«Rupture de l’ordre mondial»

Cette semaine en politique fédérale

Mark Carney à Davos
Mark Carney à Davos. Photo: Flickr – CC BY-NC-SA 4.0
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Publié 23/01/2026 par Inès Lombardo et Julien Cayouette

«Je parlerai aujourd’hui de la rupture de l’ordre mondial, de la fin d’une fiction agréable et du début d’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte.»

Le discours du premier ministre Mark Carney à Davos, en Suisse, lors du Forum économique mondial, a fait des vagues au Canada, mais aussi à l’étranger. Son honnêteté, de même que son opposition aux tarifs douaniers et aux attaques de Donald Trump contre plusieurs pays, ont retenu l’attention.

L’exemple le plus récent étant la volonté du président des États-Unis d’acquérir le Groenland – sans «employer la force», a-t-il nuancé, alors qu’il était lui aussi présent à Davos. Aux dernières nouvelles, il souhaiterait «acheter» le territoire autonome.

«Nouvel ordre»: Mark Carney a misé sur «l’espoir» et l’union entre les pays, sans mentionner Donald Trump, la Chine ou la Russie, mais en rendant ses cibles claires. «Si nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu», a-t-il dit.

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«Les autres pays, en particulier les puissances moyennes comme le Canada, ne sont pas impuissants. Ils possèdent la capacité de construire un nouvel ordre qui intègre nos valeurs, comme le respect des droits de la personne, le développement durable, la solidarité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des états.»

Réactions de la classe politique canadienne: Dans un communiqué de six pages envoyé aux médias mercredi soir, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a adressé «toutes ses félicitations» à son rival en offrant la collaboration des conservateurs pour que le Canada devienne «plus autonome, moins dépendant et travaille avec des pays qui partagent nos intérêts».

Le ton plaisant s’est toutefois arrêté à la fin du premier paragraphe: le reste du communiqué est une liste des «promesses non tenues» des libéraux, selon le chef de l’Opposition officielle, agrémentée de mesures que le Parti conservateur propose pour rendre le pays plus «abordable, autonome et souverain».

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a quant à lui «salué» la position «générale» du premier ministre.

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«Le Bloc québécois est favorable à l’idée d’agir de façon concertée et de renforcer l’alliance avec l’Europe pour faire front commun face aux multiples menaces et pressions exercées par Donald Trump», a-t-il exprimé, par voie de communiqué.

Le Bloc attend désormais «des gestes clairs» de la part de Mark Carney et de son gouvernement.

Selon le chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Don Davies, le premier ministre a «bien parlé de l’évolution de l’ordre mondial et de la nécessité pour le Canada de prendre des mesures efficaces et fondées sur des principes pour répondre à cette nouvelle réalité».

Le Canada ne siégera pas au «Conseil de la paix

Donald Trump a retiré son invitation faite à Mark Carney de rejoindre son nouveau «Conseil de paix» à Gaza, jeudi dans la soirée, sans en préciser les raisons.

Cette décision survient peu après le discours remarqué de Mark Carney au Forum économique mondial de Davos.

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À la base, le premier ministre canadien s’était montré ouvert à participer, jusqu’à que le président américain fasse payer un milliard de dollars le siège au Conseil. Mark Carney avait avancé que le Canada contribuerait tout de même à l’aide humanitaire Gaza.

«Conseil de la paix»? Initialement pensé pour superviser la reconstruction de Gaza, ce «Conseil de paix» du président Trump viserait plus largement la résolution de conflits à l’échelle mondiale, avec un droit d’entrée d’un milliard de dollars américains pour l’obtention d’un siège permanent.

Ce prix d’entrée et la structure de sa gouvernance ont été la cible de critiques, certains y voyant une alternative à l’ONU. Les critiques se sont intensifiées lorsque Donald Trump a assuré que le président russe, Vladimir Poutine, a accepté l’invitation, alors que la Russie évoque davantage un «examen en cours».

Dix pays ont accepté d’y participer: l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, la Turquie, l’Indonésie, le Pakistan, le Koweït et Israël.

Cette initiative fait ressortir d’autres tensions, notamment sur le rôle du Qatar et de la Turquie à Gaza.

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Un Cabinet axé sur «l’économie, l’abordabilité et la sécurité»

Par ailleurs, jeudi et vendredi, le Cabinet des 27 ministres de Mark Carney s’est réuni à Québec pour établir son plan d’action avant la rentrée parlementaire du 26 janvier.

À l’ordre du jour: la réduction du coût de la vie quotidienne, selon le communiqué envoyé par le Bureau du premier ministre, ainsi que des présentations d’experts sur le contexte mondial et les technologies de pointe qui pourraient aider les ministres à atteindre les objectifs fixés dans la lettre unique de mandat que leur a adressé le premier ministre en mai dernier.

Pied de nez à Trump: Dans un discours-fleuve adressé jeudi aux Canadiens, depuis Québec, le premier ministre a répondu à Donald Trump, qui avait suggéré la veille que le Canada devait se montrer plus «reconnaissant» envers les États-Unis, grâce à qui «le Canada existe», selon le président américain.

En rappelant à de maintes reprises les bases de l’histoire du Canada, et en repoussant la réflexion de Trump, le premier ministre a affirmé sous les applaudissements que le Canada «n’existe pas grâce aux États-Unis, mais le Canada prospère, car nous sommes Canadiens».

Il a rappelé notamment que les peuples autochtones sont «les premiers gardiens de cette terre».

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Références au bilinguisme: Mark Carney a fait référence à «l’avènement du bilinguisme officiel» depuis Québec, notamment grâce à «la résilience des francophones – toujours déterminés à préserver une langue, une culture, une identité».

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