Services en français: des manquements qui perdurent

10e rapport de François Boileau

François Boileau
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Il est «indéniable» que de grands progrès ont été accomplis en Ontario au cours de la dernière décennie, en matière de services gouvernementaux en français, mais «une vingtaine d’enjeux perdurent», indique le commissaire François Boileau dans son 10e rapport annuel, déposé à Queen’s Park mardi.

Les 10 recommandations qu’il formule donnent une idée de la nature de ces enjeux problématiques. Mentionnons:

– accorder aux entités de planification des services en français un rôle accru auprès des RLISS, les réseaux locaux, généralement anglophones, d’intégration des services;

– faire en sorte que les citoyens sachent où et comment obtenir des services de santé en français, notamment en rendant public un portrait des praticiens francophones;

– adopter des critères simplifiés pour la désignation des organismes sous la Loi des services en français… et vérifier tous les trois ans que les organismes désignés remplissent leurs promesses aux francophones;

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– garantir les droits des enfants, des adolescents et de leur famille de recevoir des services en français de la part de toutes les sociétés d’aide à l’enfance de la province;

– assurer un accès fluide à la justice en français à Ottawa.

Marie-France Lalonde
Marie-France Lalonde

En conférence de presse, François Boileau a fait remarquer que son nouveau rapport est le septième qui demande au gouvernement de s’intéresser à l’immigration francophone. Il demande ici des stratégies globales et autres objectifs et échéanciers spécifiques pour la promotion, la sélection, l’établissement, la formation et la rétention d’immigrants francophones en Ontario.

Tout en réservant à plus tard une réponse gouvernementale plus complète à ce dernier rapport du commissaire aux services en français, la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, a promis que les discussions vont bon train avec le gouvernement fédéral sur l’immigration francophone en Ontario et dans les autres provinces anglophones.

«Le gouvernement libéral ne fait pas des petits pas, il fait du surplace», a rétorqué la porte-parole du Nouveau Parti démocratique, France Gélinas: «sept rapports sur l’immigration n’ont rien changé, ça dit tout».

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France Gélinas
France Gélinas

Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, a également  dénoncé «l’immobilisme» du gouvernement dans certains dossiers comme l’immigration. «Il est nécessaire que le gouvernement de l’Ontario soit plus réactif et qu’il agisse rapidement pour mettre en oeuvre les recommandations du commissaire Boileau», a-t-il commenté.

À l’instar du commissaire depuis l’an dernier, le lobby politique franco-ontarien réclame une refonte de la Loi sur les services en français – demande renouvelée dans ce 10e rapport et appuyée par la néo-démocrate France Gélinas et par Gila Martow, la porte-parole du Parti progressiste-conservateur en matière d’affaires francophones.

«Après 31 ans, c’est le temps de moderniser la Loi et de commencer la discussion», indique Mme Martow. Mme Gélinas, elle, estime que cette entreprise aurait dû être lancée  par le gouvernement «dès l’an dernier, sans attendre l’AFO et l’AJEFO». Ces deux organismes, en effet, ont mis sur pied un comité conjoint qui proposera des modifications à la Loi.

Gila Martow
Gila Martow

La ministre Lalonde a répété mardi son engagement à renouveler la Loi sur les services en français. Mais elle n’a pas voulu promettre l’aboutissement du processus avant les prochaines élections de juin 2018. «J’en parlais récemment avec Bernard Grandmaître (le ‘père’ de la Loi de 1986), qui me recommandait de prendre mon temps pour bien faire les choses», a-t-elle lancé.

Le commissaire aux services en français a reçu 301 plaintes en 2016-17 – ça tourne autour de ce nombre depuis plusieurs années maintenant – dont 214 ont été jugées recevables, les autres portant sur des organismes ou des juridictions échappant à son contrôle. «La nature des plaintes a cependant évolué», observe M. Boileau. «Au début de son mandat, les citoyens se plaignaient plus souvent du manque de communication en français en premières lignes; aujourd’hui, c’est la qualité des services eux-mêmes qui est critiquée.»

François Boileau et Carol Jolin.
François Boileau et Carol Jolin.

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