Sur fond de «légère» récession, le Canada cible les travailleurs et des mesures sociale

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La ministre Chrystia Freeland. Photo: Mélanie Tremblay, Francopresse
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Publié 03/11/2022 par Inès Lombardo et Mélanie Tremblay

Le gouvernement Trudeau se montre prudent dans l’énoncé économique déposé ce 3 novembre au Parlement. Devant l’incertitude et la volatilité de l’économie mondiale, la ministre des Finances propose deux scénarios de gestion des finances du pays afin de pallier toute éventualité.

Le gouvernement a annoncé quelques nouvelles mesures pour les travailleurs à faible salaire. Toutefois, rien n’est spécifiquement prévu pour les francophones.

Le ralentissement de l’économie mondiale a dépassé les prévisions du gouvernement dans le budget fédéral 2022 présenté en avril dernier. Selon l’énoncé économique publié le 3 novembre, l’inflation de l’indice des prix à la consommation (IPC) devrait demeurer supérieure à 3% jusqu’au 3e trimestre de 2023 pour redescendre autour de 2% à la fin 2024.

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En couverture de l’énoncé économique fédéral.

Selon les hauts fonctionnaires fédéraux, le taux d’inflation élevé et persistant s’explique notamment par la situation économique défavorable en Chine, la crise énergétique en Europe et les hausses rapides et synchronisées des taux d’intérêt au sein des pays membres de l’OCDE.

Comme annoncé dans la sixième hausse consécutive du taux directeur, la semaine dernière par la Banque du Canada, l’augmentation de 0,50 point de pourcentage établit le taux directeur à 3,75%.

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La dette fédérale devrait s’établir à 44,5% du produit intérieur brut (PIB) pour 2023-2024. Une légère baisse de deux points par rapport aux prévisions inscrites au budget 2022. Le déficit budgétaire devrait également enregistrer une baisse de 12,9 milliards $ pour atteindre 39,9 milliards $ en 2023-2024.

Risque de récession en 2023

Comparativement aux prévisions du budget 2022, le taux de croissance s’établira à 0,7% au lieu des 3,1% prévus en avril et l’inflation risque d’être plus élevée l’année prochaine pour atteindre 3,5% plutôt que les 2,4% prévus.

Le scénario pessimiste du gouvernement prévoit une augmentation des taux d’intérêt au cours du premier trimestre de 2023 ainsi qu’une augmentation du taux de chômage en réaction à une hausse de l’inflation, qui pourrait se prolonger jusqu’en 2024.

«L’objectif est d’être candide avec les Canadiens, a justifié la ministre des Finances Chrystia Freeland, sur la présentation des deux scénarios. On ne sait vraiment pas ce que l’avenir nous réserve.» Elle a précisé que le Canada est en excellente posture pour vivre cette période si elle se présente.

Du côté de l’emploi, le taux de chômage devrait remonter à 6,1% en 2023. Une légère hausse comparativement aux 5,8% que prévus dans le budget 2022.

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Les nouvelles dépenses se chiffrent à 6,1 milliards $ en 2022-2023.

Dans le cas où le scénario «pessimiste» se concrétiserait, les dépenses du gouvernement s’élèveraient alors à 12,7 milliards $.

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Deux scénarios proposés de réduction (ou non) du déficit, selon l’évolution de l’économie canadienne et mondiale.

Des mesures pour les travailleurs et les étudiants

Parmi les nouvelles mesures, à compter de juillet 2023, le gouvernement propose d’émettre des paiements anticipés automatiques pour les personnes admissibles l’année précédente à l’Allocation canadienne pour les travailleurs. Une mesure estimée à 4 milliards $ sur six ans.

Alors que le Bloc québécois et le NPD souhaitaient une réforme de l’assurance-emploi pour «rendre le régime plus accessible», le gouvernement n’a pas suivi sur ce point.

Pour la jeunesse, le gouvernement éliminera les intérêts sur les prêts fédéraux d’études dès le 1er avril 2023, incluant les prêts en cours de remboursement. Cette mesure coutera 2,7 milliards $ sur 5 ans et 556,3 millions $ par année par la suite.

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Ensuite, le gouvernement souhaite financer 70 000 stages d’été annuellement pour les jeunes en investissant 400,5 millions $ sur deux ans, dès 2023-2024. À cela s’ajoutent 100,2 millions $ sur trois ans, à compter de 2022-2023, pour continuer l’appui des stages pratiques pour les jeunes des Premières Nations.

Au lendemain de l’annonce du Plan des niveaux d’immigration 2023-2025, qui vise l’accueil d’environ 1,5 million d’immigrants entre 2023 et 2025, la mise à jour budgétaire annonce un investissement de 1,6 milliard $ sur six ans sont prévus.

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L’inflation selon les prévisions fédérales.

Soutiens ciblés pour faire face au coût de la vie 

Pressé par l’opposition conservatrice pour freiner les dépenses, le gouvernement Trudeau a choisi d’injecter de l’argent dans des mesures ciblées pour «rendre la vie plus abordable». Ces mesures totalisent 4,3 milliards $ de dépenses.

L’une des mesures phares consiste à doubler le crédit de la Taxe sur les produits et services (TPS) pour les personnes à faible revenu pendant six mois. Près de 11 millions de personnes et familles recevront des fonds supplémentaires à ce titre. Pour les personnes célibataires, cette mesure représente 234 $ supplémentaires et 467 $ pour les couples avec deux enfants.

L’énoncé économique de cet automne ajoute 1,1 milliard $ au 475 millions $ annoncés à l’Allocation canadienne pour le logement. Une demande qui répond à une des exigences du NPD dans son entente de confiance avec les libéraux.

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Pour honorer son alliance avec le NPD, le gouvernement libéral ajoute également des fonds à la Prestation dentaire canadienne, dont 938 millions $ entre la fin de 2022 et 2025.

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Des pages de l’énoncé économique de l’automne 2022 du gouvernement du Canada. Photo: Inès Lombardo, Francopresse

Une économie carboneutre pour «rester compétitif»

Afin d’assurer la compétitivité du Canada en réponse à l’adoption de l’Inflation Reduction Act aux États-Unis, l’énoncé économique prévoit de nouveaux investissements dans l’économie carboneutre.

Par exemple, 250 millions $ sur cinq ans, dès 2023-2024, sont prévus pour la création d’un Centre de formation pour les emplois durables, un nouveau volet de formations liées aux emplois durables et la création d’un «Secrétariat des emplois durables» pensé comme un guichet unique aux travailleurs et aux employeurs.

Autre mesure prise dans ce sens : le Fonds de croissance du Canada, annoncé dans le budget 2022, prend forme dans l’énoncé. Lancé d’ici la fin de l’année, il vise la réduction des émissions et l’atteinte des cibles climatiques du pays; le développement de l’hydrogène et la récompense d’entreprises qui créeront des emplois, avec un but de croissance «propre».

Un crédit d’impôt à l’investissement est également accordé aux technologies propres, totalisant 6,6 milliards $. En outre, 1,3 milliard $ jusqu’en 2024, dont 300 millions $, 1ui ont déjà été annoncés, serviront à reconstruire l’Atlantique et l’Est du Québec après le passage de l’ouragan Fiona.

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– Avec des informations de Marc Poirier

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