Trois films francophones à l’affiche du festival Inside Out

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Pour son 17e anniversaire, le festival de films gais et lesbiens Inside Out bat tous ses records avec 276 films et vidéos émanant de 30 pays. Quelques productions francophones sont à l’affiche de cette édition 2007. Nous vous en présentons trois.

Les filles du botaniste, de Dai Sijie, avec Mylène Jampanoï, Li Xiaoran et Dongfu Lin. France/Chine, 2006, 1h45.

L’intrigue se déroule en Chine, durant les années 80. Le thème évoqué, est quant à lui toujours d’actualité. C’est l’homosexualité féminine, un sujet tabou, un mal à l’encontre des mœurs et de la société, aujourd’hui encore.

Min (Mylène Jampanoï) sort de l’orphelinat. Ses parents sont morts lors du grand séisme. Passionnée de nature et de plantes, elle part faire un stage chez un célèbre botaniste, un homme mystérieux et autoritaire qui vit avec sa fille An (Li Xiaoran) sur une île jardin. Tout de suite s’instaure entre Min et An une tendre complicité qui se transforme bientôt en passion sensuelle.

Un jour le frère de An, un militaire stationné au Tibet rentre en permission. Il tombe amoureux de Min, et son père les pousse en quelque sorte au mariage.

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La suite de l’histoire est presque trop facilement prévisible. Bien sur la liaison matrimoniale ne va pas faire long feu. Le militaire retourne en poste, Min rentre au jardin et poursuit sa relation secrète, jusqu’à ce que leur secret soit violé.

Les filles du botaniste dépeint parfaitement une société où la sexualité féminine, entre autre, est soumise à l’autorité quasi-totale de l’homme.

L’important tient dans les rapports qui lient les personnages. Même les rapports entre Cheng An et le botaniste sont très classiques: elle ne peut pas quitter son père ni son jardin. Lui le sait, et s’en sert. C’est là une autre forme d’amour, de l’amour filial, que l’on rencontre dans toutes les sociétés et à toutes les époques.

Le film, censé se passer en Chine n’a pourtant pu à cause du thème, être tourné dans le pays de Mao. C’est donc au Vietnam que les caméras ont été déployées, le décor étant similaire à celui de la région chinoise initialement choisie.

Le mardi 22 mai à 21h45 au Musée royal de l’Ontario.

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Lonely Child, de Pascal Robitaille, Canada, 2005, 50 minutes.

Wiliam ne cesse de filmer pour son journal intime, version vidéo. D’abord pour se constituer un souvenir personnel, être l’auteur de sa propre mémoire, mais aussi pour immortaliser une relation qui bat de l’aile.

C’est justement pour ça qu’il décide de passer deux jours en camping avec Médéric, son partenaire. La caméra est continuellement en mode enregistrement, même lorsque Médéric décide d’aller voir un autre gars sous une autre tente.

Le film respecte assez bien les recommandations du Dogme95, un mouvement lancé par des réalisateurs danois sous l’impulsion de Lars von Trier et Thomas Vinterberg, en réaction aux superproductions, aux artifices et aux effets spéciaux dans le cinéma contemporain pour revenir à une sobriété originelle plus expressive.

L’histoire quant à elle, est plate, bien que le film soit tourné sur place et non en studio. On dira que le résultat à l’image d’un point de vue esthétique est réussit, mais il faut se forcer à rester devant l’écran. Certains films, à défaut de nous apprendre quelque chose, nous en mettent au moins plein la vue.

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Lonely Child ne renforce que l’idée, peut-être fausse et malicieusement généraliste, que les homosexuels se plaisent à se montrer. Autant des films tels que Les filles du botaniste peuvent tout à fait intéresser un public complètement hétéro, autant celui-ci ne montre que peu d’intérêt pour un public élargi.

Le dimanche 20 mai à 17h au Musée royal de l’Ontario.

Demented, de Laurent Achard, avec Julien Cochelin, Pascal Cervo et Annie Cordy, France, 2006, 96 minutes.

Condensé puissant de malheur, de déprime et de tristesse. Exactement le genre de films que certains vont adorer et d’autres détester. En fait cela ne dépend même pas de l’état d’esprit dans lequel on se trouve au moment de le regarder. Il faut aimer le pessimisme, ou en tout cas apprécier de le côtoyer. Apprécier également le désespoir, la violence psychologique qui nous alimentent pendant plus d’une heure et demie.

On assiste ici à la désagrégation d’une famille paysanne à travers les yeux d’un enfant de 11 ans. La mère vit recluse dans sa chambre, le frère aîné boit tout le temps, le père est un faible qui ne fait rien sinon assister à la destruction de sa famille. Le petit Martin, trouvera bien le réconfort auprès de la bonne marocaine et de son chat, mais il décidera tout de même d’en finir avec ce désordre familial.

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Sans aucune musique, l’ambiance est dépressive. C’est là un choix excellent, car même la plus triste des mélodies aurait apportée une touche de gaieté au cadre.

La fin de ce film inspiré du roman The Last of the Crazy People du Canadien Timothy Findlay, est cependant trop prévisible. L’ennui trouve aussi sa place à un moment donné, car mis à part des cris et une famille qui coule, il n’y a aucun rythme.

Le samedi 19 mai à 19h au Musée royal de l’Ontario.

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