Stephen Hawking, le paradoxe d’un génie solitaire

Raconté par Hélène Mialet, auteur de A la Rencontre de Stephen Hawking

Stephen Hawking

L'astrophysicien est décédé ce 13 mars, à Cambridge.


15 mars 2018 à 15h00

«C’était un grand scientifique et un homme extraordinaire dont l’œuvre et l’héritage vivront encore de nombreuses années», ont écrit les trois enfants de l’astrophysicien Stephen Hawking après l’annonce de son décès ce mardi 13 mars.

Au-delà de son génie, il est devenu au fil des années une icône, et parfois même une vedette de la culture populaire. En 1988, son livre Une brève histoire du temps : du big bang au trou noir connaît un succès hors norme, pour un ouvrage scientifique, avec plus de neuf millions d’exemplaires vendus dans le monde.

Stephen Hawking
Hélène Mialet, sociologue et philosophe, s’est largement intéressée au phénomène Hawking

Le corps avec les machines

Il était aussi connu pour son handicap qui le rendait totalement dépendant des machines. Paralysé par la maladie de Charcot, il lui était impossible de parler ou de marcher.

«Contrairement à ce qu’on pouvait souvent croire, il ne pouvait rien faire seul, il devait être entouré», raconte Hélène Mialet, chercheuse en sociologie des sciences à l’Université York et spécialiste de Hawking.

Il est devenu au fil du temps «le scientifique parfait», raconte-t-elle à L’Express.

Elle le décrit d’ailleurs souvent dans ses ouvrages comme «un phénomène», «un cerveau». C’est tout ce qui lui restait de son corps. Hawking ce n’était plus l’homme face à la machine, mais l’homme grâce à la machine.

Rôle crucial de son entourage

Hélène Mialet avoue d’ailleurs qu’il est très surprenant de l’observer pendant leurs premières entrevues. Elle se rend alors compte du nombre «d’assistants, d’élèves, de collègues» qui l’entourent chaque jour.

C’est  ça le paradoxe Hawking, le fait d’imaginer souvent le scientifique seul dans son laboratoire sans voir les contours. L’équipe autour de lui représentait dans ses recherches une réelle entité dont il était dépendant.

Le scientifique restera aussi dans les esprits pour avoir vulgarisé  la science. «Il aimait bien jouer avec les médias», raconte la chercheuse. Au fil des années, Stephen Hawking prenait goût à donner ses positions sur des sujets épineux.

Avant de partir, le scientifique a averti la société sur les dangers de l’intelligence artificielle. «C’était un sujet qui le concernait, il était dans un colloque sur ce sujet à Cambridge, il a vécu avant son temps grâce à l’intelligence artificielle en quelque sorte», explique Hélène Mialet.

Stephen Hawking
Le livre d’Hélène Mialet, publié en 2014

Un être singulier

Alors qu’il a rendu la science si accessible, Stephen Hawking restait pour la société un mythe difficile à comprendre, «il est d’ailleurs plus facile de lire ses articles que de le connaître en vrai».

C’est la singularité de ce personnage qui a intéressé la prof de York au début de ses recherches. Lorsqu’elle était encore à Cambridge, la doctorante s’intéresse à Stephen Hawking car il «était extrêmement connu dans la presse, mais personne ne savait vraiment comment il travaillait».

Au départ, elle s’en servait surtout comme élément de comparaison avec ses recherches sur un autre scientifique qui travaillait dans le pétrole. Après les premières rencontres, la sociologue décide de consacrer toute son énergie à ce savant.

Aujourd’hui, la disparition de l’astrophysicien a connu un retentissement international. Pour Hélène Mialet, son impact dans la science vient surtout du fait qu’il a révélé «la soif de connaissance du commun des mortels».

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