Sotchi ou Sochi

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C’est la grande question par les temps qui courent… Doit-on écrire Sotchi ou Sochi? Partout sur les sites de compétition de ces vingt-deuxièmes Jeux olympiques d’hiver, on voit toujours le logo qui indique «Sochi 2014». Mais quand on regarde la plupart des textes dans les médias francophones, on remarque que la graphie «Sotchi» l’emporte. Fort heureusement d’ailleurs.

Pourquoi «fort heureusement»? Parce que c’est la façon dont on doit écrire le nom de cette ville en français. Il existe ce qu’on appelle des règles de transcription ou de translittération du russe au français et conformément à ces règles, il faut bel et bien écrire «Sotchi».

La cause de cette confusion vient du fait que les Russes n’utilisent pas l’alphabet latin, mais bien l’alphabet cyrillique. D’ailleurs, en russe, le nom de la ville de Sotchi est méconnaissable: on l’écrit «Сочи».

Poutine et Putin

Depuis des lunes, on a adopté des règles qui permettent de transcrire le russe en français. On le remarque notamment dans les noms propres. Et c’est ce qui fait qu’en français, on écrit Lénine, Tchkaïkovski, Tolstoï, Gagarine, Poutine, Raspoutine, Chostakovitch. Toutes ces graphies diffèrent de la transcription du russe vers l’anglais : Lenin, Tchaikovsky, Tolstoy, Gagarin, Putin, Rasputin, Shostakovich.

Pour transcrire le nom de la ville de Sotchi, les anglophones le feraient en écrivant «Sochi». C’est tout de même curieux, considérant que la langue officielle du Comité international olympique est le français que le comité organisateur des Jeux de Sotchi ait choisi la graphie anglaise pour universaliser son logo.

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Nom anglicisé

Mais il s’agit d’une tendance qui se répand considérablement. D’ailleurs, il est intéressant de constater que les joueurs de hockey russes qui évoluent dans la Ligue nationale de hockey conservent leur nom «anglicisé». Pourtant, il suffit de consulter certains sites web pour remarquer qu’il y a bel et bien des différences.

Il y a quelques années, le quotidien Le Droit, à Ottawa, avait choisi de parler d’Alexeï Yashine au lieu d’Alexei Yashin pour désigner ce joueur qui évoluait alors pour les Sénateurs. La décision, audacieuse, avait fait jaser.

L’encyclopédie collaborative virtuelle Wikipédia, dans sa version française, adopte la translittération du russe au français pour parler de ces personnalités qu’on connaît surtout par leur nom anglais. On trouvera par exemple une page Wikipédia consacrée à Aleksandr Ovetchkine et non à Alexander Ovechkin comme c’est le cas dans la version anglaise.

Sonorité russe

Il existe des règles très précises concernant la conversion des noms du russe vers le français. Un des procédés, la transcription, s’intéresse davantage aux phonèmes ou aux sonorités du russe. On les transcrit en utilisant des phonèmes propres au français.

D’autre part, il y a ce qu’on appelle la translittération, qui elle s’intéresse aux caractères cyrilliques que l’on transpose un à un vers le français, parfois par le biais d’une orthographe dite scientifique. C’est ce qui fait que «Сочи» devient «Soči». Mais avouons que la lettre «c» ainsi accentuée est méconnue en français. C’est pourquoi la transcription selon les phonèmes est plus courante. Elle aide à la prononciation. Écrire «Sotchi» nous indique qu’on doit prononcer «Sott-chi».

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Comité organisateur

Donc, en français, on doit écrire «Sotchi». Mais alors pourquoi Radio-Canada utilise des surimpressions, des bandeaux ou des éléments de décor de plateau avec l’inscription «Sochi 2014»?

Il semble bien que ce soit une obligation imposée par le Comité organisateur des jeux envers les réseaux nationaux désignés comme diffuseurs officiels. Les slogans, logos et couleurs doivent être respectés dans leur forme adoptée par le comité et approuvés par le CIO.

Cela donne lieu à des situations qui alimentent la confusion, puisque le téléspectateur – ou l’internaute – verra des logos et des bandeaux avec l’inscription «Sochi 2014», alors que dans les textes, on respecte pourtant la graphie française, «Sotchi».

Le conseiller linguistique de Radio-Canada, Guy Bertrand, avance d’ailleurs une hypothèse intéressante pour expliquer l’emploi de «Sochi» dans le visuel associé à l’événement. Dans son bulletin d’information linguistique hebdomadaire Le français au micro, il explique que la décision du Comité organisateur des Jeux de Sotchi pourrait être expliquée par le fait que l’anglais et l’espagnol (langue dans laquelle on écrit aussi Sochi) sont les langues les plus répandues sur la planète. Bien avant le français, pourtant langue officielle du CIO.

Pas bête, comme explication…

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