Russell : même nom, nouvelle signification plus honorable

Russell, nom controversé
L'hôtel de ville de Russell, dans l'Est ontarien. Photo: Photo: Patrick Woodbury, Le droit
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La municipalité de Russell, dans l’Est ontarien, vient de changer la signification de son nom. Après avoir découvert en 2020 que l’homme qu’on honorait avait été esclavagiste, le conseil municipal a décidé de rendre hommage… à d’autres Russell.

Le conseil de Russell a officiellement retiré Peter Russell de leur totem lors de leur réunion du 2 mai dernier. Ce premier administrateur du Haut-Canada en 1796 employait des esclaves, à l’époque où cette pratique était encore légale.

En juin 2020, le conseil avait pris la décision de changer la signification du nom de la municipalité plutôt que de changer de nom tout court, ce qui aurait engendré des coûts importants.

Des Russell aux meilleurs antécédents

Cet hiver, la communauté a été invitée à soumettre ses suggestions de personnes à honorer. Un comité de révision s’est chargé de revoir toutes les soumissions pour en vérifier les antécédents.

«Le conseil a pris la décision de nommer la municipalité en l’honneur de ses Russell qui ont eu un impact positif sur notre communauté», souligne le maire Pierre Leroux.

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Il donne comme exemple Russell Phair, qui dans les années 1960, en plus d’être barbier, a été le chef pompier, le chef de la police et était très actif dans la communauté.

Le philosophe Bertrand Russell, qui a remporté le prix Nobel de littérature en 1950, a aussi été nommé au panthéon de la municipalité.

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Portrait de Peter Russell par George Theodore Berthon.

Évolution des mentalités

Le conseil soutient que ce n’est pas une tentative d’effacer l’histoire, mais plutôt de montrer qu’il s’efforce d’évoluer. Cette saga avait motivé, il y a deux ans, la création d’un comité sur «la diversité, l’équité et l’inclusion communautaire» au sein du conseil.

«Ça ne change rien, à part que nous reconnaissons que Peter Russell n’est plus notre représentant et n’a plus cet honneur. C’est plus une déclaration qu’autre chose. On s’en va dans une autre direction», déclare M. Leroux.

Il mentionne que malgré son passé esclavagiste, Peter Russell n’était pas connu par la communauté. «Quand on a pris la décision il y a deux ans, oui il y a des gens qui voulaient changer de nom, mais 99,9% de la municipalité, même moi, n’avaient aucune idée de qui était Peter Russell.»

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«Ce n’est pas lui qui a créé le village, mais on a de l’amour pour le nom Russell. Peter Russell n’a jamais mis le pied dans la communauté.»

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Pierre Leroux, maire de Russell. Photo: Patrick Woodbury, Le droit

Accueil positif dans la communauté noire

Les valeurs et les mentalités ont grandement évolué depuis le 18e siècle, rappelle le vice-président de la Coalition des Noir.e.s francophones de l’Ontario (CNFO), Patrick Auguste.

«Il y a un contexte dans lequel la personne a évolué qui fait que ce qui était à l’époque normal et moral ne l’est plus aujourd’hui.»

Le résident d’Ottawa se dit très heureux de la décision prise par la municipalité, puisqu’elle remet les pendules à l’heure sur les conduites à adopter au 21e siècle.

«Compromis formidable»

«C’est positif qu’on ait retiré l’honneur de quelqu’un en se basant sur les valeurs d’aujourd’hui, parce que ça lance un message. On dit “Si vous vous comportez de cette façon-là aujourd’hui, vous ne serez pas honoré”. Ça permet de mettre de l’avant les valeurs d’aujourd’hui.»

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En 2020, une pétition sur Change.org pour que le nom de la municipalité reste le même avait reçu plus de 1600 signatures, preuve que la communauté est attachée au nom “Russell”.

«Je trouve que le compromis qui a été trouvé est formidable», conclut M. Auguste. «Étant donné que les gens aiment ce nom et y sont habitués, on honore d’autres Russell.»

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