Recensement : les francophones hors Québec en perte de vitesse

D'un océan à l'autre: de 22,2% à 21,4%

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Les francophones hors Québec représentent 3,3% de la population canadienne selon les plus récentes données officielles de 2021, en légère baisse par rapport à 2016. Photo: Étienne Boulanger, Unsplash
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Les francophones hors Québec représentent 3,3% de la population canadienne selon les données du recensement publiées le 17 août par Statistique Canada. C’est un léger recul de 0,3%, puisqu’ils représentaient 3,6% de la population en 2016. Ce poids démographique amoindri se traduit en difficulté d’être un francophone en situation minoritaire.

Les locuteurs francophones sont plus nombreux en 2021 (7,8 millions de Canadiens) par rapport à 2016 (7,7 millions). Le recul du poids démographique s’explique par la croissance inférieure de la population francophone comparativement à la croissance de population totale.

Français à la maison: en hausse au Québec

Sur les 36,6 millions de Canadiens qui parlent l’une des deux langues officielles, 7,8 millions parlent exclusivement le français… Mais seulement 918 980 en dehors du Québec.

En incluant le Québec, la francophonie canadienne dans son ensemble passe de 22,2% à 21,4% de la population totale du pays.

De 2016 à 2021, toutefois, le nombre de Canadiens qui parlent français de façon prédominante à la maison a augmenté au Québec, en Colombie-Britannique et au Yukon, mais a diminué dans les autres provinces et territoires.

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Mais si l’on prend en compte le français comme première langue officielle parlée, seul le Yukon connait une hausse de francophones.

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Gain et (surtout)) pertes de poids démographique des francophones par province.

Difficulté de vivre en français

«C’est difficile de vivre en français en dehors du Québec, mais c’est possible», selon Mariève Forest.

Elle est présidente et chercheuse principale de la firme de recherche sociale appliquée Sociopol. Pour la chercheuse, «être francophone, c’est être militant constamment. Ça demande un effort supplémentaire. Si je suis étudiante à l’université, ça peut vouloir dire qu’il faut que je change de province.»

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Mariève Forest.

«Si j’ai des enjeux de santé, je dois être persévérante pour espérer obtenir un service en français. Si je suis une mère, je vais peut-être galérer, car il y a une surpopulation et il n’y a pas d’école francophone ou pas de professeur qui parle le français dans ma localité», explique-t-elle.

«Si le prochain Plan d’action sur les langues officielles est mis en œuvre avec sérieux et générosité, ça peut devenir plus facile peut-être d’être francophone s’il y a une école ou une pièce de théâtre dans ma ville. C’est cette vie-là en français qu’il faut cultiver en marge de recruter des immigrants francophones», poursuit-elle.

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«Si les immigrants francophones ne rencontrent pas un milieu de vie en français dynamique, ils vont peut-être perdre leur français aussi», ajoute la chercheuse.

L’immigration, l’une des causes et l’une des clés

L’immigration, c’est justement l’une des solutions pour rétablir le poids démographique des francophones hors Québec, affirme sans détour Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).

Les chiffres en baisse ne l’ont pas surprise: elle renvoie à la cible d’immigration de 12% hors Québec dès 2024 que la FCFA a présenté en avril dernier.

Même son de cloche du côté du Commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge. «Nous constatons aujourd’hui que les cibles manquées en matière d’immigration francophone au cours de la dernière décennie contribuent à une érosion démographique qui, au fil du temps, risque de mettre en péril les services de première ligne dans nos communautés de langue officielle, comme les guichets de services gouvernementaux, la santé et l’éducation en milieu minoritaire.»

Forum des leaders, FCFA
La présidente de la FCFA, Liane Roy.

Des immigrants francophones ailleurs qu’au Québec

«L’immigration est un facteur important, confirme Mariève Forest. Au Canada, depuis que la première cible d’immigration francophone hors Québec a été établie, en 2003, aucune de ces cibles n’a été atteinte. Ça témoigne du manque de sérieux ou d’ambition des gouvernements.»

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Elle précise qu’il faudrait permettre le recrutement d’immigrants francophones dans des provinces autres que le Québec et établir des cibles et plusieurs programmes contraignants ferait partie des actions concrètes à mettre en place.

D’autres données qui découlent du recensement sont attendues le 26 octobre pour avoir un portrait plus juste du poids démographique des francophones issus de l’immigration.

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