TIFF 2017: des cris dans les salles obscures

Downrange


18 septembre 2017 à 10h10

Suite à la suppression, pour l’édition 2017 du Festival international du film de Toronto, de deux programmes du festival international de Toronto, dont Vanguard, un grand favori des amateurs de films de genre, ceux-ci – dont votre dévoué serviteur fait partie – se demandaient si la portion allouée à leur type de films favori allait s’avérer congrue.

C’est donc avec un certain soulagement qu’un examen approfondi du programme final, dévoilé le 5 septembre dernier, révélait que les thrillers, films d’horreur, de science-fiction ou encore de fantaisie, se voyaient octroyer une présence presque aussi soutenue que les années précédentes, même si mieux (beaucoup mieux!) dissimulée dans les méandres d’un horaire déjà ardu à décoder.

Point de déception, donc, et c’est avec grand plaisir que nous avons pu découvrir pour vous les perles cachées foisonnantes de cris et frissons du TIFF 2017, parmi lesquelles nous avons retenu celles qui suivent.

Les affamés
Les affamés

Frissons en français

Place aux francophones tout d’abord, avec Les affamés, du Québécois Robin Aubert, dont nous avons déjà traité la semaine dernière, mais qui, avec une semaine de projections en plus, se confirme comme étant une des découvertes les plus agréables du festival.

Cette sombre histoire de survie en milieu rural du Québec suite à une épidémie éclair de zombification, interprétée entre autres par Marc-André Grondin (C.R.A.Z.Y.), nous a surpris, captivés et conquis, notamment par les contrepoints pris par rapport au genre.

Les affamés a remporté dimanche au TIFF le prix du meilleur long-métrage canadien. Ce prix du jury, commandité par Canada Goose, est accompagné d’une bourse de 30 000 $.

Laissez les cadavres bronzer, la participation belge du couple Hélène Cattet et Bruno Forzani, également mentionnée dans le dernier numéro, faisait figure de favori pour les thrillers sanglants.

Revenge
Revenge

Mais c’était compter sans le magnifique Revenge, premier long-métrage de la Française Coralie Fargeat, tourné presque entièrement dans le désert américain autour du grand canyon, et qui, la première incrédulité passée, nous a emportés dans la tourbillonnante quête vengeresse et (très) sanglante de Jen (fabuleuse et magnifique Matilda Lutz) contre ses agresseurs masculins l’ayant laissée pour morte. À ne manquer sous aucun prétexte si vous aimez l’exagération sans limites et les litres de faux sang.

But aussi…

Les films internationaux étaient également au rendez-vous avec des participations norvégiennes, anglaises, japonaises, américaines et espagnoles.

Valley of Shadows
Valley of Shadows

Du Grand Nord nous venait Valley of Shadows, lent et majestueux conte fantastique du norvégien Jonas Matzow Gulbrandsen dans lequel Aslak, un jeune garçon solitaire, tente de reconnecter avec sa mère célibataire suite au décès de son grand frère, part seul en forêt à la recherche de son chien ainsi que d’une hypothétique créature maléfique décimant les moutons locaux, et peut-être aussi des réponses qui l’aideront à mieux accepter sa situation difficile.

Thelma
Thelma

Également de Norvège, nous avons découvert l’inquiétant Thelma, où la jeune fille au prénom éponyme venant juste d’emménager à Oslo pour aller suivre des cours à l’université, se découvre des pouvoirs étranges qui pourraient bien, à la manière de Carrie de Stephen King, la rendre extrêmement dangereuse pour ses semblables.

The Crescent
The Crescent

En anglais

Le Canada a tenté une percée avec le très expérimental The Crescent, venu de Nouvelle-Écosse, dont les images parfois envoûtantes tentent un peu trop de masquer une lente histoire décousue au twist du troisième acte peu surprenant, et qui ne nous a pas laissé pas une grande impression au final.

The Ritual
The Ritual

De même, The Ritual, la participation britannique réalisée par l’américain David Bruckner (V/H/S), avec notamment Rafe Spall (Prometheus), ne brille pas par son originalité : suite à un drame qui provoque le décès du cinquième de la bande, quatre amis partent pour une randonnée dans les collines suédoises afin d’honorer leur camarade disparu. Dans la forêt, ils se heurtent à une créature maléfique et à la secte de fanatiques la vénérant, et qui comptent bien sacrifier ces nouveaux venus circonstanciels à leur dieu affamé.

Mary Shelley
Mary Shelley

Grosse déception avec Mary Shelley, le poids lourd irlandais d’Haifaa Al Mansour (Wadjda) censé nous emporter dans le romantisme gothique du 19e siècle pour nous relater les années de jeunesse de Mary Shelley, et notamment les évènements qui menèrent à la création de son roman le plus célèbre: Frankenstein. Le film est lent, lourd, très théâtral, et ressemble plus à un téléfilm à gros budget qu’à une œuvre destinée au cinéma. Même la mignonnette Elle Fanning, incarnant Mary, ne tire pas son épingle du jeu et livre une performance plutôt plate et non inspirée.

Domination américaine

Sans surprise, ce sont les films de nos voisins du Sud qui se taillent la part du gâteau avec un mélange de grosses productions que nous verrons très vite en salle, et de plus modestes qui ne seront probablement distribuées qu’en ligne ou en DVD, si ce médium existe encore dans six mois.

Downrange
Downrange

Parmi ces derniers, la bonne surprise est Downrange, du japonais Ryuhei Kitamura (No one lives), thriller sanglant et très réaliste mettant en scène un groupe de six jeunes gens voyageant en covoiturage, attaqués par un mystérieux tireur au milieu de nulle part en Californie, sans aucun moyen d’appeler à l’aide.

Le film propose une tension très palpable, tant ce genre de situation pourrait arriver à n’importe qui, n’importe quand aux USA, ainsi que des effets spéciaux ultraréalistes qui ne laisseront pas indifférents!

Jennifer Lawrence et Javier Bardem dans Mother
Jennifer Lawrence et Javier Bardem dans Mother

Des grosses productions, nous retenons l’excellent Mother!, nouvel opus de Darren Aronofsky (Pi, Black Swan), qui n’est décidément pas pour tous les publics.

Jennifer Lawrence est fabuleuse dans cette métaphore sur le processus de création et la souffrance engendrée par celui-ci chez l’artiste, incarné ici par un fascinant Javier Bardem, que nous vous laisserons découvrir en salles puisqu’il vient juste de sortir après sa première nord-américaine au festival.

The Shape of Water
The Shape of Water

Le clou du TIFF 2017 pour les amateurs de genre restera sans aucun doute The Shape of Water, le très attendu dernier chef-d’œuvre du Torontois d’adoption Guillermo Del Toro (Le labyrinthe de Pan) qui surpasse en poésie et créativité tous ses travaux précédents.

Nous y suivons les aventures de Selma (Sally Hawkins), jeune femme de ménage muette et solitaire travaillant pour une faction ultra secrète du gouvernement américain en 1963, qui découvre, lors de ses rondes, une créature amphibie prisonnière avec qui elle se lie rapidement.

Apprenant que son nouvel ami est promis à un destin funeste à des fins de recherche spatiale, Selma décide de l’enlever pour le sauver, mais les deux se rapprochent encore plus, et les services de renseignements, menés par l’implacable Agent Strickland (Michael Shannon) sont à leurs trousses.

Del Toro nous livre dans ce Belle et la Bête des temps modernes, un conte magnifique qui ravira autant les amateurs de films de genre que ceux d’épopées inspirantes ou de belles histoires d’amour. Vous l’aurez compris, il s’agit bien entendu de notre film favori du TIFF 2017, qui sortira en salle le 8 décembre prochain, et que nous irons revoir avec un énorme plaisir!

À l’année prochaine pour TIFF 2018!

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