Six Franco-Ontariens à la rencontre d’une Première Nation

Au pays des Wahgoshigs

Les Franco-Ontariens participent à une cérémonie autochtone.


20 septembre 2017 à 13h31

En 2014, Anne-Marie Rocher et son équipe se lancent dans un nouveau projet: un documentaire allant à la rencontre d’une communauté autochtone de l’Ontario.

C’est sur CBC que la productrice apprend que des communautés du Nord-Ouest de l’Ontario invitent des non-Autochtones à venir les rencontrer afin de faire tomber les préjugés. Elle y voit une opportunité de documentaire et propose l’idée à Radio-Canada qui fournit un premier financement.

Trois ans plus tard, c’est une série documentaire de quatre épisodes intitulée Premières rencontres au pays des Wahgoshigs, qui est diffusée tout au long du mois de septembre.

Tout un contrat

Au visionnage, on assiste à la rencontre entre six Franco-Ontariens de différentes cultures, villes d’origine et générations, et la communauté autochtone nord-ontarienne des Wahgoshigs.

Si la productrice et son équipe se sont tournées vers les Wahgoshigs, c’est parce que c’est l’une des seules communautés autochtones de l’Ontario à être en partie francophone. Pourtant, bien que la cinéaste explique à L’Express qu’elle souhaitait dans un premier temps sélectionner un groupe de six jeunes, elle s’est aperçue une fois sur place que les plus jeunes de la communauté ne parlaient que l’anglais.

Elle a donc établi une liste de personnes plus à même de participer au projet, et Vincent, Mariette, Yassine, Godelive, Laurent et Njacko ont tous répondu par l’affirmative à l’invitation. On peut retrouver leurs réactions et commentaires sur le site web du documentaire.

«Ces personnes sont formidables d’écoute, ouvertes, courageuses et très généreuses», affirme Anne-Marie Rocher. Selon elle, le contrat n’était pas des plus faciles: les six ne se connaissaient pas, et ont signé pour passer 14 jours derrière une porte ouverte vers l’inconnu, avec toutes les contraintes techniques qu’impose un tournage.

Six Franco-Ontariens invités à rencontrer les Wahgoshigs.
Six Franco-Ontariens invités à rencontrer les Wahgoshigs.

Ouvrir le regard

Le site web fournit – en plus de vidéos inédites du tournage – une chronologie de l’histoire des Wahgoshigs, un travail difficile de récoltes d’informations sur une communauté peu, voire pas du tout, connue.

Selon Anne-Marie Rocher, la vraie nouveauté de son documentaire est que, malgré le fait que les Wahgoshigs soient méconnus, «on est enfin prêt à ouvrir le regard».

Un des sujets principaux de la série est le projet de retour aux traditions mis en place par le nouveau chef de la communauté, Bear Joel Babin. Il a informé l’équipe de son intérêt pour ce documentaire en ce qu’il pourrait aider à sensibiliser sa communauté, mais aussi les téléspectateurs, au retour aux sources qu’il projette.

Une des difficultés du tournage, nous explique Anne-Marie Rocher, a été de savoir ce que l’équipe avait le droit de filmer ou non. En effet, selon les Wahgoshigs, ce sont les individus qui doivent venir à la culture, et non pas l’inverse. Certaines cérémonies, comme celle du passage du calumet, n’ont pas pu être montrées lors du documentaire. Mais Anne-Marie Rocher ne se démonte pas, et salue le respect des choses privées et la préservation de l’intimité par les Wahgoshigs dans un monde où tout peut être filmé et montré à la télévision.

«Ces imprévus – les équipes n’ont pas été averties à l’avance que certaines scènes devraient se dérouler sans matériel électronique (ndlr) – ont permis aux techniciens de démontrer l’étendue de leur talent et de leur professionnalisme.»

Réactions positives

La production a déjà reçu beaucoup de commentaires positifs, saluant l’ouverture d’une nouvelle porte, et soulignant l’identification des téléspectateurs aux six participants franco-ontariens.

Du côté des autochtones aussi, les avis sont favorables: les Productions Testa (la compagnie d’Anne-Marie Rocher) ont réalisé une version anglophone du documentaire qu’ils iront officiellement présenter début octobre au chef des Wahgoshigs. Selon elle, «la réconciliation, c’est d’aller à la rencontre des Premières Nations, bien que le chemin soit long et difficile, et que les souffrances restent encore à évacuer.»

Ces communautés sont ouvertes aux visites, et il est important d’aller à leur rencontre afin des mieux les comprendre.

Si la productrice n’a pas pour projet de s’intéresser à nouveau aux Autochtones dans un de ses documentaires, le côté environnementaliste de ces communautés l’a beaucoup touchée, et la défense des animaux sauvages et de la nature sera sûrement le prochain sujet qu’elle nous fera partager.

Retrouver tous les épisodes sur le site de TOU.TV. Le quatrième sera diffusé ce samedi à 22h30.

La documentariste Anne-Marie Rocher.
La documentariste Anne-Marie Rocher.

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