russie? Changez de disque!

Donald Trump. Vladimir Poutine.


11 juillet 2017 à 19h08

Nouveau rebondissement dans la saga de la manipulation des dernières  élections présidentielles américaines par la Russie: des gens se disant proches du Kremlin auraient approché le fils de Donald Trump, l’été dernier, pour lui proposer des informations susceptibles de nuire à Hillary Clinton.

Junior aurait répondu: «j’aime ça»!

En campagne électorale, le candidat républicain avait même paru encourager les Russes ou Wikileaks à pirater les ordinateurs de Clinton et diffuser ses courriels incriminants.

Normal? Anti-démocratique? Criminel?

Imaginez l’inverse: des Canadiens ou des Chinois approchant l’équipe de Clinton avec des informations dommageables pour Trump. On leur aurait répondu: «non merci»? Impossible!

Tous les politiciens constituent des dossiers sur leurs adversaires et s’assurent que tout le monde soit au courant de leurs défauts et leurs incartades… tout en prétendant mener une campagne «propre», axée sur les enjeux plutôt que sur les personnalités.

Cette obsession pour l’influence de la Russie dans la politique américaine – chez les Démocrates, encore sous le choc de leur défaite, et chez plusieurs médias, qui n’ont toujours pas compris ce qui s’est passé – est devenue surréaliste et contre-productive… pour Trump autant que pour ses adversaires.

Le président avait d’ailleurs mentionné à son chef du FBI, avant de le congédier, que les rumeurs d’enquêtes sur les liens entre sa campagne électorale et la Russie représentaient une distraction. Il voulait qu’on vide la question.

Son premier conseiller à la sécurité nationale a rapidement démissionné quand on s’est aperçu qu’il avait omis de dévoiler une transaction financière en Russie.

Son secrétaire à la Justice a dû revenir devant un comité du Congrès quand on a établi qu’il avait jasé avec l’ambassadeur russe dans un cocktail plusieurs mois auparavant.

Tout le monde cherche à influencer les politiciens les plus en vue d’une superpuissance comme les États-Unis. Des proches de Clinton, comme ceux de Trump, parlaient volontiers à des agents étrangers: il n’y a rien de sinistre là-dedans.

Et ce n’est pas comme si les Américains eux-mêmes n’intervenaient jamais dans les affaires d’autres pays.

Trump paraît bien s’entendre avec Xi Jinping et Vladimir Poutine (mieux qu’avec Justin Trudeau ou Angela Merkel?): le contraire serait plus préoccupant.

Plus symptomatique de la faiblesse de la démocratie américaine que de la force de la dictature russe, cette affaire continue de détourner l’attention d’enjeux beaucoup plus importants pour les Américains et pour leurs alliés: l’assurance-santé et les finances publiques, le commerce et l’immigration, l’éducation et l’environnement, les armes et la police, l’OTAN, la Syrie, la Corée du Nord…

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