Sur la route des châteaux du désert

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Cicatrice rectiligne dans un désert de pierre et de poussière, La Desert Highway, qui a quitté Aqaba et qui trace jusqu’à la Syrie, semble se perdre dans un horizon blanchi par le soleil. C’est l’unique route pour remonter le temps et partir à la découverte de citadelles fantômes.

Fragments d’Histoire, ces improbables forteresses éparpillées dans le désert jordanien attisent la curiosité du voyageur.

La dynastie des Omeyyades durant un règne court (661-750) correspond à un véritable âge d’or avec une volonté de développer, de Damas jusqu’au-delà des frontières syriennes, le savoir en traduisant des ouvrages grecs en arabe, le raffinement de la culture et la magnificence architecturale.

Au plus profond de ce désert lunaire, je regarde ces citadelles de la première moitié du VIIIe siècle et je tâche de faire abstraction de leur aspect fortifié pour les imaginer lieu de villégiature et pavillon de chasse.

Autre époque. Autre géographie?

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Qasr al-Hallabat

À 50km à l’est d’Amman, cette ancienne forteresse romaine transformée en villa par les Omeyyades au VIIIè siècle recèle un trésor de mosaïques assez bien conservées.

Si les couleurs se sont estompées, les motifs (souvent des animaux, des scènes de chasse) restent étonnants et magnifiques. Le sol en est tapissé.

Qasr Amra

Certainement le plus beau château du désert. À 90km à l’est d’Amman, on ne peut qu’admirer le raffinement des fresques et le hammam se composant de trois salles (symbolisant les trois étapes de la vie sur terre?).

Si la sécheresse qui s’attaque depuis plusieurs décennies à la Jordanie fait oublier que le château fut jadis bordé d’oasis, les détails des peintures, l’harmonie et l’espace des différentes pièces renvoient sans nul doute aux plaisirs qui se donnaient ici, loin de la ville, sous le règne du Calife Walid 1er (707-7015).

Celui-ci semble d’ailleurs être représenté sur une fresque dans la salle du trône et sa représentation avec le Christ est troublante (réminiscence de l’art byzantin).

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Il est intéressant de voir également peints des visages (fait rare dans l’art islamique), les signes du zodiaque et des scènes de la mythologie grecque (dans la coupole de la troisième salle du Hammam) ainsi qu’une scène érotique.

Qasr Amra fut, au milieu des pierres calcinées, le rendez-vous de charme et de détente d’une noblesse que l’on apparenterait à celui des seigneurs au Moyen-Âge avec chasse, troubadour, jeux et ripailles. Un ensemble magnifique avec un fort contraste entre la sévérité des murailles et le raffinement des décorations intérieures.

Qasr al-Azraq

À 110km à l’est d’Amman, ce château bleu (qui remonte aux Nabataéens), impressionne par son statut imposant, ses lourdes portes, ses pièces et pierres massives (les battants de la porte sud en basalte pèsent 3 tonnes chacun) servit davantage au fil du temps comme point de contrôle sur les caravanes de passage entre l’Irak et la Syrie. Lawrence d’Arabie y aurait établi ses quartiers pendant la Grande Révolte arabe.

Qasr al-Mushatta

À 40km au sud d’Amman se trouve le plus grand et prestigieux château édifié par les Omeyyades (mais jamais achevé) avec quelques 144m de côté.

On y admirera des fragments de décoration de plâtre sculpté représentant des scènes bucoliques et oniriques ainsi qu’un système de climatisation naturelle (trous percés dans les murs) dans la salle aux trois conques.

Aujourd’hui squelettes blanchissant sous la lumière aveuglante du soleil au milieu de la poussière, ces fantômes d’une époque faste gardent un mystère entier, une présence altière et une force qui troublent le voyageur et l’obligent à la méditation et à un retour dans le temps.

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